Nés en zone de conflit : Au-delà des lignes de front, des bébés sous la menace

Plus de 29 millions de bébés sont nés en zone de conflit en 2018. L’UNICEF est à pied d’œuvre pour les protéger des traumatismes et du stress toxique.

UNICEF
Une femme porte un enfant dans ses bras dans un centre de soins
UNICEF/UN0280717/Hashimi AFP-Services

07 octobre 2019

Les conflits ont des retombées bien au-delà de la ligne de front. En 2018, plus de 29 millions de bébés sont nés dans des régions en proie aux conflits armés, souvent dans des environnements extrêmement stressants où règne une profonde insécurité.

« Certains jeunes enfants que nous rencontrons tremblent de peur pendant des heures, de façon incontrôlable, et gémissent sans trouver le sommeil. Au lieu des pleurs habituels, on les entend pousser de faibles cris plaintifs. D’autres sont tellement sous-alimentés et traumatisés qu’ils se détachent émotionnellement du monde extérieur et de leur entourage. Ils deviennent apathiques et sont incapables d’interagir avec leur famille. »

Voilà comment un membre du personnel de l’UNICEF décrit la situation des enfants et des bébés qui lui sont confiés dans un centre de développement de la petite enfance, au Yémen. Cela nous rappelle à quel point les enfants nés en zone de conflit sont vulnérables, pris au piège d’une enfance volée et d’un avenir incertain.

Pour ne pas créer une génération perdue, il est indispensable d’aménager des espaces sûrs et d’aider les soignants à protéger ces enfants du chaos alentour. Ces photos, prises en Afghanistan, dans l’État de Palestine et au Yémen, mettent en avant le travail réalisé par l’UNICEF pour offrir aux enfants des espaces sécurisés où ils peuvent apprendre, recevoir des services de santé essentiels et s’amuser : ce sont là les éléments fondateurs d’une vraie enfance.

 

Afghanistan

Une femme porte un bébé dans ses bras
UNICEF/UN0280722/Hashimi AFP-Services

Rasool, 2 mois, est elle aussi sous-alimentée. Elle a été prise en charge à l’hôpital pédiatrique Mofleh, dans la ville de Hérat : c’est l’un des établissements au sein desquels l’UNICEF et ses partenaires fournissent une aide d’urgence prioritairement axée sur la prévention de la malnutrition à l’échelle nationale. Dans le même temps, le Gouvernement a coordonné la riposte à la sécheresse dramatique et à l’insécurité alimentaire qui s’en est suivie.

 

une femme assise, tient son nouveau-né dans ses bras
UNICEF/UN0280712/Hashimi AFP-Services

Aminullah, 8 mois, reçoit un traitement contre la malnutrition dans un hôpital de la province de Hérat, où la sécheresse a été suivie d’importantes inondations. Les enfants comme Aminullah présentent un risque de retard de croissance, signe d’une sous-alimentation chronique pendant les périodes cruciales de développement de l’enfant. Ce problème prend des proportions particulièrement inquiétantes en Afghanistan, où il concerne 41 % des enfants de moins de 5 ans.

 

Palestine

Une jeune enfant joue avec un jouet
UNICEF/UN0275515/Albaba AFP-Services

Les poussées de violence régulières et la détérioration des conditions de vie font payer un lourd tribut aux enfants de Gaza, le « stress toxique » étant source de souffrance morale et physique. La situation dans la ville de Gaza reste particulièrement difficile pour les enfants, à l’image de Reeam Aloush, que l’on voit ici dans un centre de développement de la petite enfance de l’UNICEF, dans le district de Sheikh Radwan.

Un bébé est tenu par un adulte
UNICEF/UN0275524/Albaba AFP-Services

La création d’espaces sûrs pour les familles et les jeunes enfants dans les régions en conflit constitue un volet essentiel du travail de l’UNICEF. Ileen Awad fait partie des enfants concernés. Née l’an dernier, elle se rend régulièrement dans l’un des centres de développement de la petite enfance mis sur pied à Gaza. Ces dernières années, les hôpitaux, les centres de santé et les espaces dédiés aux enfants, qui fournissent tous des services indispensables aux parents et aux bébés, sont devenus la cible d’attaques dans les zones de conflit à travers le monde.

 

Une femme interagit avec un bébé
UNICEF/UN0275517/Albaba AFP-Services

D’après diverses études, les soignants qui disposent du soutien nécessaire pour faire face au traumatisme ont les meilleures chances de prodiguer à leurs jeunes enfants les soins attentifs essentiels à un bon développement cérébral : ces derniers font office de « tampon », en quelque sorte, entre les enfants et le chaos qui règne autour d’eux. Ici, un membre du personnel de santé joue avec un bébé de 14 semaines dans un centre de la ville de Gaza.

Une institutrice lit un livre à un jeune enfant dans une salle de classe
UNICEF/UN0275525/Albaba AFP-Services

Proposer des espaces de jeu et d’éveil est essentiel pour permettre aux enfants d’évacuer leurs expériences traumatisantes. En 2018, l’UNICEF et ses partenaires ont dirigé 20 centres de développement de la petite enfance et 12 espaces dédiés aux enfants dans la bande de Gaza.

 

Yémen

Un bébé gazouille
UNICEF/UN0280849/Huwais AFP Services

Omar Hanein Hamoud Rafik fait partie des enfants nés au Yémen depuis l’escalade de la violence en mars 2015. Après plus de quatre années de conflit armé, les services publics essentiels du pays sont au bord de la rupture. Les premières victimes de la situation sont, comme toujours, les personnes les plus vulnérables, et notamment les bébés qui grandissent dans un environnement source de stress toxique.

Une membre du personnel de l'UNICEF tient un enfant sur ses genoux
UNICEF/UN0280856/Huwais AFP Services

La création d’espaces sûrs pour les familles et les jeunes enfants vivant en zone de conflit, c’est-à-dire des espaces de jeu et d’éveil permettant aux enfants d’évacuer certaines expériences traumatisantes, est un volet crucial de l’action humanitaire menée par l’UNICEF. Dans ses centres, l’UNICEF propose des kits d’éveil de la petite enfance. Ces boîtes à trésor permettent d’effectuer une multitude d’activités : puzzles, jeux de construction, livres, travaux manuels. Ici, Yazan Mohammed Yahya al-Khalqi joue avec un membre du personnel dans l’un de ces centres.

 

une enfant joue au toboggan
UNICEF/UN0280852/Huwais AFP Services

Aux abords de Sanaa, Maria Taha nous accueille à la garderie du haut de ses 3 ans, le sourire aux lèvres, avant de glisser sur un toboggan. Ce centre offre un espace de jeu et de normalité au milieu des conflits.