Les conséquences de la bataille Hodeïda pour les enfants du Yémen : huit choses à savoir

La survie de millions d'enfants et de familles Yemen dépend des produits humanitaires et commerciaux qui transitent chaque jour par ce port.

A girl lies in hospital in Hodeidah, Yemen
UNICEF/UN0216979/Ayyashi

25 juin 2018

Le Yémen constitue la plus grave crise humanitaire dans le monde. 

Plus de 22 millions de Yéménites, c’est-à-dire les trois quarts de la population, ont besoin d’une aide et d’une protection humanitaires. Plus de 11 millions d’entre eux sont des enfants. À cause du conflit, le Yémen est devenu un véritable enfer pour les enfants.

L’attaque contre la ville portuaire d’Hodeïda, située sur la mer Rouge, met en péril la vie des centaines de milliers d’enfants qui y vivent. La survie de millions d’autres dans le pays dépend des produits humanitaires et commerciaux qui transitent chaque jour par ce port.

À Hodeïda, depuis le 1er juin, plus de 5 000 familles auraient fui leur domicile pour échapper aux affrontements violents, ainsi qu’aux bombardements et aux frappes aériennes aveugles. Les civils fuyant le danger sont confrontés aux mines terrestres, aux combats et à l’insécurité. Parmi les victimes, on compte des femmes et des enfants.

La photo ci-dessus montre une fillette blessée prise en charge à l’hôpital d’Hodeïda le 9 juin 2018. Elle a été blessée, avec ses frères et son oncle, alors que la famille tentait de fuir les combats dans un quartier de la ville.

Avant même le début des affrontements, la situation de la ville était parmi les plus déplorables du pays. En effet, 25 % des enfants d’Hodeïda souffrent de malnutrition aiguë. La cité portuaire a été l’un des épicentres de l’épidémie de choléra qui a sévi l’an dernier, l’une des plus graves de l’histoire contemporaine.

L’UNICEF est présent sur le terrain pour fournir des services vitaux aux enfants et aux familles de la ville, et a bien l’intention de poursuivre son action. Nous appelons tous les belligérants, partout au Yémen, et toutes les personnes ou organisations ayant de l’influence sur ceux-ci, à protéger les enfants et les infrastructures civiles élémentaires. Conformément au droit international humanitaire, toutes les parties au conflit doivent immédiatement mettre fin aux attaques contre les civils et les infrastructures civiles, et stopper toutes les activités militaires menées à proximité ou à partir de ces bâtiments, notamment les écoles, les hôpitaux et les installations servant à la distribution d’eau.
 

Le 9 juin 2018, au Yémen, une fillette remplit des jerricanes d’eau salubre, sur un point d’eau soutenu par l’UNICEF, en banlieue d’Hodeïda.
UNICEF/UN0216977/Ayyashi
Le 9 juin 2018, au Yémen, une fillette remplit des jerricanes d’eau salubre, sur un point d’eau soutenu par l’UNICEF, en banlieue d’Hodeïda.

En bref

  1. La ville d’Hodeïda et ses alentours sont l’une des zones les plus densément peuplées du Yémen. Hodeïda compte environ 600 000 habitants, dont 300 000 enfants, pris dans les combats.
     
  2. Les Nations Unies estiment que 250 000 personnes – dont plus de 100 000 enfants – pourraient tout perdre, y compris leur vie, si la situation se détériore.
     
  3. Hodeïda constitue le point d’entrée le plus important pour la nourriture et les produits de base au Yémen. Près de 70 % des importations du pays, y compris les produits humanitaires et commerciaux, transitent par Hodeïda et Saleef, au nord. Les conséquences humanitaires de la suspension des activités portuaires seraient catastrophiques pour les enfants.
     
  4. Plus de 11 millions d’enfants ont déjà besoin d’une aide humanitaire.
     
  5. Plus de la moitié des établissements de santé du Yémen ne sont pas opérationnels en raison de l’insuffisance des budgets de fonctionnement et du manque de personnel. Le personnel de santé n’a pas été payé depuis plus d’un an.
     
  6. On estime qu’en 2018, 1,8 million d’enfants souffraient de malnutrition aiguë. Parmi eux, 400 000 étaient atteints de malnutrition aiguë sévère et luttaient pour leur survie.
     
  7. L’effondrement des systèmes de distribution d’eau et d’assainissement a privé 8,6 millions d’enfants d’un accès régulier à de l’eau salubre et à l’assainissement, augmentant ainsi le risque de propagation des maladies.
     
  8. Près de 2 millions d’enfants ne vont pas à l’école. L’éducation de 4,5 millions d’autres est en péril, car les enseignants n’ont pas été payés depuis plus d’un an.
     
Une fillette de 6 ans montre son carnet de vaccination
UNICEF/UN0209184/Bafaqeh
Le 9 mai 2018, à Aden (Yémen), une fillette de 6 ans montre son carnet de vaccination. La toute première campagne de vaccination contre le choléra menée au Yémen a été lancée en mai 2018 dans les principales zones à haut risque. L’objectif de cette campagne est d’éviter le retour de la plus importante épidémie de choléra au monde.

Sauver des vies au Yémen

L’UNICEF est présent sur le terrain, dans l’ensemble du Yémen, pour fournir des produits et des services vitaux aux enfants. En 2017, au Yémen, l’UNICEF et ses partenaires 

  • ont permis à près de 10 millions de personnes d’accéder à de l’eau salubre ;
  • ont distribué plus de 960 millions de comprimés de purification d’eau au Yémen pour lutter contre l’épidémie de choléra la plus importante jamais recensée ;
  • ont traité près de 227 000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère (MAS) ;
  • ont permis à près de 1,7 million de personnes d’être sensibilisées aux dangers des mines ;
  • ont transféré, en partenariat avec la Banque mondiale, des fonds à plus de 1,3 million de foyers parmi les plus vulnérables ;
  • ont permis à plus de 370 000 enfants de bénéficier d’une éducation formelle ou non formelle.

 

Pour en savoir plus