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En bref : Sierra Leone

Nourrir les nouveau-nés en Sierra Leone, pays ravagé par le virus Ebola

Par Marge Francia

FREETOWN, Sierra Leone, 7 avril 2015 – Moses est un bébé en bonne santé qui gazouille et rit à la vue de sa mère.

Mais ce petit garçon potelé qui écarquille de grands yeux est aussi un enfant qui a frôlé la mort, il y a cinq mois, alors qu’il était encore dans l’utérus de sa mère, contaminée par le virus Ebola.

« Quand on m’a appris que mon test d’Ebola était positif, je me suis sentie très malheureuse et toute ma famille s’est inquiétée. J’avais froid et des douleurs dans tout le corps. Mes yeux ont changé de couleur,  raconte Isatu Mansaray, la mère de Moses. Je craignais que mon bébé n’attrape le virus Ebola à cause de moi. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sierra Leone/2015/Francia
Sa mère avait contracté le virus Ebola alors qu’elle le portait encore mais, contre toute attente, Moses est né sans avoir été contaminé par le virus. On le voit ici âgé d’un mois.

Elle avait de bonnes raisons de s’inquiéter. Le pronostic pour les patientes atteintes par le virus Ebola et pour leurs bébés est particulièrement sombre. On ne connaît que quelques rares cas où la mère et son enfant ont tous les deux survécu au virus et se sont rétablis.

Quand ils arrivent à survivre, un autre obstacle se présente : le virus Ebola peut rester un certain temps dans le lait maternel d’une mère qui a survécu. Quand il n’est pas possible de tester leur lait maternel, on conseille aux mères de ne pas nourrir leur enfant au sein pendant huit semaines ; cela présente un risque pour le nourrisson qui a besoin d’une nutrition adaptée pour prendre le meilleur départ possible dans la vie.

Isatu a accouché sans problème il y a quatre mois et le test Ebola de Moses est revenu négatif.

Des fondations solides pour une nation forte

Il est impératif de donner aux enfants une bonne base nutritionnelle pour assurer un bon développement physique, mental et social. Les enfants qui sont bien nourris apprennent mieux et sont mieux capables de résister aux infections, ce qui est particulièrement important dans cette situation d’urgence sanitaire. Les effets d’une bonne nutrition se prolongent aisément jusqu’à l’âge adulte et constituent un ingrédient clé pour consolider une nation.
 
« Pour tout pays qui aspire à se développer, la nutrition est l’élément le plus important de la mise en valeur du capital humain,  affirme Faraja Chiwile, Responsable de la nutrition pour l’UNICEF de Sierra Leone. Investir dans la nutrition, cela permet de réduire considérablement les dépenses à consacrer à la santé et à l’éducation, et de fournir au pays une population active de qualité. Si vous voulez édifier une nation développée et prospère, vous devez avoir une population en bonne santé et bien nourrie. »

Nourrir les plus vulnérables

En Sierra Leone, la nutrition représente un vrai défi ; 12,9 % des enfants souffrent de malnutrition. Et les croyances traditionnelles concernant la manière d’alimenter les nourrissons peuvent avoir des effets nocifs pour les enfants.

Soucieux d’aider à améliorer la nutrition des enfants dans cette période spécialement difficile, l’UNICEF a mis en œuvre toute une série d’interventions au bénéfice de la mère et de l’enfant. L’UNICEF est un partenaire clé du Ministère de la santé et de l’assainissement de la Sierra Leone pour fournir aux enfants la nutrition dont ils ont besoin pour survivre et grandir en bonne santé. Deux éléments essentiels de cette tâche consistent à orienter des stratégies et formuler des protocoles adaptés à la situation d’urgence actuelle, ainsi qu’à fournir une formation pour les agents sanitaires.  Approvisionner en produits nutritionnels les dispensaires, les centres de rétention et de traitement pour le virus Ebola, ainsi que les ménages placés en quarantaine, garantit également que les enfants les plus vulnérables profitent de cette action.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sierra Leone/2015/Francia
Comme elle avait contracté le virus Ebola, Isatu, la mère de Moses, ne pouvait pas lui donner le sein. Quand Moses et Isatu ont pu retourner chez eux, on leur a donné une provision de préparation pour nourrissons prête à l’emploi pour qu’il puisse survivre et se développer en bonne santé. On le voit ici à l’âge de 4 mois aux côtés d’Isatu et de son père Usman.

Dans le cadre de la situation d’urgence provoquée par le virus Ebola, l’UNICEF fournit des produits nutritionnels à 16 Centres de traitement du virus Ebola (Ebola Treatment Units – ETU), 47 Centres de rétention médicale (Ebola Holding Centres – EHC), 7 ETU/EHC, 12 Centres intérimaires de soins (Interim Care Centres – ICC) and 14 Centres intérimaires d’observation et de soins (Observational Interim Care Centres – OICC), ainsi qu’à 31 Centre de soins communautaires (Community Care Centres – CCC).

Des stocks de produits nutritionnels ont été pré-positionnés au niveau des districts dans des magasins de produits pharmaceutiques pour leur permettre de réapprovisionner les différents centres luttant contre l’épidémie du virus Ebola, ainsi que pour venir en aide aux ménages placés en quarantaine et aux enfants de moins de six mois qui ont été séparés de leurs parents ou qui ont perdu leur père, leur mère ou ces deux parents. Depuis le déclenchement de cette situation d’urgence, 278 nourrissons rescapés ont reçu deux fois par semaine des rations de préparation pour nourrissons prête à l’emploi.

Retour à la maison

Moses est un de ces enfants. Quand le temps est venu pour Isatu et Moses de quitter le centre de soins, ils ont emporté une provision de préparation pour nourrissons prête à l’emploi suffisante pour deux semaines. Cette préparation pour nourrissons est fournie comme ultime solution quand une mère ne peut plus nourrir son enfant au sein et qu’il n’existe pas d’autre choix pour alimenter le bébé.

Toutes les deux semaines, Isatu se rend au dispensaire pour prendre une nouvelle provision de  ces préparations pour nourrissons prête à l’emploi, ainsi que pour faire peser et mesurer Moses. Quand Moses aura atteint l’âge de six mois, Isatu aura commencé à lui donner une alimentation complémentaire pour soutenir sa croissance et son développement.

« Je suis très contente maintenant, parce que je me sens bien, explique Isatu. Et mon bébé, il se porte bien, il grandit, » ajoute-t-elle, radieuse.

« Je prie Dieu qu’il accorde à Moses une longue vie et une bonne santé. Comme je n’ai pas reçu d’éducation, je prie aussi que mon enfant soit éduqué afin de pouvoir devenir quelqu’un à l’avenir. »


 

 

Photographie : mobiliser les communautés contre Ebola

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