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Mali

Mali : Un frigo à énergie solaire pour améliorer la santé des enfants

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Mattaka, 27 ans, accompagnée de Fatimoutou et Zeinabou, ses jumelles de deux mois.

 

A Tombouctou, le centre de santé communautaire de Sankoré ne désemplit pas. Ici, les séances de vaccination de routine se font tous les deux jours ; un service facilité par la dotation d’un nouveau frigo à énergie solaire.


Par Ismail I. Maiga

Le mois de décembre bat des records de froid et le vent d’harmattan souffle fort à Tombouctou. Cela n’a pas empêché Makata Aguissa, 27 ans, accompagnée de sa fille Aicha, 6 ans, et de ses jumelles Fatimoutou et Zeinabou, de se rendre au centre de santé communautaire de Sankoré pour la vaccination de ses petites dernières.  

A deux mois, les jumelles - les joues bien rondes et les yeux scintillants - sont en excellente santé. Elles reçoivent ce jour-là le rappel de Penta 2 et Polio2. Les jumelles avaient déjà reçu à la naissance les antigènes de BCG et la première dose du vaccin contre la polio. Comme pour chacune de ses grossesses, Makata s’est rendue à toutes ses consultations prénatales et postnatales.

« La vaccination prévient toutes les maladies, notamment la méningite et la poliomyélite. Elle est bénéfique pour l’enfant et pour la maman et épargne de multiples soucis à toute la famille », confie Makata. 

 

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Souleymane et sa femme Makata accompagnés de leurs trois filles

 

A quelques pâtés de maisons du centre de santé, Souleymane, assis dans son hangar, guette le retour de son épouse. Quand il se trouve à Tombouctou, ce marabout accompagne régulièrement son épouse au centre de santé. Dans une société fortement traditionaliste, ce fait est si rare qu’il mérite d’être relevé.

Souleymane se souvient de sa tendre enfance, il y a une cinquantaine d’années, passée dans sa fraction nomade non loin de Tombouctou. Il n’existait alors aucune structure de santé et les prescriptions de marabouts ou les recettes de grands-mères constituaient alors les seuls soins médicaux. En effet, toute forme de médecine moderne était rejetée. Souleymane se souvient tristement de ses nombreux camarades souvent malades, en situation de handicap à cause de la méningite ou de la poliomyélite ou morts prématurément.

Mais aujourd’hui le paysage sanitaire a complètement changé. Le centre de santé, où les jumelles ont reçu leurs vaccins, a bénéficié du projet SOLAR financé par le gouvernement canadien et mis en œuvre par l’UNICEF. Ce projet, qui vise à améliorer la santé des mères et des enfants dans les zones les plus vulnérables par la mise en place d’un programme de vaccination efficace, comporte une grande innovation : une chaîne de froid performante et essentiellement alimentée par l’énergie solaire, présente en grande quantité au nord du Mali.

Le Dr Kounindiou Dolo, spécialiste santé et nutrition de l’UNICEF à Tombouctou, explique les avantages de l’énergie solaire : « La stabilité de la température à l’intérieur du frigo solaire (entre +2 et +8 degrés Celsius) garantit la qualité des vaccins pour les enfants. Le projet SOLAR a non seulement permis d’améliorer la qualité des soins pour les jeunes enfants, mais a également entrainé une baisse des coûts pour les structures sanitaires. Il n’y a plus besoin d’acheter du pétrole, des mèches ou d’autres intrants liés à l’utilisation des frigos à pétrole. Il n’y a plus de cas d’incendie ou d’autres accidents qui par le passé pouvaient survenir avec l’utilisation du frigo à pétrole. »

Souleymane, quant à lui, ne rate aucune occasion de rappeler aux membres de sa communauté l’importance de la vaccination. « En tant que responsable du culte au sein de la communauté, je suis un messager de la survie de l’enfant. » explique-t-il.

« Aucune prescription religieuse n’interdit la dispense de soins à la famille. Quiconque interdit la vaccination des femmes ou des enfants ne veut pas le bien de la communauté. »

Avec le déclenchement de la crise au Mali en 2012, la situation sanitaire dans les régions du nord du pays s’est gravement détériorée. La majorité des structures sanitaires ont été saccagées ou vandalisées et la quasi-totalité du personnel soignant s’est retiré. Depuis, grâce aux efforts conjoints du gouvernement malien, de l’UNICEF et de ses partenaires, la situation s’est quelque peu améliorée. Le taux de couverture vaccinale des enfants, notamment, a fait un bond en avant : elle est passée respectivement de 83% en 2014, à 103% en 2016 pour le PENTA1.


 

 

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