République centrafricaine : des millions d'enfants toujours en danger, un an après l'accord de paix

Déclaration de Christine Muhigana, représentante de l'UNICEF en RCA

06 février 2020
Un enfant, souffrant de malnutrition, du VIH et du paludisme, est allongé. République centrafricaine
UNICEF/UN0239473/Gilbertson VII Photo
Esther Wandana, 9 ans, souffre de malnutrition aiguë sévère, de paludisme et est atteinte du VIH. Hôpital pédiatrique soutenu par l’UNICEF, Bangui, République centrafricaine, septembre 2018.

BANGUI/DAKAR/NEW YORK, le 6 février 2020 –  « Un an après la signature d'un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et les autres parties au conflit, la vie de millions d'enfants à travers le pays continue d'être menacée par la violence et le manque d'accès à la nourriture, aux soins de santé, à l'éducation, à l'eau et à l'assainissement.

Plus de 500 violations graves des droits de l'enfant [1] ont été signalées entre janvier et décembre 2019 [2]. Etant donné que ce nombre est attribué à des cas vérifiés, les chiffres réels sont certainement beaucoup plus élevés. Bien qu'il soit incroyablement difficile d'estimer le nombre d'enfants qui restent associés à des groupes armés, ces enfants sont parmi les plus vulnérables du pays et leur sort reste incertain.

Nous nous félicitons de l'engagement formel d'un plus grand nombre de groupes armés à prévenir les graves violations à l'encontre des enfants et du fait que des enfants continuent d'être libérés, soit par le biais d'efforts de sensibilisation conjoints, soit par le biais du programme national de démobilisation.

Nous saluons également les efforts du pays pour adopter un code national de protection de l'enfance. Lorsque ce code sera adopté, il constituera un outil essentiel pour assurer et faire respecter la protection des enfants d'Afrique centrale contre toutes les formes de violation de leurs droits fondamentaux, y compris le recrutement et l'utilisation dans les groupes et forces armés. Grâce aux efforts conjoints de plaidoyer de l'UNICEF et de ses partenaires, notamment la campagne « ACT pour protéger les enfants touchés par les conflits » lancée en mai dernier, un projet de code est maintenant devant le Parlement pour adoption. L'introduction de ce code représentera un moment historique pour ce pays, et pour la vie des enfants d'aujourd'hui et de demain.

Une transition vers la paix et une plus grande stabilité se traduit également par un meilleur accès aux enfants les plus vulnérables pour l'UNICEF et ses partenaires : des campagnes de vaccination touchent davantage d'enfants et, grâce à notre programme de cliniques mobiles, nous avons pu accéder aux communautés les plus isolées et les plus reculées et apporter un soutien essentiel à des milliers d'enfants souffrant de malnutrition. Les dernières données montrent une diminution significative des cas de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans par rapport à 2018, avec une prévalence de 5,8 % de la malnutrition aiguë générale en 2019 [3], contre 7,1 % l'année précédente [4]. Les progrès réalisés dans la lutte contre les taux de malnutrition chronique stagnent toutefois depuis 20 ans [5], ce qui montre la nécessité de déployer davantage d'efforts et d'investissements dans les mesures préventives à long terme pour les mères et leurs enfants.

En outre, nous voyons un nombre croissant d'initiatives qui sont des réelles opportunités pour changer la vie des enfants d'Afrique centrale : dans un pays où le taux d'abandon scolaire dans le primaire est estimé à 40 % en raison de l'insécurité [6], des initiatives comme les programmes d'enseignement à la radio, qui sont pilotés par l'UNICEF à Bangui et Bambari, peuvent être une bouée de sauvetage pour les enfants dont la fréquentation scolaire a été perturbée par des années de conflit et de déplacement.

Ces résultats préliminaires, bien qu'encourageants, ne doivent pas nous inciter à la complaisance : le chemin à parcourir pour faire comprendre, respecter et promouvoir pleinement les droits de chaque enfant centrafricain est long et ardu. L'UNICEF reste déterminé à travailler aux côtés du gouvernement et de ses partenaires pour s'assurer qu'aucun enfant, adolescent ou mère ne soit laissé pour compte. »
 


[1] Les violations graves comprennent : meurtres et mutilations, recrutement et utilisation, violences sexuelles, attaques d'écoles et d'hôpitaux, enlèvement et refus d'accès à l'aide humanitaire
[2] Sources : UNICEF et MINUSCA
[3] Nombre de cas de malnutrition générale aiguë en RCA en 2019 ;
[4] Résultats préliminaires de l'enquête nutritionnelle nationale (SMART) pour la RCA, janvier 2020 ;
[5] Les taux de malnutrition chronique se situent actuellement autour de 40 % (deux enfants sur cinq) ;
[6] Aperçu des besoins humanitaires en 2020 - République centrafricaine, octobre 2019
 

Contacts presse

Giovanni Zambello
UNICEF Geneva
Tél: +212 616-422011
Adresse électronique: gzambello@unicef.org
Joe English
UNICEF New York
Tél: +1 917 893 0692
Adresse électronique: jenglish@unicef.org

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