Les fermetures d’écoles ont doublé ces deux dernières années au Sahel en raison de la montée de l’insécurité

L’intensification des violences perturbe l’éducation de plus de 400 000 enfants au Burkina Faso, au Mali et au Niger

28 février 2019
Niger, 2018, education
UNICEF/UN0209705/Gilbertson VII Photo
A child learning at a UNICEF-supported community school in Agadez, Niger, on May 11 2018.

DAKAR/NEW YORK, le 28 février 2019 – L’insécurité permanente et de plus en plus intense qui frappe la région du Sahel a forcé près de 2 000 écoles au Burkina Faso, au Mali et au Niger à fermer leurs portes ou à cesser leurs activités, indique l’UNICEF aujourd’hui. Cela signifie un doublement du nombre d’établissements scolaires contraints de fermer ou de cesser leurs activités depuis 2017.

 

Les menaces dont font l’objet les enseignants, les attaques ciblant les structures éducatives et l’utilisation des écoles à des fins militaires – autant de pratiques qui portent gravement atteinte aux droits de l’enfant – perturbent l’éducation de plus de 400 000 enfants dans ces trois pays et ont contraint 10 050 enseignants à abandonner leur emploi ou à se déplacer en raison de la violence.

« Les attaques ciblant directement les écoles, les enseignants et les écoliers ainsi que l’occupation militaire de lieux d’apprentissage constituent de graves atteintes aux droits de l’enfant », déplore Henrietta Fore, Directrice générale de l’UNICEF. « Lorsqu’ils sont déscolarisés, en particulier en période de conflit, non seulement les enfants ne sont pas en mesure d’acquérir les compétences dont ils ont besoin pour bâtir des communautés pacifiques et prospères, mais ils deviennent aussi plus vulnérables à de terribles formes d’exploitation, notamment les violences sexuelles et le recrutement forcé par des groupes armés. »

« Trop souvent, les enfants subissent de plein fouet les conséquences des conflits, tandis que leur école, qui représentait auparavant un havre de paix consacré à l’apprentissage, devient le théâtre de violences », indique Gordon Brown, Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale. « Notre objectif est de faire de chaque école une école sûre. »

« Nous ne permettrons pas que les années de scolarité de ces enfants se résument à des salles de classe désertes, à des cours de récréation silencieuses et à des violences perpétuelles, et ôtent tout espoir même à ceux qui restent en vie », ajoute Gordon Brown. « Si nous voulons atteindre l’objectif de développement durable d’instaurer une éducation universelle d’ici à 2030, il est impératif que les 75 millions d’enfants dont la scolarité a été interrompue en raison d’un conflit ou d’une crise, y compris les enfants tragiquement pris au piège dans la région du Sahel, puissent jouir de leur droit à l’éducation. »

Les Gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont tous adopté la Déclaration sur la sécurité dans les écoles et se sont ainsi engagés à protéger la scolarité et à assurer sa continuité même en période de conflit armé. Sachant que de nombreuses régions du Sahel font face à une insécurité croissante, l’UNICEF poursuit son travail avec les autorités et les communautés éducatives afin de fournir aux enfants d’autres occasions d’apprentissage, notamment des initiatives d’apprentissage radiophonique et confessionnel, qui leur permettront de continuer d’apprendre, où qu’ils se trouvent.

Cette semaine, le Gouvernement du Burkina Faso a adopté une nouvelle stratégie visant à protéger l’éducation et à assurer sa continuité dans les régions frappées par une forte insécurité, renouvelant ainsi son engagement à permettre à chaque enfant du pays de recevoir une éducation. Cette nouvelle stratégie prévoit la préparation de programmes de rattrapage pour les enfants dont l’école a fermé, l’intégration des enfants déplacés dans de nouvelles écoles, le renforcement de la sécurité dans les établissements scolaires et la reconstruction des écoles endommagées ou détruites. 

En outre, un partenariat avec les Gouvernements du Burkina Faso, du Cameroun et du Niger permet d’élargir l’accès des enfants et des jeunes touchés par des crises à un programme novateur d’éducation par la radio. Des leçons d’écriture et de mathématiques sont ainsi diffusées à la radio en français et dans plusieurs langues nationales. Le programme est en cours de déploiement en République centrafricaine, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo.

L’UNICEF œuvre sur le terrain avec ses partenaires afin de mettre en place des mesures visant à protéger l’éducation. Cela inclut de fournir des outils aux enseignants qui travaillent dans des lieux touchés par un niveau élevé d’insécurité, et d’apporter un soutien et des soins psychosociaux aux écoliers traumatisés par la violence. 

« À une époque où le Sahel est frappé par des menaces de violence de plus en plus importantes, nous ne devons pas oublier que l’éducation fait partie des droits de chaque enfant et constitue un puissant moteur de paix », affirme Henrietta Fore.

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