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Libéria

Le long périple du Libéria pour vaincre Ebola

Par Patrick Moser

Le Libéria a été reconnu comme un pays où il n’y avait plus de cas de transmission d’Ebola, 42 jours après l'enterrement de la dernière personne dont on avait confirmé qu’elle portait le virus. Les agents de mobilisation sociale continuent cependant leur travail de sensibilisation, rappelant que le danger n’est pas complètement écarté tout en élargissant leur intervention contre d'autres problèmes de santé.

LONFAYE TOWN, Libéria, le 9 mai 2015 - La lutte contre Ebola oblige parfois Dao Kamara à des randonnées qui peuvent durer 12 heures pour aller aider les communautés locales à se protéger contre Ebola. Le virus a coûté la vie à plus de 11 000 personnes en Guinée, au Libéria et Sierra Leone depuis le début de l'épidémie, l'année dernière.

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Dao Kamara, coordinateur de la mobilisation sociale pour l’UNICEF dans le district de Gili, au Libéria, participe à un événement de sensibilisation pour les résidents de Lonfaye Town.

Bien que le Libéria eût été déclaré « exempt de cas de transmission Ebola » le 9 mai, cet agent de 52 ans rappelle que le combat contre le fléau mortel ne sera pas terminé tant que le virus n’aura pas été vaincu en Guinée et en Sierra Leone également.

« Nos pays voisins ont encore cette maladie. Cela reste donc un gros problème », constate M. Kamara, qui est le coordonnateur de la mobilisation de l'UNICEF dans le district de Gili, au Libéria.

Comme des milliers de bénévoles à travers tout le pays, il a passé d'innombrables heures à faire du porte-à-porte, expliquant aux communautés comment se protéger contre le virus Ebola – en se lavant les mains, en signalant les personnes malades et en autorisant des équipes spécialisées à enterrer les victimes en toute sécurité.

M. Kamara rappelle avec insistance qu’il est impératif de toucher toutes les communautés, même les plus reculées, pour s’assurer que tout le monde comprend bien ce qu’il faut faire pour se protéger. Et parfois, il n’y a qu’une façon d'y arriver : « Nous marchons dans la brousse 11 ou 12 heures », dit-il.

L'engagement de la communauté

Les autorités religieuses, politiques et traditionnelles ont diffusé ces messages avec force et leur engagement a été couronné de succès. Une des personnes particulièrement engagée a été le Chef des chefs Henry M. Larkie.

« Je voyais bien les ravages qu’Ebola faisait dans notre pays, et dans ma propre famille, dit-il, assis dans son bureau – une table et quelques bancs disposés sous un toit de chaume, à Lonfaye Town.

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Le Chef des Chefs Henry M. Larkie, lors d’une rencontre avec des habitants de Lonfaye Town, a contribué à changer la façon dont sa communauté a pris en charge les cas d’Ebola.

Quand sa fille est morte du virus Ebola à Monrovia, la capitale, M. Larkie a loué les services d’un taxi pour la ramener au village pour l'enterrement. Il dit qu'il ne savait pas à l'époque qu'il se mettait lui-même, et les autres, en danger, mais il a fini par permettre à une équipe spécialisée de procéder à un enterrement sûr. Et il a accepté que la petite ville soit mise en quarantaine pendant 21 jours, la période de surveillance d’éventuelles nouvelles infections.

Son intervention a envoyé un message fort aux communautés locales.

Comme les corps des victimes d'Ebola sont très contagieux mais que les rites funéraires traditionnels demandent que la famille participe au lavage des cadavres, il fallait convaincre les gens de la nécessité d’organiser des ensevelissements dans des conditions plus sûres. Ce fut une des tâches les plus difficiles – et les plus cruciales – pour les équipes de mobilisation sociale.

M. Kamara pense que la campagne de sensibilisation a porté ses fruits. « Les communautés prennent des mesures, dit-il. Elles vous appellent et disent ‘Cet homme est dangereux. Nous voulons que vous le convainquiez d’être emmené à la clinique pour y être observé’. »

Dans un récent rapport présenté à la Banque mondiale, le Ministère libérien de la santé a également reconnu l'importance de l'engagement de la communauté, soulignant son « rôle essentiel pour juguler l'épidémie. »

Modifier l’axe des interventions

Aider les communautés à s’aider elles-mêmes a entraîné un déploiement énorme de ressources. L'UNICEF et ses partenaires ont atteint plus d'un million de personnes lors d’assemblées communautaires et environ 412 000 ménages grâce aux visites de porte-à-porte, et ils formé plus de 32 000 chefs traditionnels et religieux, enseignants et agents de mobilisation sociale de première ligne.

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Une des brochures d'information distribuées pour annoncer une campagne contre la rougeole, la poliomyélite et pour le déparasitage au Libéria. La campagne aura lieu du 8 au 14 mai.

Maintenant, ces efforts de mobilisation sociale contre Ebola sont déployés de plus en plus souvent pour la prévention d'autres maladies et la promotion de la santé en général.

À Lonfaye Town, quelque dizaines de résidents se sont rassemblés sur le sol poussiéreux, à l'ombre d'un grand arbre, pour écouter des agents de mobilisation sociale annoncer une campagne de vaccination contre la rougeole et la polio qui durera une semaine.

Emmanuel Estupa, 30, ne mâche pas ses mots pour expliquer l'importance de la vaccination des enfants.

« Qui veut voir des boutons partout sur le corps de ses enfants ?, demande-t-il. Qui veut voir ses enfants mourir? Qui veut que ses enfants deviennent invalides ? »

 Estupa répond lui-même à ses questions rhétoriques : « Nous voulons tous que nos enfants soient en bonne santé. »


 

 

Photographie : La vie reprend après Ebola

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