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Haïti

Petit à petit Haïti se libère du choléra

Par Cornelia Walther

Le 9 octobre, au cours des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale, la Banque mondiale accueille la réunion Haïti : eau propre, installations sanitaires améliorées, santé meilleure, en collaboration avec le Gouvernement d'Haïti, les Nations Unies et les partenaires de développement. Cet événement rassemble la communauté internationale pour lutter contre les maladies d'origine hydrique comme le choléra qui sévissent  en Haïti et investir dans l’eau, l'assainissement et la santé dans les zones du pays les plus vulnérables aux maladies d'origine hydrique et celles qui ont donc le plus besoin d'amélioration dans les secteurs de l'eau et de l'assainissement.

Des mesures d'intervention efficaces ont permis une réduction importante du nombre de cas de choléra en Haïti entre 2011 et 2013. L'UNICEF continue de soutenir les efforts de prévention et de traitement menés par le gouvernement avec pour objectif d’éliminer la maladie d'ici à une décennie.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti/2014/Walther
Stéphanie et sa mère au centre de traitement du choléra à Petite Rivière de l'Artibonite.

Artibonite, Haïti, le 7 octobre 2014 - Stephanie a la diarrhée depuis trois jours. Sa mère Asseline Jean-Louis a amené sa petite fille de 22 mois au centre de santé de Petite-Rivière de l’Artibonite. Cela a été une longue marche dans la poussière par 35 degrés à l’ombre depuis leur domicile, dans la commune de Dessalines.

« J'avais six enfants, dit Mme Jean-Louis. Mais un de mes fils est mort en 2010, il avait la diarrhée et vomissait. Nous ne savions pas ce qui l’avait rendu malade. »

Un diagnostic rapide, un traitement rapide

Quand Asseline et sa petite sont arrivées au centre de santé, un test de diagnostic rapide a confirmé que le choléra était la cause de la diarrhée aqueuse aiguë de Stéphanie. La petite fille a été immédiatement placée dans le centre de traitement du choléra sis au centre de santé. On a procédé à un traitement intraveineux et elle a reçu une solution de réhydratation orale.

Stephanie n'aime pas vraiment le goût de la solution. Mais elle l’avale vers le bas, sentant bien quelque part qu'il l’aide à sentir mieux. 

« Je suis heureuse que ma petite aille mieux, dit Mme Jean-Louis. Hier, elle était tellement faible qu’elle ne pouvait pas s’asseoir. »

Au milieu de la flambée, une raison d'être optimiste

Depuis le début de l'épidémie de choléra en octobre 2010, on a recensé  706 089 cas présumés de choléra en Haïti, et quelque 8 592 décès liés au choléra signalés, au 30 août 2014. À l'heure actuelle, on enregistre 250 nouveaux cas chaque semaine - toutes les heures une personne tombe malade.

Les départements du Centre, du Nord et de l'Artibonite continuent d’afficher les taux les plus élevés de choléra. Ils représentent 68 pour cent de tous les cas présumés de choléra recensés à ce jour en 2014.

Il existe toutefois des raisons d'être optimiste. Des efforts nationaux et internationaux menés de concert ont abouti à une réduction constante du nombre de personnes touchées par le choléra, et qui en meurent, au cours des trois dernières années. Le nombre de cas présumés de choléra a diminué, passant de 352 033 en 2011 à 101 722 cas en 2012 et à 56 174 cas en 2013.

De janvier à août 2014, on a constaté une réduction de 76 cent du nombre de cas présumés par rapport à la même période en 2013.

La détection précoce, le traitement précoce - et de l'eau propre

Lorsqu'il est détecté et traité rapidement, le choléra n'est pas une condamnation à mort. Le traitement rapide, simple et efficace que Stéphanie a subi l’a remise sur pied assez rapidement.

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© UNICEF Haiti/2014/Walthe
Une travailleuse de proximité d'Action contre la Faim explique comment utiliser des pastilles pour purifier l’eau aux résidents de la Petite Rivière de l'Artibonite.

Outre un accès rapide à un traitement, une bonne hygiène et de l'eau salubre jouent un rôle essentiel contre la maladie.

Bien que l’on disposât d’assez d'eau en Haïti, on estime qu'un peu plus d’une personne sur trois personnes (la moitié des Haïtiens des régions rurales) n'a pas accès à l'eau potable. De plus, on estime que près de deux personnes sur cinq vivant dans les zones rurales défèquent à l’air libre.

Face à l'épidémie, en 2013, le Gouvernement haïtien a lancé un plan de 10 ans pour l'élimination du choléra. Le plan comprend des interventions de lutte contre la maladie et, à plus long terme, pour son élimination, en renforçant les infrastructures d’eau d'assainissement dans les zones rurales.

En juillet 2014, le Premier ministre d’Haïti a lancé une campagne nationale d'assainissement de cinq ans, en compagnie du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, visant à aider les communautés des zones à haut risque à construire des latrines simples et efficaces.

Unis pour éliminer le choléra

Dès le début, l'UNICEF a travaillé main dans la main avec le Gouvernement et les communautés pour réaliser le droit de chaque enfant haïtien à la santé. L'objectif est de répondre à tous les cas présumés de choléra dans les 48 heures grâce à des équipes mobiles à même de fournir un kit d’hygiène d'urgence, de mener des campagnes de sensibilisation et des visites de décontamination des foyers. L'organisation apporte un soutien technique et financier au Ministère de la santé publique et de la population (MSPP). Six ONG partenaires sont déployées dans les départements du pays pour soutenir le MSPP et l'UNICEF facilite la coordination et le suivi constant dans ces domaines d’importance.

En outre, l'UNICEF a aidé le Gouvernement haïtien à vacciner plus de 100 000 personnes en 2013 et environ 184 500 personnes en 2014. Un comité technique national, dirigé par le MSPP et soutenu par l'UNICEF, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) / Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et les Centres des Etats-Unis de contrôle des maladies (CDC), a été créé à la fin mai 2014 pour concevoir et coordonner la campagne. La campagne a ciblé les zones de choléra à haut risque pour tenter de perturber la chaîne de transmission au cours de la prochaine saison sèche, ce qui aidera à réduire le nombre de cas, en particulier pendant la saison humide, une période d’importance critique.


 

 

Photographie : Deux ans plus tard

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