Un nouveau départ

Le pouvoir illimité de la résilience d’une enfant.

Par Codi Trigger et Olga Siokou-Siova
Reimagine like a gamer: Nora closeup picture
UNICEF/UNI357884
10 septembre 2020

Nora, 8 ans, fredonne toute seule, les yeux pleins de malice.

Cela fait un peu plus d’un an que la petite fille est arrivée en Grèce.

Ses parents ont décidé de quitter la Somalie afin de fuir la pauvreté et la violence. Leur arrivée dans ce nouveau pays n’a toutefois pas été facile. « Quand nous sommes arrivés, ma famille et moi sommes restés dans un endroit très effrayant et dangereux appelé Moria », se souvient Nora. Moria est le plus grand centre d’accueil de réfugiés d’Europe. Ce camp situé sur l’île de Lesbos, au large de la Grèce continentale, est célèbre pour ses conditions d’accueil désastreuses.

Aujourd’hui, Nora vit dans le camp d’Eleonas, un camp de réfugiés situé à l’intérieur d’Athènes, avec sa mère, ses frères et ses sœurs. Elle a encore un frère et une sœur en Somalie.

La Grèce compte actuellement plus de 45 000 enfants réfugiés et migrants, un nombre qui a considérablement augmenté au cours des dernières années, en raison des conflits et des troubles violents qui agitent le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord depuis plusieurs décennies.

Parmi ces enfants, 70 % vivent dans des conditions éprouvantes dans des centres d’hébergement ouverts, tels que le site d’Eleonas, dans des centres d’accueil et d’identification situés sur les îles grecques, tels que le camp de Moria, ou, pour les plus mal lotis, dans des campements sauvages installés à travers le pays.

 

S’intégrer à l’intérieur et en dehors du camp

Nul ne pourrait imaginer que Nora a entrepris un périple aussi éprouvant.

La petite fille aime chanter et danser et raffole de la couleur rose : « Ce que j’aime le plus au monde, c’est le rose, j’adore porter et peindre cette couleur », nous confie-t-elle en souriant. « J’espère que je pourrai avoir ma propre chambre, un jour. » Et il y a fort à parier qu’elle voudra la peindre en rose !

Le meilleur moment de la journée : l’école de l’UNICEF

Les enfants comme Nora qui vivent dans des centres d’hébergement ouverts ne vont généralement pas à l’école publique, parce que les inscriptions et le transport constituent souvent un problème et que les familles et les communautés, qui voient la Grèce comme un lieu de transit et non comme un pays dans lequel s’installer, ne déploient pas les efforts nécessaires. 

L’UNICEF, en collaboration avec des ONG partenaires locales, organise des activités éducatives et récréatives informelles dans plus de 14 centres d’hébergement ouverts à travers le pays. Ces initiatives offrent un sentiment de normalité aux enfants comme Nora et les aident à développer des compétences linguistiques qui leur permettront de s’intégrer plus facilement à l’école et au sein de la société.

« Le moment de la journée que je préfère ici, c’est l’école ! », indique Nora. « Pour le moment, je ne pense pas avoir développé de compétences, mais je suis volontaire et passionnée et je sais que je peux y arriver si je fais suffisamment d’efforts. »

La petite fille n’hésite pas à participer en classe et aide parfois ses camarades à répondre à des questions difficiles.

Bien qu’elle pense n’avoir développé aucune aptitude, Nora a une idée très claire du type de compétences qu’elle souhaite acquérir. « Plus tard, j’aimerais étudier pour devenir médecin. Mon grand-père était médecin en Somalie et je veux être comme lui quand je serai grande. »

L’école étant le meilleur moyen de s’intégrer pour les enfants qui arrivent dans un nouveau pays, Nora peine encore à se sentir chez elle en Grèce. Heureusement, son esprit aiguisé, son attitude positive, sa résilience et sa détermination l’empêchent d’abandonner ses rêves, qui lui permettront de réinventer un monde meilleur pour elle et pour les enfants du monde entier.