Chaque année, 4,2 millions d’enfants manquent cruellement d’oxygène à cause d’une pneumonie grave

12 novembre 2020
A newborn baby girl born on 31 Dec 2018 lies in nursery at 22 May Hospital in Dolaa Hamdan, Sana'a Governorate. More than four years of armed conflict in Yemen have served to worsen the situation of women and children at birth within a country that was already the poorest in the Middle East and one of the world’s most impoverished even before the war escalated early in 2015.
UNICEF/UN0318233/Aljaberi
Newborn girl born on 31 Dec 2018 lies in nursery at 22 May Hospital in Dolaa Hamdan, Sana'a Governorate.

LONDRES/NEW YORK, le 11 novembre 2020 – On estime qu'en raison de la pneumonie grave, chaque année, 4,2 millions d’enfants de moins de 5 ans, dans 124 pays à revenu faible et intermédiaire, affichent des niveaux dangereusement faibles d’oxygène, selon une nouvelle analyse de l’UNICEF, de la Clinton Health Access Initiative (CHAI), de Save the Children et du Murdoch Children’s Research Institute[i].

Ces organisations ajoutent que les perturbations des services de santé dues à la pandémie de COVID-19 menacent de compliquer davantage la lutte contre l’infection qui tue le plus d’enfants dans le monde et coûte déjà chaque année la vie à plus de 800 000 enfants de moins de 5 ans. La pneumonie est provoquée par des bactéries, des virus ou des champignons et empêche les enfants de respirer tandis que leurs poumons se remplissent de pus et de liquide. Chaque année, plus de 22 millions de jeunes enfants des pays à revenu faible et intermédiaire sont atteints de pneumonie grave, une maladie qui tue plus que le paludisme, la rougeole et la diarrhée réunis.

« La COVID-19 a infecté des millions de personnes et compliqué une situation mondiale déjà difficile pour les enfants », a déclaré Henrietta Fore, Directrice générale de l’UNICEF. « Alors que toute la planète lutte contre la pandémie et ses graves répercussions sur les plus vulnérables, nous ne devons pas oublier que la pneumonie provoque toujours le décès de plus de 2 000 jeunes par jour. L’oxygène médical peut nous aider à sauver une partie de ces vies. »

Associé à des antibiotiques, l’oxygène médical pourrait sauver la vie de nombreux enfants atteints de pneumonie grave. Toutefois, le coût de l’oxygène pour soigner un enfant atteint de pneumonie grave pendant 3 à 4 jours s’élève au moins à 30-45 livres sterling dans bien des régions[ii]. Pour les familles les plus pauvres, une telle facture constitue un obstacle quasi infranchissable au traitement – quand l’enfant parvient à être soigné dans un centre de santé où l’oxygène fonctionne et où travaillent des professionnels de santé formés, ce qui est bien souvent rare dans les pays pauvres.

Les pays pauvres étaient déjà confrontés à des déficits criants dans la distribution et l’approvisionnement de l’oxygène, avant même le déclenchement de la pandémie de COVID-19. Néanmoins, l’explosion des besoins provoquée par la pandémie a mis ces manques en lumière. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de produire de l’oxygène localement à un coût abordable.

Kevin Watkins, Directeur général de Save the Children Royaume-Uni, a déclaré : « La pandémie a révélé une pénurie dévastatrice d’oxygène dans les pays les plus pauvres. Chaque année, des millions d’enfants dans des pays en développement admis dans des installations de santé ont besoin d’oxygène. Dans la majeure partie de l’Afrique, moins d’un enfant sur cinq reçoit le traitement nécessaire. Beaucoup meurent d’épuisement, car leur corps fragile a été privé de l’oxygène indispensable à leur récupération. 

Ce n’est pas une fatalité. Alors que le monde entier fait tous les efforts pour renforcer l’approvisionnement en oxygène afin de sauver des vies contre la COVID-19 et la pneumonie, ces traitements doivent atteindre les populations les plus difficiles d’accès, être gratuits pour tous et être durables. Si nous nous concentrons uniquement sur des solutions à court terme, nous risquons de nous priver d’une occasion exceptionnelle de sauver des millions d’enfants des générations futures. »

Le Docteur Iain Barton, Directeur général de la CHAI, a ajouté : « L’aide apportée aux pays pour mettre en place des systèmes résilients destinés à fournir de l’oxygène de façon fiable et efficace sauvera des vies pendant la pandémie et permettra de traiter durablement les patients à l’avenir. »

Des modélisations de l’université John Hopkins ont montré qu’en raison des perturbations des soins des nouveau-nés, de l’accès aux antibiotiques et de la fourniture de vaccins qui luttent contre la pneumonie, cette dernière et le sepsis néonatal pourraient provoquer 25 000 décès d’enfants supplémentaires chaque mois[iii]. Dans de nombreux pays, des analyses des données issues des systèmes d’information de santé courants réalisées séparément par Save the Children et l’UNICEF montrent que le nombre d’enfants qui bénéficient de vaccins, de diagnostics et de traitements a reculé.

À la suite du déclenchement de la pandémie, une aggravation des pénuries et des hausses des prix de l’oxygène ont été signalées dans des pays qui affichent parmi les nombres les plus élevés de décès provoqués par la pneumonie chez l'enfant, comme l’Inde[iv], le Bangladesh[v] et le Nigéria[vi]. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les pays les plus pauvres pourraient actuellement ne disposer que de 5 % à 20 % de l’oxygène médical dont ils ont besoin, dans l’ensemble[vii].

La pandémie de COVID-19 a toutefois déclenché une mobilisation à l’échelle mondiale pour améliorer les systèmes d’approvisionnement. Illustrant l’ampleur des efforts consentis pour renforcer l’approvisionnement, l’OMS et ses partenaires ont distribué 30 000 concentrateurs d’oxygène à différents pays du monde. À lui seul, l’UNICEF a fourni plus de 15 000 concentrateurs à plus de 90 pays[viii].

Dans un commentaire publié dans The Lancet à l’occasion de la Journée mondiale de la pneumonie, le 12 novembre, plusieurs organisations mondiales en faveur de la santé, dont Save the Children et l’UNICEF, appellent les gouvernements et les donateurs à s’appuyer sur les investissements et les efforts consacrés à la riposte contre la COVID-19 pour renforcer les systèmes de santé afin qu’ils soient en mesure de lutter contre la pneumonie chez les enfants[ix].

Save the Children, la CHAI et l’UNICEF appellent les donateurs et les gouvernements à :

  • Investir en faveur de la distribution d’oxygène dans les pays à revenu faible et intermédiaire, y compris en Afrique et en Asie du Sud, pour qu’ils profitent d’un approvisionnement durable en oxygène plus proche des enfants qui en ont besoin ;
  • Maintenir et renforcer les services de santé courants essentiels à la survie de l’enfant pendant la pandémie de COVID-19 et au-delà, avec un paquet de soins de santé primaire intégrant l’oxygénothérapie, y compris pour les enfants ;
  • Produire de meilleures données pour suivre la pandémie et ses effets sur les systèmes de santé, y compris la couverture des oxymètres destinés au diagnostic, de l’oxygène et des antibiotiques de première intention contre la pneumonie chez l’enfant – l’amoxicilline en comprimé dispersible et des antibiotiques à injecter en cas de pneumonie grave.

À travers le monde, Save the Children, l’UNICEF et la CHAI étendent des programmes sur le terrain et unissent leurs forces avec leurs partenaires pour obtenir des diagnostics et des traitements vitaux pour les enfants. Par exemple :

  • Au Nigéria, Save the Children s’est associé à GSK pour garantir que chaque lit de pédiatrie à l’Hôpital général de Dutse dispose d’un approvisionnement fiable en oxygène.
  • Au Ghana et au Sénégal, l’UNICEF a assuré l’approvisionnement en oxygène pour la riposte contre la COVID-19 tout en renforçant et en étendant les efforts destinés à soutenir le Gouvernement dans l’amélioration de l’accès aux traitements essentiels pour les enfants atteints de pneumonie. En Sierra Leone, l’UNICEF a contribué à l’installation de trois usines PSA (adsorption par inversion de pression) de production d’oxygène dans le pays ; et au Bangladesh, l’UNICEF a installé une unité d’oxygène médical liquide destinée au service de soins spéciaux des nouveau-nés de l’hôpital du district de Cox´s Bazar Sadar pour prendre en charge les réfugiés rohingya.
  • En Éthiopie, au Kenya, au Nigéria, en Inde et en Ouganda, cinq pays qui totalisent un tiers des décès mondiaux dus à une mauvaise oxygénation du sang, la CHAI travaille depuis 2016 pour augmenter l’accès aux diagnostics et aux traitements. En tant que finalistes de la compétition 100&Change de la Fondation MacArthur, la CHAI et le MCRI cherchent chaque année à sauver des dizaines de milliers de vies en déployant à grande échelle et de façon durable des thérapies d’oxygénation et des diagnostics dans ces cinq pays lourdement touchés. La CHAI travaille également en partenariat avec PATH et la coalition Every Breath Counts (EBC) sur un projet de coordination des soins respiratoires pour la riposte contre la COVID-19 afin de soutenir les pays dans la définition et l’application d’un plan de soins respiratoires pour répondre aux exigences de la COVID-19.

 


[i] Estimation établie par Save the Children, l’UNICEF et la CHAI aux côtés d’un panel d’experts, d’après des données publiées sur la part d’enfants hospitalisés atteints de pneumonie avec un diagnostic d’hypoxémie, estimée à 25 % en moyenne à l’échelle mondiale, avec des variations régionales significatives.

[ii] https://blogs.worldbank.org/health/oxygen-all-during-covid-19-coronavirus-and-beyond

[iii] https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S2214-109X%2820%2930229-1 - Scénario 2 : 12 920 décès d’enfants supplémentaires liés aux perturbations sur la gestion des cas de sepsis néonatal et de pneumonie ; 11 760 décès d’enfants liés aux perturbations sur l’administration d’antibiotiques oraux contre la pneumonie ; 690 décès d’enfants liés aux perturbations sur le vaccin conjugué contre le pneumocoque.

[iv] https://www.bbc.com/news/world-asia-india-54139112

[v] https://apnews.com/article/df97326ec00fb7cc4abf5b3821ace984

[vi] https://qz.com/africa/1890310/why-africa-has-medical-oxygen-shortages-across-the-continent/

[vii] https://www.who.int/publications/m/item/covid-19-virtual-press-conference-transcript---23-october-2020

[viii] https://www.who.int/publications/m/item/covid-19-virtual-press-conference-transcript---23-october-2020

[ix] Les commentaires sont rédigés par des experts du domaine qui s’expriment en leur nom. Leur opinion ne représente pas celle de The Lancet ou de toute autre revue spécialisée de The Lancet. Contrairement aux articles qui contiennent des recherches originales, ce commentaire n’a pas été soumis à un comité de lecture externe. Le commentaire de The Lancet est sous embargo jusqu’à 23 h 30 GMT/18 h 30 EST le mercredi 11 novembre et sera publié ensuite.

Contacts presse

Sabrina Sidhu
UNICEF New York
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Adresse électronique: ssidhu@unicef.org
Dan Stewart
Save the Children UK
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Adresse électronique: d.stewart@savethechildren.org.uk

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