Nous construisons un nouveau UNICEF.org et sommes en période de transition.
Merci pour votre patience – N’hésitez pas à nous rendre visite pour voir les changements mis en place.

Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire redouble d'efforts pour prévenir le paludisme

Comme beaucoup d’Ivoiriens, la famille Brou connaît bien le paludisme – Sabine et son fils Israël ont tous les deux souffert de cette maladie. Alors que le virus Ebola se propage dans les pays voisins de la Côte d’Ivoire, la prévention et le traitement du paludisme sont une importante priorité pour les autorités sanitaires.

 

Par Edward Bally

Alors qu’ Ebola fait de nombreuses victimes en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, la Côte d’Ivoire accélère ses efforts de prévention du paludisme pour protéger ses citoyens contre cette maladie mortelle et endémique qui se manifeste en rappelant parfois les premiers symptômes du virus Ebola– le paludisme

YAMOUSSOUKRO, Côte d’Ivoire, 7 janvier 2015 –La famille Brou connaît bien le paludisme. Il y a deux ans, Sabine Brou a contracté cette maladie.

« Je travaillais dans les champs avec mon mari, et quand je suis revenue à la maison, j’ai commencé à me sentir très fatiguée, se rappelle-t-elle. Aussitôt que je me suis allongée, je me suis sentie si faible que je ne pouvais pas me relever. J’avais une forte fièvre ; je vomissais sans arrêt. J’ai eu très peur de mourir. »

Image de l'UNICEF
© La Côte d’Ivoire élargit ses efforts de prévention du paludisme en distribuant 13 millions de moustiquaires aux familles du pays.

L’année dernière, c’est Israël, le fils de madame Brou âgé d’un an, qui est tombé malade. Madame Brou et son mari Augustin ont amené Israël chez le médecin qui a diagnostiqué le paludisme chez le bébé. Il a donné des médicaments à la famille et leur a fait une recommandation importante.

« Il nous a conseillé de dormir sous une moustiquaire, » explique Madame Brou.

Une maladie endémique et mortelle

La famille Brou vit dans le village d’Oufoué Diekro, dans le département de Yamoussoukro en Côte d’ Ivoire. Le paludisme est endémique en Côte d’Ivoire.

Les symptômes éprouvés par Madame Brou et Israël sont communs à tous les gens qui souffrent de cette maladie. Non traité, le paludisme peut entraîner de graves complications, et même la mort. Chaque année à travers le monde, plus de 460 000 enfants de moins de cinq ans meurent du paludisme.

Le parasite qui cause le paludisme est transmis par les moustiques, des insectes qui sont particulièrement actifs entre le coucher et le lever du soleil. Dormir sous des moustiquaires qui sont traitées à l’insecticide réduit considérablement l’infection par le paludisme. Les moustiquaires traitées à l’insecticide et conçues pour un long usage sont d’une utilisation facile et restent efficaces pendant trois ans. Elles représentent la première ligne de défense contre le paludisme.

Avant qu’Israël ne contracte la maladie, la famille Brou ne dormait pas sous des moustiquaires. Madame Brou dit qu’ils ne pouvaient pas se permettre d’en acheter. Ils dormaient en conséquence sous la menace des piqûres de moustique.

Redoubler d’efforts contre le paludisme

Alors que le virus Ebola se propage dans les pays voisins de la Côte d’Ivoire, les autorités sanitaires ont donné la priorité à la prévention et au traitement du paludisme. Une campagne nationale pour distribuer 13 millions de moustiquaires de façon à protéger toutes les familles du pays contre le paludisme a été lancée en décembre.

« Il y a une véritable urgence à procéder à cette distribution massive, car la menace du virus Ebola est à nos frontières, et, au début, les symptômes du virus Ebola sont similaires à ceux du paludisme, » explique la Ministre de la santé, le Dr Raymonde Goudou-Coffie. Dans les faits, les symptômes du paludisme – fièvre, maux de tête, douleurs articulaires – sont si similaires à ceux des premières phases de l’infection par le virus Ebola qu’il peut y avoir erreur de diagnostic. Réduire le nombre de personnes qui souffrent d’une forte fièvre est essentiel pour traiter correctement le paludisme, et en dernière instance pour combattre le virus Ebola.

Adèle Khudr, Représentante de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, parle de l’importance de la lutte contre le paludisme, tout en continuant à prévenir l’arrivée du virus Ebola en Côte d’Ivoire. « En dépit de la menace du virus Ebola en Côte d’Ivoire, il est important de continuer à mener des activités de santé publique à grande échelle pour pouvoir protéger les enfants qui sont particulièrement vulnérables au paludisme. »

Cette campagne, qui est organisée par le Ministère de la santé, l’UNICEF, l’OMS et l’ONG CARE, couvrira toute la Côte d’Ivoire. Elle a pour objectif de fournir une moustiquaire pour deux personnes dans tout le pays. L’achat de 13 millions de moustiquaires a été rendu possible par une subvention de 55 millions de dollars É-U. du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.

« La distribution de moustiquaires est un des moyens les plus efficaces de réduire la mortalité infantile. Il importe également d’informer les gens sur la manière d’utiliser correctement ces moustiquaires afin de sauver des vies, » explique Mme Khudr.

Des milliers de bénévoles ont été recrutés à travers le pays pour aider cette distribution et enseigner à la population la manière d’utiliser ces moustiquaires.

Une famille sous protection

La famille Brou n’a pas eu à se rendre très loin pour recevoir ses moustiquaires. Une distribution a été organisée à Oufoué Diekro.

« On nous a donné deux moustiquaires gratuitement, dit Mme Brou, certaines familles en ont reçu deux ou trois, certaines même plus, car elles ont de nombreux enfants. »

Maintenant que Mme Brou et les siens ont reçu leurs moustiquaires flambant neuves, toute la famille est protégée contre le paludisme.

« L’argent que nous dépensions avant pour l’hôpital, nous le gardons maintenant pour nous et pour acheter à manger, pour améliorer notre vie et celle de nos enfants, » dit-elle.

« Je suis très heureuse qu’aujourd’hui, mon mari, mon enfant et moi nous nous sentions en sécurité quand nous dormons la nuit. »


 

 

Photographie : la santé

Recherche