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En bref : Nigéria

Rencontrez les enfants et familles déracinés de l’État de Borno, au Nigéria

Par Kent Page

ÉTAT DE BORNO, Nigéria, le 19 octobre 2016 – Depuis 2014, la montée de l’insurrection de Boko Haram a provoqué l’insécurité ainsi que des déplacements massifs dans le nord-est du Nigéria et la région du lac Tchad. Le nombre de personnes déplacées est estimé à 2,6 millions, dont plus de la moitié sont des enfants.

L’UNICEF et ses partenaires travaillent ensemble pour gérer les nombreux aspects de cette crise humanitaire, notamment les taux alarmants de malnutrition, une épidémie de polio récente, l’accès limité à l’école, la détérioration des services de santé et d’eau, et les effets psychosociaux de la violence.

L’épicentre de la crise se trouve dans l’État de Borno, où plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées en raison des violences de Boko Haram. Découvrez l’histoire de certaines des nombreuses victimes de cette crise.

Voici Maryam Sandabe

Maryam fait partie des nombreuses victimes des insurgés de Boko Haram à Bama, dans l’État de Borno. Sa maison, sa voiture et tous ses biens ont été brûlés et détruits lors d’une attaque par les insurgés. Maryam, son mari et leurs cinq enfants ont dû rejoindre à pied Maiduguri, à 67 kilomètres de là, pour rester en vie. Elle vit désormais dans le camp pour personnes déplacées de Dalori, à Maiduguri, où elle est enseignante bénévole dans l’école appuyée par l’UNICEF qui compte 1 272 élèves. « J’ai un certificat national d’enseignement [et] j’enseigne bénévolement les mathématiques, l’anglais et les sciences à ces enfants déplacés ». Déterminée à améliorer sa vie et celle des enfants, Maryam fait également des études d’éducation sanitaire à temps partiel à l’Université de Maiduguri.

Voici les élèves de Maryam

 

Tous les élèves de Maryam sont arrivés au camp de Dalori après avoir été forcés de fuir leur foyer à cause des attaques des insurgés sur leur ville, dans plusieurs parties de l’État de Borno. « Malgré les difficultés qu’ils ont rencontrées – certains de ces enfants ne sont pas allés à l’école depuis deux ans et beaucoup ont perdu des membres de leur famille – ils sont tous contents et fiers de retourner à l’école », explique Maryam, elle-même déplacée. À présent, ils peuvent aller en classe à l’abri du soleil, du vent et de la poussière dans l’une des nombreuses tentes fournies par l’UNICEF qui servent d’espaces d’apprentissage temporaires dans le camp de Dalori. En plus de fournir des cartables, des bureaux, des uniformes scolaires, du matériel d’apprentissage et d’enseignement, l’UNICEF a fourni plus de 130 tentes comme celle-ci qui sont utilisées comme espaces d’apprentissage temporaires dans de nombreux camps de l’État de Borno.

 

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« Malgré les difficultés qu’ils ont rencontrées… ils sont tous contents et fiers de retourner à l’école ».

 

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Voici Zara, Falamata et Aïcha

Ces trois femmes jouent un rôle clé dans l’enraiement de l’épidémie de polio qui s’est récemment déclarée dans le nord-est du Nigéria. Zara est vaccinatrice contre la polio, Falamata est agent de mobilisation bénévole formée par l’UNICEF, et Aïcha est chargée d’enregistrer les données. Ensemble, elles forment une équipe de vaccination contre la polio et ont participé à une campagne de vaccination d’urgence massive entre le 15 et le 18 octobre. L’UNICEF Nigéria a appuyé cette campagne en contribuant à l’achat des vaccins et en impliquant le public via les médias de masse et la mobilisation communautaire. Dans le cadre de la campagne, près de 39 000 agents de santé ont été déployés pour administrer des vaccins contre la polio aux enfants de moins de 5 ans dans des régions à haut risque au Nigéria, ainsi que dans les pays voisins, à savoir le Tchad, le Niger, le Cameroun et la République centrafricaine.

Voici Zainab Mohammed

Il s’agit de la première – et potentiellement de la plus importante – visite de Zainab, 3 ans, dans un centre de soins de santé appuyé par l’UNICEF dans la communauté de Dalaram, dans la zone de gouvernement local de Jere. Zainab souffre de malnutrition aiguë sévère et reçoit pour traitement des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, ainsi que des micronutriments et des antibiotiques. La mère de Zainab, âgée de 18 ans, reçoit également des conseils sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Toutes les deux seront suivies en attendant que la santé et le poids de Zainab reviennent à la normale au cours des huit prochaines semaines du programme de traitement. Zainab fait partie des 89 178 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë sévère qui ont bénéficié des programmes d’alimentation thérapeutique appuyés par l’UNICEF dans les États de Borno, Yobe et Adamawa, dans le nord-est du Nigéria.

Voici Alhaji Goni Abatcha

Originaire de la zone de gouvernement local de Monguno dans l’État de Borno, Abatcha s’est enfui de chez lui avec sa famille lorsque les attaques d’insurgés ont provoqué l’insécurité dans le nord-est du Nigéria, notamment dans sa ville natale. Aujourd’hui, Abatcha et sa famille vivent dans le camp de personnes déplacées de Bakassi, où il joue un rôle essentiel. Il est en effet Secrétaire et participe à la gestion globale du camp. L’UNICEF soutient les camps et les communautés d’accueil – où vivent désormais la majorité des personnes déplacées – dans les activités relatives à la santé, la nutrition, l’éducation, la protection de l’enfance, l’eau et l’assainissement, y compris dans les campagnes de vaccination contre la polio et la rougeole.

 

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« Ils m’ont entraînée vers une voiture... Je suis restée captive là-bas pendant deux mois puis on m’a forcée à épouser l’un des insurgés ».
 

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Voici « Aminata »

Aminata (son prénom a été modifié) est une jeune fille de 17 ans qui a été enlevée par Boko Haram. « Ils m’ont traînée vers une voiture. Il y avait aussi 14 autres filles de mon quartier. Je suis restée captive là-bas pendant deux mois puis on m’a forcée à épouser l’un des insurgés », explique-t-elle. L’UNICEF estime que plus de 7 000 femmes et filles ont été enlevées et soumises à des violences par ce groupe militant. La plupart auraient été violées ou « mariées » de force à leurs ravisseurs, et beaucoup, comme Aminata, sont tombées enceintes. Le partenaire International Alert, appuyé par l’UNICEF, apporte un soutien psychosocial aux filles et aux femmes victimes de violences sexuelles, ainsi qu’aux enfants nés à la suite de ces viols. L’UNICEF fournit également un soutien psychosocial aux enfants et familles touchés par les conflits au Nigéria, notamment via des espaces amis des enfants, la formation psychosociale des enseignants et la garantie de services d’éducation dans des environnements d’apprentissage protecteurs et sûrs.

Voici Lisa

Lisa, 5 ans, fait partie des nombreux enfants déplacés qui vivent aujourd’hui dans le camp de Muna Garage à Maiduguri. Elle pose ici avec son tableau devant l’espace ami des enfants du camp appuyé par l’UNICEF. Les équipes de protection de l’enfance et d’éducation de l’UNICEF travaillent ensemble pour soutenir les enfants âgés de 3 à 18 ans dans les espaces amis des enfants avec un accompagnement éducatif, des fournitures scolaires et des enseignants via le conseil national d'accès universel à l'enseignement de base. Cette approche garantit que les espaces amis des enfants sont également des espaces d’apprentissage sûrs pour des enfants comme Lisa.

Voici Aïsha

Aïsha Bulama est vaccinatrice contre la polio, et l’une des femmes les plus populaires de la campagne de vaccination contre la polio à Maiduguri. « Mon équipe a déjà vacciné plus de 500 enfants en seulement quelques heures ce matin », affirme-t-elle avec fierté, avant de marquer l’ongle d’un enfant qu’elle vient de vacciner. Cette marque violette sur l’ongle, beaucoup d’autres mères sont fières de la montrer à leur famille, leurs amis ou leurs voisins, en particulier après la récente épidémie de polio dans le nord-est du Nigéria. Dans certaines parties de l’État de Borno, au Nigéria, les équipes de vaccination contre la polio effectueront aussi simultanément des examens de dépistage de la malnutrition afin d’identifier les cas de malnutrition aiguë sévère chez les enfants de moins de 5 ans. Les enfants souffrant de malnutrition seront orientés vers des programmes de traitement thérapeutique.

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« Nous ne pouvons assurer que des soins de santé très limités pour les
patients parce que notre centre de santé a été très endommagé ».

 

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Voici Hajiya Bashir

Hajiya Bashir est l’infirmière en chef du centre de soins de santé primaires de Gamboru, qui est actuellement en cours de rénovation par l’UNICEF. Le centre avait sérieusement besoin de réparations après avoir été attaqué, pillé et bombardé par les insurgés, ce qui limitait l’accès aux soins de santé et aux soins maternels pour les habitants de Gamboru et les nombreuses personnes déplacées y vivant. « Aujourd’hui, nous ne pouvons assurer que des soins de santé très limités pour les patients parce que notre centre de santé a été très endommagé », explique Hajiya. Le gouvernement nigérian a déclaré que presque tous les établissements de santé des zones à nouveau accessibles dans le nord-est du Nigéria avaient été pillés, vandalisés ou détruits. Grâce à l’appui de l’UNICEF, 2 777 579 personnes touchées par les conflits ont déjà pu bénéficier de services de soins de santé primaires d’urgence, notamment d’aliments thérapeutiques et de de micronutriments pour les enfants, de soins maternels pour les femmes enceintes, de vaccination de routine, et de traitements contre des maladies comme le paludisme, la diarrhée et les infections aiguës des voies respiratoires..


 

 

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