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Mali

Dans un village du Mali, promouvoir l’allaitement maternel a contribué à réduire considérablement les retards de croissance chez l’enfant

Image de l'UNICEF
© UNICEF Mali/2017/Luthi
Aminata tient un nourrisson dans les bras. Avec Batoma et d’autres bénévoles du groupe local d’entraide nutritionnelle, elle conseille des familles sur la meilleure façon de nourrir leurs enfants.
 

Par Eliane Luthi et Cindy Cao

YOROSSO, Mali, le 31 juillet 2017 – « Montre-moi comment tu allaites ton enfant », lance Aminata en se tournant vers Batoma. Des femmes regardent, assises en groupe sur une natte à l'ombre d'un manguier.

« C'est bien », dit Aminata d’un ton rassurant. « Tu es bien positionnée : ventre contre ventre, en soutenant de ton bras le nourrisson et en lui tenant les fesses. » Elle ajoute un dernier conseil : « N'oublie pas de lui sourire, n'oublie jamais de lui montrer que tu l'aimes. »

Ce mardi matin, Aminata et Batoma font une démonstration devant un public de mères qui sont venues à une réunion hebdomadaire au centre de santé du village de Yorosso, dans le sud du Mali. Elles appartiennent toutes deux à un groupe local d’entraide nutritionnelle, qui a pour rôle de conseiller les mères sur la bonne façon de nourrir leurs enfants.

Les habitants du village ne savent pas tous que c'est pendant les 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant que son cerveau se développe le plus. Bon nombre de ces femmes ne savent pas non plus que le lait maternel est le meilleur aliment à donner à leurs nourrissons.

>> Pour en savoir plus sur les bienfaits de l'allaitement maternel (en anglais)

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Aminata et Batoma montrent comment allaiter un enfant. Bon nombre des femmes du village ne savent pas que le lait maternel est le meilleur aliment pour les nourrissons.

Les fondements d’une vie en bonne santé

Allaiter immédiatement et exclusivement au sein contribue à prévenir les retards de croissance, qui touchent un million d'enfants au Mali.

C'est également essentiel pour la survie des nouveau-nés. Les enfants qui sont nourris exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie ont 14 fois plus de chances de survivre que les enfants qui ne sont pas nourris au sein.

L'allaitement maternel améliore également la qualité de vie de l'enfant en favorisant son développement cognitif et sa santé, ce qui, à terme, lui donne de meilleures perspectives d'avenir.

Si l'allaitement maternel peut sembler instinctif, ce n'est pas toujours le cas. Malgré les bienfaits avérés de cette pratique, seul un enfant sur trois est nourri exclusivement au sein au Mali. De nombreuses mères cessent d'allaiter exclusivement au sein ou cessent tout allaitement dès les premiers jours ou les premières semaines qui suivent l'accouchement.

C’est pourquoi Aminata et Batoma, comme d'autres membres du groupe d’entraide nutritionnelle, montrent l’exemple.

« Ce type de conseils simples peut entraîner une évolution, en faisant de cette pratique la norme sociale et culturelle au Mali. Une opinion publique favorable peut constituer un soutien important pour les mères qui allaitent », explique Marc Nene, responsable de la nutrition pour l’UNICEF au Mali.

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Membres respectés de leur collectivité, Aminata et Batoma conseillent les mères sur les bonnes méthodes en matière de nutrition. À Yorosso, les taux de retard de croissance ont presque été réduits de moitié en deux ans grâce à des initiatives comme les groupes d’entraide nutritionnelle.

Un bel exemple de réussite

Si l'adhésion de la communauté est essentielle, la volonté politique est tout aussi importante.

« Avant, on avait de mauvaises pratiques ici », raconte Bernard Coulibaly, préfet adjoint de Yorosso.

« On jetait le tout premier lait que les femmes produisent [le colostrum] ; on disait que c'était du mauvais lait. »

Aujourd'hui, les pouvoirs publics locaux soutiennent sans réserve l'allaitement maternel et les bienfaits sanitaires qu'il procure, en particulier pendant les premiers jours de la vie d'un enfant. « Nous savons que le premier lait agit comme un vaccin », explique B. Coulibaly.

Aminata a également constaté une évolution des mentalités dans la communauté pour ce qui est de l'allaitement maternel. « J'ai observé des progrès incroyables ici, à la fois pour les enfants et pour les mères », dit-elle.

En travaillant de concert avec d'autres membres du groupe d’entraide, ainsi qu'avec des mères, des agents de santé, des relais communautaires, des enseignants et des enfants, elle a contribué à faire de Yorosso un bel exemple de réussite.

En seulement deux ans, le district de Yorosso a presque réduit de moitié les taux de retard de croissance (28 % en 2014 contre 15 % en 2016), ce qui prouve qu'avec la bonne méthode, il est possible de réduire considérablement la malnutrition en très peu de temps.

« L'allaitement maternel ne nécessite que quelques connaissances simples et une bonne nutrition pour la mère, qui transmet à son enfant les bienfaits de sa propre santé », explique M. Nene. « La transmission de la santé est une solution durable. »

Lectures connexes :

Collectif mondial pour l'allaitement maternel (en anglais)

Les premiers moments comptent

 


 

 

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