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État de Palestine

À Gaza, les enfants vivant dans les décombres

 

Par Catherine Weibel

Une jeune fille et sa famille vivent toujours dans leur immeuble, un an après sa destruction lors du conflit. À Gaza, le travail de reconstruction commence à peine, et il faudra bien plus de temps pour reconstruire les vies brisées.  

GAZA, État de Palestine, le 8 juillet 2015 – Malak, 12 ans, n’oubliera pas les 51 jours d’hostilités de l’année dernière.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2015-1707/El Baba
Malak, 12 ans, et ses frères et sœurs et cousins dans l’immeuble partiellement détruit de leur famille, dans le quartier de Shejaiya de la ville de Gaza.

« Avant la guerre, mes amis venaient me voir à la maison, mais maintenant plus personne ne vient. Même notre famille. Ils ont peur que notre immeuble s’écroule, » explique-t-elle.

Malak et 59 autres enfants de la même famille élargie vivent toujours dans un immeuble très endommagé de Beit Hanoun, l’une des zones de Gaza les plus dévastées par le conflit de l’année passée, dans lequel 551 enfants ont péri et 3 370 autres ont été blessés.

Cet immeuble de quatre étages abrite 10 frères et leur famille. Il a été détruit par une frappe aérienne, mais la famille y est restée parce qu’elle n’avait nulle part où aller. Ils vivent au milieu des ruines de ce qui fut autrefois un bel immeuble, comme le montre une bannière accrochée là où était autrefois la porte principale.

À part quelques petits travaux de réhabilitation et de remise en état, la reconstruction de plus de 12 600 logements complètement détruits à Gaza n’a pas véritablement commencé, ce qui prolonge l’épreuve que traversent environ 100 000 personnes, la moitié d’entre elles étant des enfants.

Sur la quantité totale de matériaux de construction nécessaires pour reconstruire Gaza, moins de 2 % sont entrés sur le territoire à ce jour.

Des cauchemars

« Il n’y a plus de portes, plus de fenêtres, plus de murs. Je dors sur un matelas avec mes deux sœurs depuis que ma chambre s’est écroulée, » raconte Malak. « Comme il n’y a pas de murs, tout le monde peut me voir quand je dors. Je n’ai pas d’intimité. C’est comme si on vivait dans la rue. »

Malak a déjà connu trois conflits au cours de sa courte vie. Elle fait des cauchemars toutes les nuits.

Certains de ses cousins souffrent de problèmes comme des difficultés à se concentrer, des sentiments de désespoir, et la peur qu’un autre conflit éclate. À Gaza, plus de 300 000 enfants présentent encore des symptômes de détresse psychosociale, un an après le conflit meurtrier. Beaucoup d’enfants souffrent désormais de handicaps permanents.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2015-1714/El Baba
Omar, 9 ans, tient des outils pour un adulte qui répare le bulldozer endommagé de la famille à Shejaiya, dans la ville de Gaza. Derrière lui, un autre garçon joue avec le volant de l’engin.

L’année dernière, le mois du Ramadan a eu lieu au paroxysme des hostilités ; cette année il se déroule dans un climat plus paisible, mais les familles luttent pour s’en sortir, avec un des taux de chômage de 43 %, et un taux d’insécurité alimentaire de 73 %, figurant parmi les plus élevés dans le monde, dans une enclave côtière soumise à un blocus depuis huit ans.

Au rez-de-chaussée de l’immeuble, Omar, 9 ans, le cousin de Malak, fait griller des tomates sur un feu pour le déjeuner des enfants qui sont trop jeunes pour jeûner.

Comme tous les enfants de son âge à Gaza, Omar n’a connu que la vie sous le blocus. Sa famille a un accès limité aux services de base comme l’électricité, l’eau potable et le gaz pour cuisiner.

Autour de lui, des dizaines de bébés, de tout-petits et de jeunes enfants rampent et s’agitent sur ce qu’il reste du rez-de-chaussée de l’immeuble. Dans la rue, des enfants plus âgés jouent au volant de voitures et d’un bulldozer détruits par l’explosion.

« Nous ne savons pas où jouer, alors nous restons à la maison. La voiture de mon père a été bombardée, et celle de mon grand-père aussi, alors nous jouons dedans, » raconte Omar avec enthousiasme.

Après quelques minutes, le garçon se demande s’il y a vraiment de quoi se réjouir.

« Je sais que ça n’est pas bon d’être ici ; je préfèrerais vivre comme les autres enfants dans le monde, » dit-il.

Un avenir meilleur

Malak préfère lire dans l’une des rares pièces disposant encore d’un plafond, à côté de la photo encadrée d’une adolescente – la tante de Malak, tuée par balle chez eux lors d’hostilités militaires en 2009. Accroché au mur, le cadre couvre le trou où la balle est toujours logée ; d’après la famille, c’est l’armée israélienne qui l’a tirée.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2015-1704/El Baba
Malak dans l’immeuble où vit sa famille. « Je veux aider les gens pour qu’ils puissent être en sécurité, » dit-elle.

Lectrice assidue, Malak explique que ses notes ne sont pas aussi bonnes qu’auparavant, mais qu’elle fait de son mieux pour ses études, et qu’elle croit en un avenir meilleur.

« Je veux devenir ingénieur comme mon père, pour pouvoir reconstruire les maisons des gens – notre maison, celles des voisins, et celles de nos amis, » affirme-t-elle. « Je veux aider les gens pour qu’ils puissent être en sécurité. »

L’UNICEF mène des interventions humanitaires pour aider les enfants comme Malak et Omar à surmonter les conséquences des conflits – à travers le souci de leur bien-être, un soutien psychosocial, le rétablissement des services d’approvisionnement en eau, l’installation de nouvelles infrastructures d’approvisionnement en eau, la réhabilitation des écoles endommagées, et le rattrapage scolaire pour aider les nombreux élèves qui ont pris du retard.

A cours du dernier mois, une nouvelle phase de reconstruction a commencé. Elle devrait permettre la reconstruction des 12 600 logements complètement détruits et la construction de nouveaux logements.

Un an plus tard, il est essentiel que le monde n’oublie pas les enfants de Gaza, et contribue à réparer les dégâts causés dans leur vie, afin de les soutenir dans la réalisation de leurs rêves et d’un avenir meilleur et plus paisible.


 

 

Photographie : L’UNICEF à Gaza

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