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République démocratique du Congo

En République démocratique du Congo, une famille effectue les démarches nécessaires pour obtenir un certificat de naissance

© UNICEF DRC
Enregistrements de naissances à Kinshasa

 

Mehdi Meddeb

Les enregistrements de naissances sont en augmentation dans la capitale de Kinshasa grâce à une nouvelle loi et au dévouement d’un employé du service de l’état civil. 

KINSHASA, République démocratique du Congo, novembre 2015 – Lubo Lubamba, qu’on appelle « Papa Bobo », consigne de sa fine écriture les dernières naissances de la semaine. Ses lunettes perchées sur le bout du nez, il remplit l’épais registre dans le bureau du service de l’état civil à Mont-Ngafula, à la périphérie de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.

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Lubo Lubamba fills in the copybook in the civil registry office in Mont-Ngafula, on the outskirts of Kinshasa, capital of the Democratic Republic of Congo.

Pour cette seule semaine, vingt naissances ont été enregistrées, un chiffre élevé dans un pays où l’inscription des enfants à l’état civil reste peu répandue. Mais cet employé du service de l’état civil est d’un genre plutôt spécial : il travaille d’une façon dynamique, allant d’un service de maternité à l’autre pour mieux sensibiliser les nouveaux parents aux droits de leurs enfants et à l’importance de l’enregistrement des naissances.

Au cours des trois dernières années, Papa Bobo a eu à s’occuper de trois services de maternité, un rôle qui lui est cher.

« Il est très important de rapprocher les gens de l’État  dit-il. En tant qu’intermédiaire pour les familles dans les services de maternité, je peux mieux les sensibiliser à ce qu’est l’enregistrement des naissances, à la possibilité de le faire par procuration pour accélérer le processus. » 

Processus simplifié

« Procuration »  est le véritable mot magique. Introduite dans le pays il y a seulement quelques années, cette formalité administrative a simplifié le processus d’enregistrement des naissances pour les nombreuses familles qui vivent loin du bureau du service de l’état civil.

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Mr. Lubamba explains the birth registration process to the father of a newborn child.

Ce jour-là, au début de la saison des pluies, Papa Bobo rencontre un couple de nouveaux parents accompagnés de leur bébé portant une coiffe en laine. Sa procuration sous le bras,  le fonctionnaire congolais leur explique la marche à suivre. « Vous n’avez pas besoin d’aller en personne au bureau, dit-il. Avec cette procuration que vous signez, j’irai au bureau qui se trouve à cent mètres d’ici, je la ferai viser par le responsable et quand je reviendrai, je vous donnerai un certificat de naissance. »

Il explique que ce document important jouera un rôle crucial tout au long de la vie de leur enfant. « Il faut prendre soin de ce bout de papier pendant toute votre vie car l’école peut vous le demander lorsque vous y inscrirez votre enfant, fait-il valoir.  Vous en aurez également besoin pour les questions de succession. »

« Il existe vraiment un important travail de collaboration entre les maternités et le service de l’état civil », constate  Vanessa Wirth,  responsable à l’UNICEF de la protection de l’enfance pour la province de Kinshasa. « Et le système des procurations a fait progresser l’enregistrement des nouveau-nés pendant la période de quatre-vingt-dix jours, quand l’enregistrement est gratuit. »

Progrès

Cela a été une des évolutions majeures dans la province de Kinshasa. Un employé fait tout le travail et amène le document final à la famille qui n’a pas besoin de se déplacer ou d’interrompre une journée de travail.

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The newborn and its mother at home. Mr. Lubamba has returned with a birth certificate for the child in just a couple hours.

Grâce à cette procédure, la province de Kinshasa est à la tête du pays avec 39 % des naissances enregistrées, selon la dernière enquête démographique et sanitaire publiée en 2014. C’est un bon résultat mais beaucoup de travail reste à faire.

« Pour faire encore plus de progrès, nous avons besoin de plus de bureaux pour le service de l’état civil, ajoute Vanessa Wirth. Il y en a seulement cinquante pour une population de dix millions de personnes, ce qui est bien insuffisant. »

Arlette, son mari et leur bébé avec la coiffe de laine ont vraiment de la chance. Deux heures après l’enregistrement, ils ont reçu le certificat de naissance. .

Dans cette mégapole, trop peu de parents ont fait cette démarche. Et au bout des trois premiers mois, l’enregistrement devient compliqué et très cher, la procédure décourageant alors de nombreux parents.

« Au bout de quatre-vingt-dix jours, une décision judiciaire est nécessaire. Cela coûte entre 50 et 100 dollars et ensuite les amendes peuvent s’élever jusqu’à 1 000 dollars, explique Vanessa Wirth. Nous menons un important travail de lobbying pour que ces coûts soient diminués car ce prix exorbitant empêche beaucoup de parents d’effectuer cette démarche. »  


 

 

UNICEF Photographie : Enregistrement des naissances

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