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Burundi

Un accès équitable à l’énergie pour les enfants vulnérables du Burundi

Par Eliane Luthi

Une petite lampe rechargeable apporte de grands changements dans les régions rurales du Burundi où peu de familles ont accès à l’électricité

BURURI, Burundi, 11 novembre 2015 – Muzima est un minuscule village perché au sommet d’une des mille collines du Burundi dans un paysage parsemé de plants de caféiers ; ses quelques maisons se groupent à 12 km de la ville la plus proche.

 

Image de l'UNICEF: Diane (à droite) une élève de troisième et son frère Dieudonné, 17 ans, étudient à la lumière de leur lampe rechargeable, qui remplace les lampes au kérosène qu’ils utilisaient habituellement chaque soir
© UNICEF Burundi/2015/Nijimbere
Diane (à droite) une élève de troisième et son frère Dieudonné, 17 ans, étudient à la lumière de leur lampe rechargeable, qui remplace les lampes au kérosène qu’ils utilisaient habituellement chaque soir

C’est un pays de collines aux versants raides avec une forte érosion où les agriculteurs s’aventurent sur les pentes escarpées pour planter des bananiers et d’autres cultures vivrières, et où les eucalyptus parfument l’air. Les journées des communautés locales y sont réglées par la lumière du soleil. L’accès au réseau de distribution d’électricité est limité aux habitants qui ont le privilège de vivre près de la grande route. Ceux dont les maisons sont enfouies dans des coins éloignés de la province de Bururi peuvent avoir à marcher jusqu’à 15 km pour faire recharger un téléphone cellulaire – un exercice coûteux qui prend un temps considérable.

La pauvreté énergétique se manifeste ici dans tous les aspects de la vie. Les enfants étudient le soir à la lumière de lampes à kérosène, les mères accouchent dans le noir à la lumière d’une bougie, et les femmes craignent de sortir de leur maison après la tombée de la nuit par peur qu’un voleur se dissimule dans un champ voisin.

Mais pour Diane, élève de troisième à Muzima, un nouveau projet vient de rendre les devoirs du soir beaucoup plus faciles à faire et les efforts nécessaires pour déchiffrer ses notes de classes une chose du passé qui semble un souvenir déjà lointain.

Depuis avril 2015, Diane et ses jeunes frères et sœurs possèdent une lampe à a diodes électroluminescente (LED) rechargeable et à grande autonomie qu’ils ont obtenue dans le cadre de la stratégie de l’UNICEF visant à introduire des sources d’énergie renouvelables à prix abordables et sans danger dans les ménages les plus vulnérables.

« Avant, j’utilisais une lampe à kérosène pour étudier, explique Diane. Elle faisait beaucoup de fumée – vous pouvez voir les traces de fumée au plafond. La fumée m’entrait dans le nez et ça finissait par me faire tousser, quelquefois, la flamme s’éteignait et j’avais beaucoup de mal à trouver une nouvelle allumette dans l’obscurité pour rallumer la lampe. J’ai utilisé cette lampe à kérosène toute ma vie, depuis que j’ai commencé l’école primaire. »

 

Image de l'UNICEF: Un générateur à pédales permet de charger jusqu’à cinq lampes en à peu près 20 minutes
© UNICEF Burundi/2015/Nijimbere
Un générateur à pédales permet de charger jusqu’à cinq lampes en à peu près 20 minutes

Les machines et les lampes sont distribuées par l’intermédiaire des caisses d’épargne villageoises et avec l’aide d’une organisation partenaire de l’UNICEF, FVS Amade. De cette manière, il ne sort pas d’argent du village, ce qui assure la viabilité du projet.

Depuis que Diane et son frère de 17 ans, Dieudonné, ont leur nouvelle lampe, ils étudient ensemble en soirée et le matin, en suspendant une lampe au plafond, ou en portant leur lampe au front grâce au serre-tête qui y est attaché. Les sujets favoris de Diane sont les mathématiques et le français, et elle passe de longues heures à étudier.

« Quand j’ai eu la nouvelle lampe, sa lumière était bien meilleure, se rappelle-t-elle. Je n’avais plus mal aux yeux et je me sentais bien mieux. J’étudie très tard, et quand je me réveille à quatre heures du matin pour continuer à étudier, c’est facile de retrouver la lampe et de la rallumer. C’est aussi facile de sortir la nuit et de voir s’il se passe quelque chose dehors. »

Une énergie favorable pour l’environnement

Ces lampes rechargeables n’offrent pas seulement des avantages à des enfants comme Diane et Dieudonné – elles sont aussi bonnes pour l’environnement. On a estimé en 2013 que si la déforestation continuait au rythme actuel, il ne resterait plus de forêts au Burundi en 2039. Une grande partie de cette déforestation est due à l’utilisation massive de bois à brûler pour cuisiner et même pour l’éclairage.

« Avant, on utilisait tous les genres de bois, y compris pris sur de jeunes arbres, se rappelle Juliette Manirambona, 35 ans, une agricultrice mère de sept enfants. « Cela mène à la destruction des arbres, qui entraîne la sécheresse, ce qui a des effets sur nos cultures. »

Image de l'UNICEF: Juliette Manirambona, une agricultrice de 35 ans, mère de sept enfants, tient une nouvelle lampe à la main. Elle raconte que sa famille utilisait toute sorte de morceaux de bois pour faire du feu. « Cela mène à la destruction des arbres, qui entraîne la s
© UNICEF Burundi/2015/Nijimbere
Juliette Manirambona, une agricultrice de 35 ans, mère de sept enfants, tient une nouvelle lampe à la main. Elle raconte que sa famille utilisait toute sorte de morceaux de bois pour faire du feu. « Cela mène à la destruction des arbres, qui entraîne la sécheresse, ce qui a des effets sur nos cultures. »

Dans un pays qui dépend fortement de ses cultures vivrières, ce type de pratique favorable à l’environnement prend de plus en plus d’importance pour assurer survie et développement.

De nouvelles perspectives

Projet Lumière est un modèle de micro-entreprise qui apporte une importante source d’activités génératrices de revenus à un pays où plus de 75 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté tel qu’il est défini au niveau international.

« Grâce aux revenus obtenus par la recharge des lampes, les membres de la communauté peuvent agrandir leur micro-entreprise et réinvestir l’argent ailleurs, » explique Pedro Guerra, le Spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF/Burundi. « Ce projet ne fournit donc pas seulement une énergie sans danger et bon marché à des communautés rurales isolées, il offre également de précieuses possibilités de générer des revenus au bénéfice des plus vulnérables – et en fin de compte de soulager la pauvreté. »

Marie Goretti Nininahazwe, 42 ans, en est un parfait exemple.

« Avec la lampe, je peux faire du jus de banane la nuit, pas seulement pendant la journée comme je le faisais avant. Ma production a donc augmenté et j’en vends plus, dit-elle. Avec ces revenus supplémentaires, je peux maintenant aussi acheter des haricots et les revendre. Avec les bénéfices faits en rechargeant les lampes, nous pouvons acheter des cahiers pour les orphelins de notre communauté. »

Et avec ces lampes, naissent de nouveaux rêves.

« Je voudrais devenir docteur, dit timidement Diane. Un docteur de Bujumbura m’a soigné une fois quand j’avais mal aux yeux, des maux de tête et des douleurs dans le cou. C’est cette visite qui m’a fait penser à vouloir devenir un docteur – pour que je puisse moi aussi aider les autres. »


 

 

UNICEF Photographie : Éduquer les filles

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