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En bref: République arabe syrienne

Des écoles aménagées dans des caves offrent la sécurité et une continuité vitale aux enfants syriens dans les zones assiégées

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© UNICEF Syrian Arab Republic/2016/Alshami
Un enfant se tient près des escaliers d’une école aménagée dans une cave. En République arabe syrienne, de plus en plus de caves transformées en écoles offrent aux enfants qui vivent dans des zones assiégées un espace dans lequel ils sont en sécurité pour apprendre.
 

Par UNICEF République arabe syrienne

Les enfants syriens qui vivent dans des zones assiégées risquent leur vie simplement en allant à l’école. De plus en plus de caves transformées en écoles offrent aux enfants un espace dans lequel ils sont en sécurité pour apprendre.

GHOUTA ORIENTALE, République arabe syrienne, le 13 mars 2017 – Pour certains, la perspective de passer du temps sous terre dans une cave sombre et confinée peut paraître sinistre. Mais pour les enfants vivant dans des zones assiégées en République arabe syrienne, les caves offrent un abri contre le froid, un endroit pour dormir et un refuge sûr pour échapper à la violence. Dans ces zones, des caves ont également été transformées en « écoles souterraines ».

En Ghouta orientale, 200 enfants qui avaient abandonné l’école par peur des attaques, d’être déplacés ou blessés fréquentent désormais une école souterraine.

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Maya, 7 ans et en CP, fréquente une école aménagée dans une cave. Cette école offre un espace d’apprentissage sûr à près de 200 enfants dans une zone assiégée en République arabe syrienne.
 

« Dans notre situation, les écoles aménagées dans des caves sont plus pratiques et efficaces que les écoles classiques, souvent fermées à cause des violences », explique Lama*, l’un des professeurs. « Il est très rare que nous ne puissions pas ouvrir. »

Les enseignants font tout pour donner aux enfants un cadre scolaire aussi normal que possible.

Les enfants travaillent ensemble assis à leur bureau et des dessins colorés ornent les murs. Les caves transformées en écoles garantissent un environnement d’apprentissage plus sûr aux enfants qui vivent dans des zones assiégées. Elles offrent aussi une continuité vitale à des enfants dont la vie a été profondément bouleversée par le conflit.

« Nous avons un cours de travaux manuels tous les jours. Je dessine des fleurs et je les colorie avec mes amis et c’est mon cours préféré car j’adore dessiner », raconte Batoul, 10 ans, qui fréquente l’école souterraine de la Ghouta orientale.

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Mazen, 8 ans, a quitté l’école après avoir assisté à la mort de son frère, tué par un obus alors qu’il rentrait de l’école. « J’avais trop peur de retourner à l’école et j’ai complètement arrêté d’y aller. » Mazen a décidé de reprendre le chemin de l’école quand il a su que celle-ci se trouvait dans une cave.
 

Malgré les défis quotidiens auxquels sont confrontés les enfants syriens pour aller à l’école, ils sont viscéralement déterminés à apprendre et à poursuivre leur éducation.  Mona, 8 ans, est née avec un handicap et ne peut pas marcher. Tous les jours, son père l’accompagne à l’école souterraine. « J’aime l’école et j’aime venir ici tous les jours pour voir mes amis, et puis j’aime beaucoup mon professeur », apprécie Mona.

Pour de nombreux enfants en Syrie, aller à l’école est synonyme de danger. Mazen* a 8 ans. Il a quitté l’école après avoir assisté à la mort de son frère, tué par un obus alors qu’il rentrait de l’école. « Nous étions à l’école l’année dernière quand il y a eu des tirs. Mon frère est mort alors qu’il était juste à côté de moi. J’avais trop peur de retourner à l’école et j’ai complètement arrêté d’y aller. »

Mazen a décidé de reprendre le chemin de l’école quand il a su que celle-ci se trouvait dans une cave : « J’ai eu moins peur et j’ai commencé à venir régulièrement avec mes amis car je veux devenir ingénieur quand je serai grand pour pouvoir reconstruire notre pays », explique-t-il.

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Batoul, 10 ans, dessine sur un papier avec ses camarades de classe. « Nous avons un cours de travaux manuels tous les jours. Je dessine des fleurs et je les colorie avec mes amis et c’est mon cours préféré car j’adore dessiner »
 

L’histoire de Mazen est tristement banale. Après six ans de conflit en Syrie, le nombre d’enfants déscolarisés est estimé à 1,75 million. Les enfants sont obligés d’abandonner l’école en raison des déplacements, de la pauvreté et de la peur constante des attaques. En 2016, les Nations Unies ont recensé plus de 308 attaques contre des établissements scolaires et des membres du personnel enseignant en République arabe syrienne, qui ont tué au moins 69 enfants et en ont blessé beaucoup d’autres.

L’éducation ne peut pas attendre la fin du conflit. L’UNICEF a adapté sa réponse aux besoins croissants en éducation dans toute la Syrie. Rien qu’en 2016, l’UNICEF a fourni des manuels scolaires, des cartables et des fournitures scolaires à plus de 3 millions d’enfants. L’UNICEF a également soutenu l’élaboration d’un programme scolaire de base condensé appelé « Curriculum B » afin de permettre l’apprentissage accéléré pour des enfants ayant raté l’école en raison de déplacements répétés.

De retour dans la cave transformée en école, l’air est rempli des bruits ordinaires d’enfants qui assistent à des cours dans des circonstances extraordinaires. « Ça n’est peut-être pas le meilleur environnement pour apprendre », reconnaît Lama, « mais c’est l’une des solutions les plus sûres pour permettre aux enfants de continuer à s’instruire. »


 

* noms modifiés pour préserver l’anonymat des personnes


 

 

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