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En bref : Niger

Au Niger, aider les enfants qui vivent dans la rue

© UNICEF video
Pour les enfants comme Mahamadou, les centres pour la jeunesse sont souvent les seules structures d’aide.

 

Par Nathalie Prevost

Les centres pour la jeunesse appuyés par l’UNICEF au Niger aident les enfants vulnérables à éviter les ennuis et à revenir dans la bonne voie.

AGADEZ, Niger, le 18 août 2014 – Mahamadou Mala Saley a 12 ans. Ses amis l’appellent « Shaolingue », parce qu’il adore les films de kung fu. Comme de nombreux autres enfants vivant dans les rues d’Agadez, une ville historique au nord du Niger, Shaolingue est suivi par le bureau local du Service éducatif, judiciaire et préventif (SEJUP).

Après la mort de son père, Shaolingue a quitté la maison de ses parents. Chaque jour, il ramasse de la ferraille et des boîtes de conserve dans les décharges publiques et les vend à un marchand local. Les enfants peuvent gagner 250 francs CFA (environ 50 cents des É.-U.) pour deux kilos de ferraille.

Le meilleur ami de Shaolingue s’appelle Abdoulrachid Hamidou, il a 15 ans, est surnommé Tchida, et a perdu son père il y a deux ans. Les deux garçons sont inséparables.

L’addiction

« Au bout de trois ans, j’ai arrêté l’école. J’en avais assez, » explique Shaolingue. « Avant, j’avais d’autres amis. Puis j’ai rencontré ceux-là. Quand je trainais avec eux, je reniflais l’odeur forte de la colle. C’est comme ça que j’ai commencé à sniffer. »

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« Au bout de trois ans, j’ai arrêté l’école. J’en avais assez, » explique Shaolingue.

Shaolingue explique qu’avant de rencontrer ses nouveaux amis, il arrivait à économiser un peu d’argent. « Depuis que je les ai rencontrés, on passe notre temps à sniffer. »

Il voudrait se débarrasser de cette addiction à la colle. « On ne ressent plus rien, dit-il. Alors on vole, on se fait arrêter, ou tabasser. On se fait voler pendant notre sommeil, et quand on se réveille, on n’a plus rien. » 

Avec l’appui de l’UNICEF, des volontaires du centre pour la jeunesse du SEJUP les aident à venir à bout de leur addiction à la drogue pour qu’ils puissent avancer dans leur vie et réaliser leurs rêves.

L’aide

Assoumane Yacouba, professeur de français dans un établissement d’enseignement secondaire d’Agadez, suit ces garçons depuis deux ans. « Ce sont des enfants de la rue que nous avons repérés lors de nos rondes, » explique-t-il. « Ils sont amis. Ils se battent tout le temps, mais ils sont proches. Aujourd’hui, ce que nous essayons de faire, c’est de les aider à arrêter la colle. C’est leur problème le plus urgent. »

D’après l’analyse de la situation des droits des enfants et des femmes, les violences commises envers et par les enfants sont étroitement liées aux ruptures familiales, à la négligence, aux mauvais résultats scolaires ainsi qu’aux abus d’alcool et de drogue.

À Agadez, le service de protection de l’enfance surveille environ 50 enfants. D’après les mères et les grand-mères des deux garçons, c’est l’unique chance qui leur est donnée.

Tous les enfants sont bienvenus au centre, qu’ils soient ou non en conflit avec la loi. Les volontaires proposent un appui et des conseils, et jouent souvent le rôle de médiateurs entre les enfants et la police, le système judiciaire et les employeurs – et aussi leur famille.

Au Niger, la capacité à gérer les cas d’enfants vulnérables a plus que doublé entre 2009 et 2011. Les centres SEJUP appuyés par l’UNICEF sont de plus en plus populaires et efficaces, et jouent un rôle majeur dans l’aide apportée aux enfants dans le besoin, sans domicile, abandonnés par leurs parents ou en conflit avec la loi.

Malgré leur situation, Tchida et Shaolingue ont quand même des projets. Tchida voudrait devenir charpentier, comme son grand-père. Shaolingue rêve de conduire un taxi-moto.

Et aussi souvent que possible, ils se rendent au centre du SEJUP pour participer à des activités organisées par les volontaires.


 

 

Photographie : Les enfants des rues

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