Le « bébé miracle » de l’épidémie d’Ebola

Des jeunes survivants de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo donnent de l’espoir aux communautés touchées

Typhaine Daems
Une femme porte un enfant en Republique democratique du Congo
UNICEF/UN0264160/Hubbard

29 janvier 2019

BENI, République démocratique du Congo - Bénédicte a tout d’un bébé comme un autre mais ses premières semaines de vie n’ont rien eu d’ordinaire.

Bénédicte est née au mois de décembre dans un centre de santé à Beni, un des épicentres de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Malheureusement, quelques heures après sa naissance, Bénédicte a perdu sa mère à cause d’Ebola.

Présentant un haut risque d’infection, Bénédicte a immédiatement été admise dans une garderie mise en place par l’UNICEF et située à côté du centre de traitement d’Ebola de Beni. Une semaine plus tard, les craintes d’une infection ont été confirmées quand les premiers symptômes sont apparus.

Cette attention a fini par porter ses fruits. L’état de Bénédicte s’est amélioré de jour en jour et elle a finalement été déclarée guérie. Elle a quitté le centre de traitement dans les bras de son père, Thomas, qui a indiqué qu’elle était son premier enfant et qu’elle était sa source d’espoir.

Des histoires comme celle de Bénédicte insufflent une dose d’optimisme dans une région fortement touchée par l’épidémie d’Ebola. Au 14 janvier, plus de 600 cas d’Ebola ont été confirmés et plus de 400 décès ont été constatés dans les régions du Nord Kivu et d’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo.

L’UNICEF et ses partenaires ont déjà fourni des soins et un soutien psychosocial à plus de 500 enfants rendus orphelins ou séparés de leur famille à cause du virus Ebola. Afin de prévenir la propagation de l’épidémie, ils ont également mis en place des installations de lavage des mains dans des centaines d’écoles situées dans des zones à hauts risques et tenu des réunions d’information auprès d’enseignants.

Tout comme Bénédicte, Josué a lui aussi perdu sa mère à cause d’Ebola. Quelques semaines après avoir donné naissance, la maman de Josué a été admise au centre de traitement de Beni et Josué confié à Jemima, survivante d’Ebola et « maman berceuse » de la garderie.

Mais quelques jours plus tard, les choses ont basculé. La mère de Josué est décédée des suites de la maladie et son père a développé des symptômes similaires à ceux du virus. Jemima s’est dite très inquiète pour l’avenir du petit garçon qui pouvait développer des symptômes à n’importe quel moment.

Les résultats du père de Josué se sont finalement révélés négatifs et Josué a pu rentrer chez lui

Une survivante d'Ebola et un bebe sont allonges dans le lit d'une garderie, en République démocratique du Congo
UNICEF/UN0264159/Hubbard
Jemima, survivante d'Ebola, couche Josué, 6 mois, dans une garderie soutenue par l'UNICEF, à Beni, en République démocratique du Congo.

La prise en charge de nouveau-nés comme Josué est essentielle dans la lutte contre la propagation de la maladie. Grâce aux soins fournis par les centres de traitement comme celui de Beni, ces efforts portent leurs fruits. Posez la question à Joséphine.

Testée positive à son huitième mois de grossesse, Joséphine était très inquiète pour la survie de son bébé.

Après avoir été prise en charge au centre de traitement Ebola, Joséphine a pu se remettre et a été déclarée guérie. Afin d’assurer le suivi de sa fin de grossesse, Joséphine a été ensuite transférée à la garderie. L’accouchement de Joséphine a été particulièrement encadré pour assurer au nouveau-né la meilleure protection contre le virus.

Sylvana est née en excellente santé et les deux tests de laboratoire effectués se sont révélés négatifs. Sylvana est le premier bébé à être né sans le virus d’une mère testée positive à Ebola durant sa grossesse. Son cas donne de l’espoir et de la motivation à toute une communauté qui travaille de concert à mettre fin à l’épidémie.