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Pakistan

Au Pakistan, une accoucheuse qualifiée assure santé et sécurité aux mères et aux enfants

© UNICEF video
« Quand la mère et l’enfant sont tous deux en bonne santé, ça me fait plaisir, » dit Shagufta Shahzadi, une accoucheuse communautaire du Pakistan.

 

By A. Sami Malik

Les soins anténatals et postnatals accessibles aux femmes des zones rurales du Pakistan se sont nettement améliorés, en raison entre autres du travail de femmes comme Shagufta Shahzadi, une accoucheuse qualifiée qui a été formée dans le cadre d’un programme soutenu par l’UNICEF.

DISTRICT de KASUR, Pakistan, 3 décembre 2014 – « Mon plus grand plaisir est de voir que la femme et l’enfant sont en bonne santé après l’accouchement » explique Shagufta Shahzadi, une accoucheuse qualifiée (Skilled Birth Attendant – SBA) de 30 ans qui vit et travaille dans le village de Nandanpura, dans le district de Kasur de la province du Pendjab, au Pakistan. 

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© UNICEF Pakistan/2014/Zaidi
Shagufta Shahzadi sort de chez elle, dans la province du Pendjab au Pakistan. Une enseigne sur le mur indique « Accoucheuse communautaire ».

« Il y a une énorme différence entre les services fournis par une accoucheuse dûment formée et une accoucheuse traditionnelle sans qualification. Une personne qualifiée sait prévenir les complications qui peuvent se produire pendant la grossesse, au moment de l’accouchement et comment y faire face. Elle connaît aussi les soins à fournir à la mère et à l’enfant dans la période postnatale. »

Pour Shagufta, une journée de travail peut inclure des tâches très diverses : mettre au monde un enfant, donner des conseils sur les soins prénatals à des femmes enceintes ou encore se rendre à pied dans un village voisin pour apporter des soins postnatals à une mère et à un nouveau-né. Elle est très fière de son travail et éprouve un profond sentiment de réussite quand elle pense que, grâce à ses services, il n’y a eu décès de femme enceinte ou de nouveau-né dans son voisinage l’année passée.

Se remémorant la lutte qu’elle a dû mener toute sa vie, Shagufta raconte : « J’avais deux mois quand mon père est mort. Ma mère nous a élevées, moi et ma sœur, grâce aux modestes sommes d’argent qu’elle gagnait à coudre des vêtements. Ses ressources étaient très faibles, elle s’est cependant assurée que nous finirions toutes les deux nos études. Ensuite nous avons suivi nos formations respectives. Ma sœur est devenue agent de santé et moi je suis devenue une sage-femme. »

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Au cours d’un entretien avec une patiente, Shagufta prend des notes pour documenter les examens de contrôle qu’elle effectue périodiquement.

En 2012, Shagufta a reçu son diplôme après avoir suivi un cours de formation d’accoucheuse communautaire de 18 mois organisé par l’UNICEF à l’hôpital principal du district de Kasur.

Cela n’a pas été aisé, car la plus jeune de ses filles n’avait alors que quelques mois. Le soutien de son mari et du reste de sa famille l’a aidée à compléter sa formation et elle continue à bénéficier de ce soutien dans son travail d’accoucheuse communautaire qualifiée.

« Les choses ont changé »

Comparant les soins donnés (prénatals, à l’accouchement et postnatals) par des accoucheuses non qualifiées il y a 25 ou 30 ans avec les services modernes actuellement fournis par des accoucheuses communautaires qualifiées, Shagufta constate une énorme différence.

« Ma mère me raconte que quand je suis née, une sage-femme traditionnelle est venue à la maison pour s’occuper de l’accouchement, raconte-t-elle. Elle n’avait aucune idée de l’hygiène et ne s’est même pas lavé les mains avant d’examiner ma mère. Elle a placé un peu de cendres du fourneau sur le sol et m’a mis au monde là-dessus. Les choses ont changé maintenant. Des vies qui étaient perdues à cause de pratiques incorrectes peuvent maintenant être sauvées. »

 

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Shagufta examine une femme enceinte qui est venue au centre de soins de maternité qu’elle a ouvert à son domicile.

Shagufta fournit des services anténatals et postnatals aux femmes et aux enfants de 10 villages du district de Kasur.

Étant la seule accoucheuse communautaire qualifiée des environs, et aussi en raison de ses dispositions amicales, Shagufta est une personnalité locale très populaire, et les femmes se sentent à l’aise pour parler de leurs problèmes avec elle.

« J’examine régulièrement les femmes enceintes, j’enregistre leur tension artérielle, leur température, leur pouls et leurs œdèmes, » explique Shagufta.

« Il est important que je garde contact avec elles dès les premiers jours de leur grossesse et jusqu’à l’accouchement, et ensuite pour apporter les soins postnatals à la mère et à l’enfant. »

Des résultats positifs

Le Pakistan souffre de taux de mortalité maternelle et infantile élevés, et une des raisons en est le manque d’accoucheuses communautaires qualifiées, plus particulièrement dans les zones rurales isolées. L’UNICEF a lancé, en collaboration avec les services sanitaires provinciaux du Pendjab et ses partenaires au développement, un programme de formation d’accoucheuses communautaires qualifiées organisé dans divers hôpitaux du district ; il est destiné à former des jeunes femmes appartenant à des communautés rurales pour leur donner les qualifications nécessaires et pour leur permettre d’ouvrir leur propre centre de soins de maternité au sein de leur communauté.

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Shagufta en compagnie d’une mère et de son enfant nouveau-né qu’elle a mis au monde il y a seulement quelques jours.

« Vu les résultats positifs de ce programme, le Gouvernement pakistanais a élargi cette initiative à travers le pays, » explique le Docteur Tahir Manzoor, Spécialiste de la santé pour l’UNICEF du Pakistan. « Dans la province du Pendjab, plus de 5 000 femmes ont été formées et fournissent des services d’une grande valeur à leurs propres communautés. Nous pouvons déjà constater les effets positifs de leurs services et nous sommes certains qu’ils amélioreront au cours des prochaines années le tableau que présentent la mortalité et la morbidité des mères et des nouveau-nés au Pakistan. »

Shagufta est convaincue qu’assurer la bonne santé et la sécurité de la mère et de l’enfant est impératif.

« Si les femmes et les enfants sont en bonne santé, la société tout entière sera en bonne santé. Les générations futures seront en bonne santé, affirme-t-elle. Nous devons essayer de sauver des vies, parce que la vie est précieuse, et elle ne vous est donnée qu’une fois. »


 

 

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