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État de Palestine

Traiter les blessures cachées des enfants de Gaza

Par Simon Ingram

Au lendemain des violences et des destructions, des centaines de milliers d’enfants à Gaza ont un besoin urgent d’aide psychosociale et de soins.  

Image de l'UNICEF
© UNICEF Gaza/2014
Shima, quatre ans, avec son père, Ibrahim. La mère, le frère et la sœur de Shima ont été tués dans une frappe aérienne au cours du récent conflit à Gaza.

GAZA, État de Palestine, le 8 septembre 2014 – L’histoire de Shima, quatre ans, est certainement aussi horrifiante que celle de tout enfant ayant connu le conflit récent à Gaza. En écoutant le récit de son père, Ibrahim, on ne peut que s’émerveiller qu’elle ait survécu aux 50 jours d’intenses conflits.

Tout a commencé quand la ville de Beit Hanoun, où Shima vivait avec ses parents, son frère et sa sœur, a été la cible de lourds bombardements.

« J’étais terriblement inquiet pour la sécurité de ma famille, se souvient Ibrahim.  Je leur ai dit d’aller immédiatement dans le centre-ville où ils pourraient rester avec des proches. J’ai dit que j’allais rassembler quelques documents et affaires importants à la maison avant de les rejoindre. »

Ce fut, comme le réalise maintenant Ibrahim, une décision fatale.

« Une demi-heure plus tard, j’ai reçu un appel de quelqu’un qui m’annonçait que ma famille avait été blessée dans une frappe aérienne. Je me suis précipité sur les lieux et ai découvert que ma femme et mon fils de 14 ans, Mohammad, avaient été tués. Shima et sa sœur ainée, Aseer, étaient grièvement blessées. Aseer est morte quatre heures plus tard à l’hôpital. »
 
Les blessures de Shima étaient graves, elle souffrait notamment d’une hémorragie interne et de lésions aux reins. Elle a subi une intervention chirurgicale, mais son état a empiré et elle a été transférée dans un hôpital israélien, où elle a passé 15 jours.

Pendant ce temps, le conflit à Gaza faisait rage. Ibrahim s’est réfugié dans une école avec d’autres personnes déplacées. Au cours d’un bref cessez-le-feu, il est retourné à la maison familiale, mais l’a retrouvée en ruines.

Lorsque Shima est sortie de l’hôpital, avec devant elle un long processus de guérison, elle a déménagé avec son père dans une petite maison au cœur de la ville de Gaza. Là-bas, ils ont à nouveau frôlé la mort en manquant de se faire écraser par du béton et d’autres débris provenant d’un immeuble voisin touché par une frappe aérienne. 

Une succession d’évènements terribles

Aujourd’hui, Ibrahim et Shima vivent dans une région plus éloignée de la bande de Gaza, où leur histoire a attiré l’attention du Centre palestinien pour la démocratie et la résolution du conflit (PCDCR), une ONG partenaire de l’UNICEF spécialisée dans l’aide aux enfants souffrant de traumatismes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2014-1439/d'Aki
Un volontaire lit une histoire à des enfants déplacés dans l’école qui leur sert maintenant d’abri, à Gaza.

« Shima a traversé une succession d’évènements terribles, » affirme Rabee Mammoda, chargé de l’accompagnement psychosocial, qui suit le cas de Shima. « Elle a vu sa mère et ses frères et sœurs mourir. Elle a elle-même été gravement blessée, puis elle a subi encore un événement traumatisant. Les enfants comme elle auront besoin de soins et d’une aide psychosociale à long terme par des professionnels pour pouvoir reconstruire leur vie. »

Le père de Shima affirme que ses symptômes sont inquiétants.

« Elle s’accroche à moi où que j’aille, et ne peut dormir que sur mes genoux. Elle sait que sa mère, sa sœur et son frère sont morts, mais elle ne cesse de me demander quand ils reviendront. »

Depuis le début du récent conflit en juillet, les équipes d’urgence du PCDCR ont apporté un appui psychosocial à plus de 5 000 enfants comme Shima à Gaza.

Des besoins urgents

D’après le responsable de la protection de l’enfance de l’UNICEF Bruce Grant, ces cas ne représentent qu’une fraction des besoins.

« Il y a au moins 373 000 enfants en besoin urgent d’appui psychosocial, et nous devons nous dépêcher de les aider, » affirme Bruce Grant. « Le temps ne joue pas en notre faveur. »

Alors que le cessez-le-feu actuel se poursuit, l’UNICEF et ses partenaires accélèrent leur travail pour identifier les familles les plus dans le besoin. Au cours des quatre prochains mois, le PCDCR, avec l’aide de l’UNICEF, fournira un appui psychosocial à 35 000 enfants et 10 000 aidants familiaux via des activités structurées et des consultations individuelles. Les symptômes de détresse communément observés chez les enfants sont notamment l’incontinence nocturne, le fait de s’accrocher aux parents et les cauchemars.

Au moins 494 enfants palestiniens auraient été tués pendant les hostilités à Gaza, et 2 101 autres blessés. L’UNICEF cherche à mobiliser 4,5 millions de dollars des É.-U.  pour les programmes d’aide psychosociale, dans le cadre d’un appel plus large de 12,5 millions de dollars des É.-U. pour tout le plan d’intervention pour la protection de l’enfance. 


 

 

Photographie : L'UNICEF est à Gaza

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