L’école pour tous les enfants

Tous les enfants, où qu’ils vivent, ont droit à une éducation complète

L’accès d’un enfant à l’éducation dépend souvent de facteurs comme le genre, le lieu de résidence, les conflits, le handicap et le statut socioéconomique de la famille, qui préexistent à la naissance de l’enfant. Ces obstacles empêchent 263 millions d’enfants et adolescents d’aller à l’école et les privent d’une vraie chance de réaliser leur plein potentiel. Pire encore, leur exclusion scolaire alimente les cycles intergénérationnels de la pauvreté et des inégalités. Elle prive la société d’une source de croissance et de développement dynamiques, ainsi que d’une chance de renforcer la cohésion sociale et de réduire les tensions pouvant engendrer des violences.

Chaque fille et chaque garçon, peu importe son identité et son lieu de résidence, possède un droit d’accès complet et total à une éducation de qualité. Pourtant, bon nombre des enfants les plus pauvres et les plus marginalisés de la planète se voient refuser ce droit humain fondamental.

 


 

À travers le monde :

  • 63 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire (généralement entre 6 et 11 ans) ne sont pas scolarisés.
  • 61 millions d’adolescents en âge de fréquenter le premier cycle du secondaire (généralement entre 12 et 14 ans) ne sont pas scolarisés.
  • les adolescents en âge de fréquenter le deuxième cycle du secondaire (entre 15 et 17 ans) forment la tranche d’âge qui présente le plus grand nombre d’enfants non scolarisés (139 millions, soit 53 % du total).
  • plus de la moitié des enfants non scolarisés sont recensés en Afrique subsaharienne.
  • 50 % des enfants non scolarisés sont des filles.
  • Près d’un enfant non scolarisé sur quatre vit dans un pays touché par une crise.

 

Si la tendance actuelle se poursuit, il faudra encore attendre des décennies avant de garantir l’éducation primaire à tous les enfants de la planète, et encore bien plus longtemps pour offrir l’accès universel à l’éducation secondaire qui, selon l’objectif de développement durable 4, doit être atteint d’ici à 2030. Avec l’aggravation des crises économiques et l’épuisement des fonds internationaux consacrés à l’éducation, les ressources que la communauté internationale est prête à investir dans l’éducation s’amenuisent, le nombre d’enfants non scolarisés continue de stagner et la qualité de l’enseignement se dégrade.

Une enseignante montre à un élève plusieurs choses au tableau
UNICEF/UN0213052/Noorani
Dans la banlieue de Sbeïtla (Tunisie), une enseignante aide son jeune élève à faire ses devoirs à l’école primaire de Boufaroua.

 

 Qui sont les enfants non scolarisés ?

Les enfants privés d’éducation comptent parmi les enfants les plus vulnérables au monde.

Les enfants issus des familles les plus pauvres sont plus susceptibles de ne pas être scolarisés que leurs camarades issus des milieux les plus riches, car ils sont contraints de travailler pour aider à subvenir aux besoins de leur famille. Les enfants des zones rurales ont également moins de chance d’aller à l’école que les enfants des villes.

Les situations de crise, y compris les violences, les guerres, les catastrophes naturelles et les épidémies, perturbent la scolarité des enfants, et ceux déjà défavorisés en raison de la pauvreté, de leur genre ou d’autres facteurs sont ceux qui en souffrent le plus. Cliquez sur le lien suivant pour obtenir de plus amples informations sur l’éducation dans les situations d’urgence.

En matière d’éducation, les filles sont encore souvent largement défavorisées. Elles représentent plus de la moitié des enfants non scolarisés en âge de fréquenter l’école primaire. Obtenez de plus amples informations sur l’éducation des filles.

Par ailleurs, les enfants des minorités ethniques ou linguistiques se heurtent souvent à des obstacles, tels que la discrimination fondée sur leur origine ou le manque d’enseignement et de matériel pédagogique dans leur langue maternelle.

Enfin, de nombreux enfants handicapés sont également privés d’éducation, car les écoles ne réalisent pas les aménagements nécessaires à leur apprentissage, et la stigmatisation les exclut des écoles et de la vie de leurs communautés.

 

 

Des enfants et leur enseignante jouent au sol avec des livres
UNICEF/UN0220261/Sibiloni
Shina Jamila joue avec les jeunes réfugiés sud-soudanais dont elle s’occupe ; ils lisent des manuels conçus par la communauté, qui a adopté une approche innovante de l’UNICEF en faveur de l’élaboration de supports pédagogiques dans les centres d’apprentissage.

 

L’action de l’UNICEF

Le travail de l’UNICEF consiste tout d’abord à recenser les enfants non scolarisés et à comprendre pourquoi ils ne vont pas à l’école. L’UNICEF collecte ces données et les met à la disposition des gouvernements et des communautés pour les aider à élaborer des politiques d’intervention adaptées aux besoins locaux, régionaux et nationaux.

Obtenez de plus amples informations sur l’Initiative mondiale en faveur des enfants non scolarisés, un partenariat entre l’UNICEF et l’Institut de statistique de l’UNESCO qui vise à s’assurer que chaque enfant a accès à une éducation de qualité, est prêt à entrer à l’école à l’âge opportun et termine le cycle d’enseignement primaire.

 

 

L’éducation inclusive

On estime à 93 millions le nombre d’enfants en situation de handicap à travers le monde.

Comme tous les autres enfants, ils ont besoin d’une éducation de qualité pour développer leurs compétences et réaliser leurs rêves. Les enfants handicapés peuvent beaucoup apporter à la société et l’éducation inclusive est essentielle pour libérer ce potentiel. Pourtant, dans toutes les régions du monde, les enfants en situation de handicap sont les plus susceptibles de ne pas être scolarisés et restent souvent invisibles.

Le manque d’accès à l’éducation de ces enfants renforce leur pauvreté. Dépouillés de leur droit à une éducation de qualité, ils n’ont pas la possibilité de devenir des adultes productifs qui participent à la vie de leur communauté.

Les systèmes d’éducation inclusive offrent aux enfants une vraie chance d’aller à l’école et d’apprendre, leur permettant ainsi d’exercer leur droit à l’éducation et de réaliser pleinement leur potentiel.

Une jeune fille et l’adulte qui l’accompagne se hâtent dans la rue
UNICEF/UN0219155/Bell
Madalina Stanescu, rayonnante de joie, arrive à l’école. Autiste, Madalina est atteinte de strabisme et de cataracte. Elle est scolarisée à l’école Stefan cel Mare de Buhuși (Roumanie).

 

Qu’est-ce que l’éducation inclusive?

À travers le terme « éducation inclusive », l’UNICEF désigne de réelles opportunités d’apprentissage au sein du système scolaire classique pour les groupes qui en sont généralement exclus, tels que les enfants en situation de handicap ou les locuteurs de langues minoritaires. En effet, s’ils sont séparés des autres enfants et placés dans des écoles spécialisées, ils ne bénéficient pas des mêmes chances éducatives et se retrouvent encore plus isolés de la société.

Pour intégrer les enfants handicapés dans les systèmes éducatifs, il convient notamment de :

  • construire ou réaménager des écoles afin d’éliminer les barrières physiques et les obstacles à la communication et à l’information ;
  • garantir que les programmes et les ressources sont accessibles à tous ;
  • former les enseignants pour créer et promouvoir des environnements éducatifs inclusifs ;
  • collecter des données sur le handicap en vue d’améliorer la visibilité des enfants handicapés et d’évaluer les progrès réalisés en faveur d’une éducation inclusive ;
  • encourager les Ministères de l’éducation à prendre leurs responsabilités quant à l’inclusion des enfants handicapés dans le cadre de leurs actions en faveur de la réalisation des objectifs d’éducation pour tous.

Découvrez les actions mises en œuvre par l’UNICEF pour créer des opportunités éducatives inclusives et permettre aux enfants en situation de handicap d’aller à l’école et d’apprendre.

 

L’éducation des filles

Instruire les filles, c’est leur donner les clés pour changer le monde.

Le monde compte aujourd’hui plus de 1,1 milliard de filles. Elles font partie d’une génération pleine d’énergie prête à embrasser l’avenir. Investir dans leur éducation contribue à les libérer pour qu’elles puissent réaliser leurs rêves. Cela leur offre la possibilité d’améliorer leur vie, de contribuer à la santé, à la sécurité et à la prospérité de leur famille, de leur communauté et du monde en général. Nous savons aujourd’hui que les investissements dans l’enseignement secondaire des filles, et pas uniquement dans le primaire, ont une incidence positive aussi bien sur les familles que sur les communautés, mais également sur l’économie.

Par exemple :

  • si toutes les femmes bénéficiaient d’un enseignement secondaire, le taux de mortalité des enfants diminuerait de 49 % ;
  • si toutes les femmes avaient accès à l’enseignement secondaire en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Asie du Sud et de l’Ouest, le nombre de mariages d’enfants chuterait de 64 % ;
  • investir dans l’éducation des filles pour qu’elles puissent achever le cycle d’enseignement supérieur pourrait contribuer à augmenter leurs revenus tout au long de leur vie pour représenter jusqu’à 68 % du PIB annuel.
Une jeune fille résout une équation mathématique au tableau noir
UNICEF/UN0211138/Noorani
À l’école élémentaire pour filles d’Umbatah, à Kadugli (Soudan), une jeune fille résout une équation mathématique au tableau noir.

 

Pourquoi les filles ne sont-elles pas scolarisées ?

De grandes avancées ont été faites en matière d’accès à l’éducation primaire, mais il convient de veiller à ce que les choses ne s’arrêtent pas là pour les filles. La moitié des enfants non scolarisés à l’échelle mondiale sont des filles.

Cette situation est due à plusieurs facteurs. D’une part, les familles privilégient trop souvent les garçons lorsqu’elles investissent dans l’éducation. Par ailleurs, la pauvreté entrave la scolarisation des filles, car elle s’accompagne souvent d’autres facteurs tels que le mariage d’enfants, les grossesses précoces, le travail des enfants, les tâches ménagères, le coût de la scolarisation et la distance à parcourir pour se rendre à l’école. En outre, certaines écoles ne répondent pas aux besoins de ces adolescentes en matière de sécurité, d’eau et d’installations sanitaires, de qualité de l’enseignement ou de pertinence des programmes. Enfin, les violences sexistes privent également les filles d’éducation.

 

Il est donc indispensable de faire en sorte que chaque fille ait accès à l’éducation de qualité dont elle a besoin pour réussir dans la vie.

Deux jeunes, assis par terre, partagent un livre
UNICEF/UN0208035/DEJONGH
Élèves devant une école primaire de Gonzagueville, l’une des communes d’Abidjan, la capitale ivoirienne.

 

L’action de l’UNICEF pour scolariser toutes les jeunes filles

Le Plan d’action de l’UNICEF pour l’égalité des sexes a pour objectif de permettre aux filles de terminer le cycle primaire et de leur donner une réelle chance d’achever leurs études secondaires.

Ainsi, nous aidons les pays à mettre en place des systèmes d’éducation plus solides qui offrent un enseignement de qualité aux garçons comme aux filles. Parmi les mesures nécessaires à ces dispositifs, citons l’élimination de tous les stéréotypes de genre des manuels scolaires, la formation des enseignants en ce sens, l’appui aux écoles et aux autorités pour apprendre à utiliser les données relatives à l’évaluation de l’apprentissage, et la mise à disposition de données clés auprès des communautés concernées qui leur permettent d’exiger de ces systèmes éducatifs qu’ils rendent des comptes. Par ailleurs, afin que garçons et filles entrent et réussissent à l’école, il est primordial de veiller à ce que la question du genre soit intégrée dans les programmes et les politiques d’éducation nationale.

Puisqu’un tiers des filles non scolarisées vit dans des pays touchés par la guerre, l’UNICEF travaille avec des partenaires gouvernementaux pour lutter contre les inégalités entre les sexes dans l’enseignement dispensé dans les situations de crise humanitaire.

Certains garçons sont également touchés par les inégalités entre les sexes. En effet, dans de nombreux pays, les garçons ne terminent même pas le premier cycle de l’enseignement secondaire. L’UNICEF s’attèle donc à identifier et surmonter les obstacles qui empêchent les garçons d’aller à l’école, qu’il s’agisse de la violence des gangs, du recrutement par des forces ou groupes armés, de la nécessité de trouver un travail ou encore de la migration.

En outre, avec le concours du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et de l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI), l’UNICEF a contribué à attirer l’attention de la communauté internationale sur les violences sexistes dont les filles sont victimes à l’école.