10 millions de filles supplémentaires risquent d’être mariées durant leur enfance à cause de la COVID-19

Alors que 25 millions de mariages d’enfants ont été évités au cours de la dernière décennie, l’UNICEF prévient, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, que les progrès enregistrés sont gravement menacés.

08 mars 2021
Rima, 17 ans, originaire d'Inde, aide à mettre fin aux mariages des enfants dans sa communauté.
UNICEF/UN0331600/Das
Rima, 17 ans, originaire d'Inde, aide à mettre fin aux mariages des enfants dans sa communauté.

NEW YORK, le 8 mars 2021 – Dix millions de mariages d’enfants supplémentaires risquent d’être conclus d’ici à la fin de la décennie, menaçant d’anéantir des années de progrès pour réduire cette pratique, selon une nouvelle analyse publiée aujourd’hui par l’UNICEF.

Un rapport, intitulé COVID-19: A threat to progress against child marriage (COVID-19 : une menace pour les progrès enregistrés contre le mariage des enfants), publié à l’occasion de la Journée internationale des femmes, prévient que les fermetures d’écoles, les contraintes économiques, la perturbation des services, les décès durant la grossesse et les décès parentaux imputables à la pandémie augmentent les risques de mariage pour les filles les plus vulnérables.

Même avant l’épidémie de COVID-19, 100 millions de filles étaient déjà exposées au risque d’être mariées pendant leur enfance durant la prochaine décennie, et ce, malgré un recul considérable de cette pratique dans plusieurs pays au cours des dernières années. Ces 10 dernières années, la proportion de jeunes femmes dans le monde mariées durant leur enfance a baissé de 15 %, passant de près d’une femme sur quatre à une femme sur cinq. Quelque 25 millions de mariages ont ainsi été évités, mais ces progrès sont aujourd’hui compromis.

« La COVID-19 a aggravé une situation déjà difficile pour des millions de filles. La fermeture des écoles, l’absence des amis et des réseaux de soutien et l’augmentation de la pauvreté ont ravivé un incendie que le monde avait déjà du mal à éteindre. Mais nous pouvons et nous devons mettre fin au mariage des enfants », affirme Henrietta Fore, Directrice générale de l’UNICEF. « La Journée internationale des femmes est le moment idéal pour nous rappeler ce que risquent ces filles si nous n’agissons pas tout de suite, à savoir la perte de leur éducation, de leur santé et de leur avenir. »

Le mariage des enfants a des conséquences immédiates et permanentes sur les filles qui en sont victimes. Elles risquent davantage d’être victimes de violence familiale et sont moins susceptibles de rester scolarisées. Le mariage des enfants augmente également les risques de grossesse précoce et non planifiée, et donc de complications et de mortalité chez la mère. Cette pratique peut en outre couper les filles de leur famille et de leurs amis et les empêcher de participer à la vie de leur communauté, une situation qui a de lourdes conséquences sur leur santé mentale et leur bien-être.

La COVID-19 affecte profondément la vie des filles. Les restrictions en matière de déplacements et l’éloignement social liés à la pandémie compliquent l’accès des filles aux soins de santé, aux services sociaux et au soutien de la communauté qui les protègent du mariage des enfants, des grossesses non désirées et de la violence liée au genre. Tandis que les écoles restent fermées, les filles sont plus susceptibles d’abandonner l’école et de ne pas y retourner. Les pertes d’emploi et l’insécurité économique accrue peuvent également contraindre les familles à marier leurs filles afin d’alléger leur fardeau financier.

Quelque 650 millions de filles et de femmes actuellement en vie à travers le monde ont été mariées durant leur enfance, selon les estimations, et près de la moitié de ces mariages auraient eu lieu au Bangladesh, au Brésil, en Éthiopie, en Inde et au Nigéria. Pour compenser les effets de la COVID-19 et mettre un terme à cette pratique d’ici à 2030, conformément à la cible des objectifs de développement durable, nous devons considérablement accélérer le rythme de nos progrès.

« Un an après le début de la pandémie, il est nécessaire d’agir immédiatement si nous souhaitons en atténuer les retombées sur les filles et leur famille », ajoute Henrietta Fore. « En rouvrant les écoles, en mettant en place des législations et des politiques efficaces, en garantissant l’accès aux services sanitaires et sociaux – notamment aux services de santé sexuelle et procréative, et en fournissant des mesures de protection sociale exhaustives aux familles, nous pouvons considérablement réduire le risque que les filles se voient voler leur enfance par le mariage des enfants. »

 

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Note aux rédactions :

Les prévisions présentées sont le fruit d’une modélisation statistique fondée sur les informations existantes concernant les taux et les données démographiques relatives au mariage des enfants ainsi que sur des informations historiques sur les effets de la perturbation de l’éducation, des chocs économiques et de l’efficacité des programmes dans les pays qui enregistrent le plus de mariages d’enfants à travers le monde. Pour en savoir plus sur les données, veuillez vous reporter aux notes techniques incluses dans le rapport disponible ici.

Contacts presse

Helen Wylie
UNICEF New York
Tél: +1 917 244 2215
Adresse électronique: hwylie@unicef.org

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Hasseniya, originaire de Mauritanie, est victime de mariage précoce. À 16 ans, elle attend déjà son premier enfant.
Hasseniya, originaire de Mauritanie, est victime de mariage précoce. À 16 ans, elle attendait déjà son premier enfant.

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