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En bref : Sierra Leone

En Sierra Leone, les personnes qui ont survécu au virus Ebola commencent à se faire accepter

Par Issa Davies

Une jeune mère et sa fille, qui ont survécu au virus Ebola, prouvent que la victoire sur le virus mortel est à bien des égards, le résultat d’un effort de la part de la communauté.

FREETOWN, Sierra Leone, 23 février 2015 – Yeabu Kalokoh, 18 ans, arbore un large sourire tandis qu’elle tient dans ses bras son bébé, Grace, et le caresse doucement. La jeune mère et sa fille, qui a près de deux ans, partagent la terrible épreuve et la chance d’avoir échappé à l’emprise mortelle du virus Ebola.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sierra Leone/2015/Davies
Yeabu Kalokoh, 18 ans, porte sa fille, Grace (en rouge), alors qu’elles se mêlent au reste de la famille dans leur concession de Makeni, dans le district de Bombali, en Sierra Leone.

Elle ont rejoint les quelque quatre cents personnes qui ont survécu au virus Ebola dans le district de Bombali, en Sierra Leone, afin de faire connaître leur expérience et de discuter de problèmes comme ceux de la stigmatisation et de la discrimination. Cette récente conférence pour les rescapés du virus, organisée par le Ministère de la protection sociale, de l’égalité des sexes et de l’enfance, est l’occasion pour Yeabu de rencontrer d’autres survivants et et de recevoir des encouragements pour poursuivre son rétablissement.

Reconstruire leurs vies

Ebola a causé la mort de plus de 3 000 personnes en Sierra Leone mais près de 3 000 autres ont également été infectées et ont survécu. Bien que la survie représente une grande victoire, celle-ci peut avoir un goût amer, de nombreuses victimes du virus étant confrontés à des difficultés pour reconstruire leurs vies dans leurs communautés d’origine. 

Heureusement, Yeabu et son bébé ont connu peu de discrimination depuis qu’elle sont sorties de l’hôpital : au contraire, elle ont été chaleureusement accueillies par leurs proches et l’ensemble de la communauté dans le petit quartier turbulent de  Makeni.

« Quand nous l’avons vue arriver avec son bébé, nous avons été abasourdis ! », dit, plein d’enthousiasme, Pa Alimamy Kalokoh, le père de Yeabu. « Toute la communauté s’est précipitée pour les accueillir avec des chants en leur honneur et des danses. » 

« Quarante-huit personnes vivent dans la concession* », dit Pa Kalokoh, « et des radios sont disposées le soir dans des positions stratégiques pour que chacun puisse entendre les informations qui sont diffusées sur Ebola. »

« Ceci est inhabituel mais des informations continuelles à la radio ou provenant des agents de mobilisation sociale qui font du porte à porte sont là pour nous persuader chaque jour que les rescapés d’Ebola ne posent aucun danger à leurs communautés et que tout le monde doit les accueillir de bon cœur », dit Pa Kalokoh.

Changement dans les mentalités

L’UNICEF est co-responsable de l’opération de mobilisation sociale qui entre dans le cadre de l’intervention menée par le pays contre Ebola. La radio s’est révélée être l’un des moyens les plus efficaces pour sensibiliser les communautés  et les informations sont diffusées sur 62 stations. Ces informations sont  également accompagnées d’une sensibilisation directe.

« En particulier durant les premiers jours de l’épidémie d’Ebola, les personnes qui survivaient étaient chassées de leurs communautés mais c’est aujourd’hui rarement le cas car nous continuons à diffuser des informations à l’attention des communautés afin quelle s’ouvrent aux rescapés », dit Ibrahim Vibbi, un agent bénévole de mobilisation sociale de Makeni. « Nous faisons habituellement du porte à porte, particulièrement dans les villages, pour informer les communautés qu’il est nécessaire pour elles de se montrer prêtes à aimer et à accepter ces victimes. »

Une troisième enquête CAP (Connaissances, attitudes et pratiques), réalisée en décembre dernier par Focus 1000 avec l’appui de l’UNICEF, montre que la stigmatisation et les attitudes discriminatoires envers les personnes ayant survécu à Ebola ont fortement diminué. Seulement 8 % des personnes ayant participé à l’enquête ont dit qu’elles n’accueilleraient pas de rescapés du virus dans leur communauté par opposition aux 75 % de la première enquête, réalisée en juillet 2014.

Acceptées

Le changement dans les connaissances dont disposent les communautés et l’attitude de plus en plus positive envers les rescapés ont eu un effet évident.

Lorsqu’il s’est rendu compte que sa fille était atteinte d’une forte fièvre et commençait à vomir, le père de Yeabu et des voisins ont appelé le 117, le numéro d’appel d’urgence pour Ebola. Auparavant, il était courant pour les familles et les communautés de cacher leurs malades et de s’en occuper elles-mêmes, l’occasion idéale pour la maladie de se propager.

« Sur les quarante-huit personnes se trouvant dans ma concession, seulement trois personnes ont été infectées : ma femme, qui a malheureusement succombé à la maladie, ma fille et ma petite fille »,  dit Pa Kalokoh. « Hormis cela, tout le monde a échappé à la maladie parce que nous avons obéi aux informations de la radio et des agents de mobilisation sociale. »  

Dans la concession, tout le monde a subi une quarantaine de 21 jours pour s’assurer que personne d’autre n’avait contracté le virus.

« Nous étions confiants mais toujours inquiets que l’un d’entre nous puisse présenter un des symptômes de la maladie », dit Pa Kalokoh.

En se joignant à d’autres membres de sa famille pour laver ses vêtements, Yeabu fait part de sa joie d’être revenue chez elle. « J’apprécie tellement que ma famille et ma communauté aient accepté mon retour au bercail avec tant de chaleur. »

* Ensemble de bâtiments groupés autour d'une cour, la concession est l'habitat traditionnel des familles.


 

 

Photographie : La lutte contre Ebola

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