Nous construisons un nouveau UNICEF.org et sommes en période de transition.
Merci pour votre patience – N’hésitez pas à nous rendre visite pour voir les changements mis en place.

État de Palestine

Six mois après le cessez-le-feu, les enfants de Gaza restent profondément traumatisés

Les enfants de l’État de Palestine continuent d’essayer de se remettre de la violence qui a submergé Gaza en juillet et août 2014.  Télécharger cette vidéo

 

Par Catherine Weibel

Après avoir perdu leur père et leur logement durant le dernier conflit à Gaza, deux petites filles s’efforcent de faire face à ce passé tragique et de se tourner vers un avenir plus clément.

GAZA, État de Palestine, 26 février 2015 – Six mois se sont écoulés depuis qu’une trêve précaire a mis fin à un nouvel épisode de violence qui a dévasté Gaza. Pour des enfants comme Samar et Rosol Barakat, les meurtrissures psychologiques provoquées par les 51 jours d’hostilités de l’été dernier restent toujours aussi vives.

Au cours de ce conflit, les deux petites filles, leurs parents et leurs trois autres frères et sœurs ont dû fuir leur appartement et leur immeuble sous une pluie d’obus. Toute la famille s’est réfugiée dans une école des Nations Unies. Une nuit, la salle de classe dans laquelle ils dormaient a été frappée par un obus d’artillerie. Leur père a été tué et leur mère grièvement blessée. Les deux petites filles ont été blessées par des éclats d’obus.

Des logements dévastés

Samar, qui a 11 ans, et Rosol qui en a 6, n’ont pas pu retrouver leur domicile, un appartement des tours d’habitation al-Nada qui ont été détruites. Elles ont rejoint leur grand-père et partagent maintenant avec 10 autres personnes un minuscule appartement dilapidé de Beit Lahia comportant seulement deux chambres.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2015-0248/El Baba
Ali Hassouna tient par la main ses petites filles, Samar Barakat, 11 ans (à gauche) et Rosol, 6 ans, près des ruines des tours d’habitation où elles vivaient à Beit Lahia, dans le Nord de la Bande de Gaza, État de Palestine.

Leur famille fait partie des 100 000 Palestiniens de Gaza, des enfants pour la moitié d’entre eux, qui ont vu leur domicile partiellement ou totalement détruit au cours du conflit de l’été dernier et qui restent déplacés.

« Mes enfants ont tout perdu et elles ont besoin de tout, explique Neveen, la mère de Samar et de Rosol. Je dois maintenant être à la fois leur mère et leur père. » À la suite de ses blessures, Neveen reste handicapée et elle a besoin d’aide pour faire face aux exigences les plus simples de sa vie quotidienne.

Des lieux où tout sentiment de sécurité a disparu

Samar et Rosol continuent à souffrir d’une grande détresse. Neveen conforte constamment ses filles pour les aider à accepter l’idée de la mort de leur père.

Cela a pris des mois pour que Rosol accepte de mettre son uniforme et de retourner à l’école. Quand on lui demande si elle aime son enseignante, elle se fige, se ferme sur elle-même et après quelques minutes éclate en sanglots.

« Mes enfants ont été blessés dans une école, explique Neveen, elles ont vu des victimes qui avaient perdu des mains ou des jambes, blessées au visage, touchées aux yeux. Elles ont vu leur père être tué. Elles ne considèrent plus l’école comme un lieu sûr. »

Une situation en légère amélioration

Un spécialiste en soutien psychosocial travaillant pour le Centre palestinien pour la démocratie et la résolution des conflits (Palestinian Centre for Democracy and Conflict Resolution – PCDCR), une organisation partenaire de l’UNICEF, suit les progrès de Rosol et de sa sœur aînée Samar.

Samar a manifesté quelques signes d’amélioration. Au lendemain du conflit, elle avait de fréquentes crises de colère et refusait de faire ses devoirs. Après un certain nombre de sessions avec ce psychologue, elle est redevenue beaucoup plus calme. .

Parfois Samar va avec son grand-père contempler ce qu’il reste de l’endroit où elle vivait et qui a été réduit à un tas de décombres. Bien qu’elle ait commencé à accepter la situation, elle trouve toujours difficile de se concentrer sur ses études et ses résultats scolaires ont baissé.

« À l’école, tout a changé à cause de ce qui nous est arrivé. Notre père a été tué, mes frères et sœurs et moi nous avons été blessés et nous n’avons plus de maison, » explique Samar.

La nécessité d’un soutien prolongé

Comme beaucoup d’enfants à Gaza, Samar et Rosol ont besoin de soutien psychosocial et d’aide pour leur éducation pour pouvoir reprendre une vie normale. Le rôle de soutien de l’école est crucial pour permettre aux enfants de surmonter les difficultés auxquelles ils font face, émotionnellement comme physiquement. Toutefois, au moins 281 écoles ont été endommagées dans cette enclave côtière, et dans un grand nombre d’entre elles ces dommages restent encore à réparer. À la difficulté de cette situation s’ajoute le fait que les enseignants eux-mêmes ont été traumatisés par les événements.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2015-0256/El Baba
Samar et Rosol sont assises sur les marches de la maison où habite leur grand-père à Beit Lahia, Gaza.

L’UNICEF a pu jusqu’à maintenant apporter un soutien psychosocial à près de 35 000 enfants et plus de 7 000 personnes qui s’occupent d’eux, et enseigner des techniques d’ajustement supplémentaires à 12 000 enseignants des écoles publiques pour leur permettre de mieux aider les enfants. L’UNICEF contribue aussi aux réparations effectuées dans les écoles publiques et fournit uniformes et chaussures aux enfants après avoir initialement mené en septembre une campagne de retour à l’école qui a permis de distribuer des fournitures scolaires à 230 000 d’entre eux. Ces efforts ont aidé à améliorer les conditions de vie de ces écoliers, mais la situation reste très précaire.

« Il n’y a d’avenir pour personne à Gaza, hommes, femmes ou enfants, affirme Ali, le père de Neveen. Beaucoup de promesses ont été faites pour la reconstruction de Gaza. Nous espérons que finalement elles seront réalisées, ainsi ma fille pourra être traitée et se remettre de ses blessures, et les gens qui ont perdu leur maison comme elle auront un endroit pour vivre et une vie meilleure.

« Mes petits enfants ont le droit d’avoir une belle vie, ajoute-t-il. Comme tous les enfants du monde. »


 

 

Photographie : L’UNICEF à Gaza

Recherche