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En bref : Sierra Leone

Survivre ensemble au virus Ebola en Sierra Leone

By Marge Francia

Les Centres intérimaires d’observation et de soins de l’UNICEF apportent un nouvel espoir aux enfants placés en quarantaine et donnent une nouvelle mission aux survivants du virus Ebola qui y sont employés.

FREETOWN, Sierra Leone, 3 mars 2015 – Un paysage pittoresque de montagnes et de champs à la végétation luxuriante entoure le Centre intérimaire d’observation et de soins (OICC) dans lequel James Kamara* et ses six frères et sœurs en sont au 18e jour de leur quarantaine. Une brise légère traverse  le bâtiment peint en jaune vif et porte l’écho de rires d’enfants.

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© UNICEF Sierra Leone/2015/Francia
James Kamara*, 13 ans, se trouve maintenant en quarantaine dans un Centre intérimaire d’observation et de soins (Observational Interim Care Centre - OICC) après que plusieurs membres de sa famille ont succombé au virus Ebola. Cet OICC est soutenu par l’UNICEF. Les OICC sont des centres de soins qui prennent en charge les « enfants contact », c’est-à-dire les enfants exposés au virus mais ne présentant pas de symptômes.

Ces enfants sont en observation, car il est possible qu’ils soient entrés en contact avec le virus Ebola. Ils passent ici leur période de quarantaine en jouant avec le personnel qui peut se mêler à ces enfants sans en être séparé par des cloisons d’isolement ou porter une combinaison d’Équipement de protection individuelle (EPI). La raison ? Les 12 membres du personnel sont tous eux-mêmes des survivants du virus Ebola.

Soigner des enfants vulnérables

James, 13 ans, a vu son père, son oncle et trois de ses frères mourir du virus Ebola. Il est encore profondément marqué par ce drame.
« Le virus Ebola a bouleversé la vie des enfants de mon village, particulièrement ma famille, explique James. Nous avons perdu des membres de notre famille, et nous ne pouvions plus jouer librement. Nous nous sentions victimes de discrimination parce que les autres ne nous permettaient pas de les approcher. Ils refusaient même de nous aider à aller chercher de l’eau. »

C’est pour aider des enfants comme James que le Ministère du bien-être social, de l’égalité entre les sexes et des questions de l’enfance de la Sierra Leone a ouvert ces centres d’observation avec le concours de l’UNICEF.

Le but des OICC est d’apporter soins et protection à des enfants qui ont été en contact étroit avec un parent, un aidant ou un membre de leur famille qui a été infecté par le virus Ebola, mais qui ne manifestent pas de symptômes et qui n’ont pas d’autre membre de leur famille pour s’occuper d’eux. Les OICC prennent en charge 20 à 25 enfants à la fois. Les enfants y séjournent sous surveillance pour une période de 21 jours. Ils sont placés en observation afin que tout signe d’infection par le virus Ebola puisse être détecté le plus tôt possible et, au cas où les symptômes évoluent, qu’ils puissent être immédiatement orientés vers des soins appropriés.

Les équipes des OICC cherchent également à identifier les familles élargies ou une personne avec lesquels l’enfant peut être placé à la fin de la période de quarantaine. Si une solution n’est pas trouvée, un Centre de soins intérimaire (Interim Care Centre – ICC) peut offrir une protection aux enfants en attendant une réponse à plus long terme.

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© UNICEF Sierra Leone/2015/Francia
James et ses frères et sœurs passent leur période de quarantaine dans un OICC soutenu par l’UNICEF et où ils sont pris en charge par des survivants comme Alfred Pujeh, le directeur de ce centre (à gauche).

Les OICC sont guidés par le principe que la préservation et la réunification des familles doivent être la principale priorité dans toutes les circonstances. Si elles ne sont pas possibles, la prise en charge par la parenté ou par une famille d’accueil peut offrir une solution.

Un environnement offrant soutien et protection

« On prend bien soin de nous au centre, dit James. Les personnes qui s’occupent de nous nous nourrissent bien et parlent avec nous quand nous sommes tristes. »

Quatorze OICC sont actuellement en activité et couvrent 12 districts avec une capacité totale de 275 lits. Depuis le début de la situation d’urgence, les OICC, avec le concours de l’UNICEF, ont pris en charge 407 enfants.

« Les ‘enfants contacts’ ont besoin de soins et d’un accompagnement de nature spéciale au cours de cette période de quarantaine, explique Matthew Dalling, Chef de la Protection de l’enfance à l’UNICEF.  Imaginez que vous soyez un enfant dont les êtres chers sont morts, que vous subissiez des discriminations et que vous viviez dans la peur de tomber malade ou de mourir.

« Les OICC contribuent à prévenir les risques d’infection tout en favorisant un environnement sécurisé et protecteur qui élimine les risques de mauvais traitements, atténue les traumatismes psychologiques et renforce la résilience chez les enfants touchés par le virus Ebola. Les enfants exposés accompagnaient auparavant les personnes qui s’occupaient d’eux et qui avaient manifesté des symptômes pour leur traitement, ce qui leur faisait courir un risque élevé de contracter le virus Ebola. Les OICC ont éliminé ce risque inutile, » conclut-il

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© UNICEF Sierra Leone/2015/Francia
Tous les membres du personnel de l’OICC sont des survivants dont la mission est d’aider à contenir la propagation du virus Ebola et de protéger l’avenir des enfants de la Sierra Leone.

Le virus Ebola se développe plus rapidement et avec des conséquences plus graves chez les enfants, particulièrement les enfants de moins de 5 ans qui ont du mal à décrire leurs symptômes. La plupart des OICC sont situés à proximité d’un Centre de traitement du virus Ebola ou d’un Centre de rétention des cas d’Ebola afin de faciliter le transfert rapide des enfants manifestant des symptômes.

Une « famille » de survivants

Alfred Pujeh dirige l’OICC dans lequel James et ses frères et sœurs résident depuis trois semaines. Il a perdu 11 membres de sa famille et est lui-même un survivant du virus Ebola. Il a une grande compassion pour la situation des enfants dont il a la charge.

Alfred a répondu à l’appel demandant aux survivants de participer à l’éradication du virus Ebola. Il considère que son travail, et celui des autres survivants qui remplissent les fonctions d’infirmières, de cuisiniers, de nettoyeurs et d’agents de sécurité, revêt une grande importance pour aider à contenir la propagation du virus.

« En l’absence de ce centre, nous perdrions encore plus d’enfants au virus Ebola, affirme-t-il. Une fois, nous avons eu quatre enfants de la même famille. Deux d’entre eux ont été testés positivement. Nous les avons isolés immédiatement et ainsi les deux autres enfants n’ont pas été infectés. »

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Kadie Panda, une des soignantes de l’OICC avec la plus jeune de ses protégés, Hannah Kamara*, 5 ans. Ayant survécu au virus Ebola, le personnel du centre peut être en contact direct avec les enfants sans revêtir d’équipement de protection individuelle.

Kadie Panda, une soignante du centre, a perdu neuf membres de sa famille. Elle a elle-même contracté le virus Ebola en s’occupant de sa mère malade qui a finalement succombé. Kadie soigne les enfants du centre de la même façon pleine de tendresse dont elle s’occupe des siens.

Tous les matins, elle examine tous les enfants pour détecter des symptômes du virus Ebola et alerte l’infirmière si l’un d’eux tombe malade. Elle leur donne des bains, les nourrit et observe leurs interactions avec les autres enfants pour voir s’ils ont besoin de réconfort et d’attention.

« Quand je vois des enfants qui sont tristes, je leur dis : Ne vous laissez pas déprimer et tomber malades. Nous avons connu la même situation et nous avons survécu. Nous allons prendre soin de vous et intervenir pour qu’on réponde à vos besoins, » explique Kadie.

Le moment de rentrer à la maison

Dans trois jours, James et ses frères et sœurs seront ramenés à leur village. James est impatient de rentrer à la maison et dit que sa famille lui manque, et aider aux travaux de la ferme lui manque aussi. Il a de grands rêves pour l’avenir et il se réjouit donc aussi de retourner à l’école.

« Je veux retourner à l’école parce que l’éducation c’est important et ça peut vous aider à réaliser vos rêves, » confie-t-il.

Et quels sont donc ses rêves ? « Je veux devenir Président de la Sierra Leone. Si je deviens président, je gouvernerai bien le pays, je ferai éduquer tous les enfants et je m’occuperai des enfants qui n’ont pas de parents. »

* Les noms des enfants ont été changés pour protéger leur identité.


 

 

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