Des mesures urgentes sont nécessaires alors que la malnutrition aiguë menace la vie de millions d’enfants vulnérables

16 janvier 2023
malnutrition
UNICEF/UN0232174/Njiokiktjien VII Photo
Afra, portée par sa mère Thérèse, est dépistée pour malnutrition à l'hôpital pour enfant Al Sabbah à Juba, au Soudan du Sud.

GENÈVE, NEW YORK, ROME, le 12 janvier 2023 Les organismes des Nations Unies appellent à une action immédiate pour protéger les enfants les plus vulnérables dans les 15 pays les plus sévèrement touchés par une crise alimentaire et nutritionnelle sans précédent.

En raison des conflits, des chocs climatiques, des effets persistants de la pandémie de COVID-19 et de la hausse du coût de la vie, de plus en plus d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, tandis que les services vitaux, tels que ceux de santé et de nutrition, sont de moins en moins accessibles. À l’heure actuelle, plus de 30 millions d’enfants souffrent d’émaciation – ou de malnutrition aiguë – dans les 15 pays les plus durement touchés par la crise alimentaire et nutritionnelle, et 8 millions d’entre eux présentent une émaciation sévère, la forme de dénutrition la plus meurtrière. Une lourde menace plane sur la vie de ces enfants ainsi que sur leur santé et leur développement à long terme, dont les effets se font ressentir aux niveaux individuel, communautaire et national.

Face à cette situation, cinq organismes des Nations Unies – le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme alimentaire mondial (PAM) – appellent à une accélération de la mise en œuvre du Plan d’action mondial de lutte contre l’émaciation infantile (Global Action Plan on Child Wasting). Ce dernier a pour objectif de prévenir, de dépister et de prendre en charge la malnutrition aiguë chez les enfants des pays les plus touchés par cette pathologie, à savoir l’Afghanistan, le Burkina Faso, l’Éthiopie, Haïti, le Kenya, Madagascar, le Mali, le Niger, le Nigéria, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, le Tchad et le Yémen.

Le Plan d’action mondial, qui répond à la nécessité d’une approche multisectorielle, met en lumière les interventions à mener en priorité dans le domaine de la nutrition maternelle et infantile par l’intermédiaire des systèmes alimentaires, de santé, d’approvisionnement en eau et d’assainissement, et de protection sociale. Face à l’augmentation des besoins, les organismes des Nations Unies ont identifié cinq interventions prioritaires qui permettront de lutter contre la malnutrition aiguë dans les pays touchés par des conflits et des catastrophes naturelles, ainsi que dans les situations d’urgence humanitaire. Il s’agit d’un ensemble cohérent de mesures qu’il sera essentiel de déployer à grande échelle en vue de prévenir et de prendre en charge la malnutrition aiguë chez les enfants, et d’éviter ainsi de nombreuses morts tragiques.

Les organismes des Nations Unies appellent de leurs vœux une intervention décisive et rapide afin d’empêcher que cette crise ne tourne à la tragédie pour les enfants les plus vulnérables. Ils exhortent tous à intensifier les investissements à l’appui d’une action coordonnée des Nations Unies qui permettra de combler les besoins inédits provoqués par cette crise grandissante avant qu’il ne soit trop tard.

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« La situation risque de se détériorer encore davantage en 2023 », a déclaré Qu Dongyu, Directeur général de la FAO. « Nous devons garantir la disponibilité et l’accessibilité d’une alimentation saine à un prix abordable aux jeunes enfants, aux filles ainsi qu’aux femmes enceintes ou allaitantes. Il nous faut agir de toute urgence pour sauver des vies et lutter contre les causes profondes de la malnutrition aiguë, en collaborant dans l’ensemble des secteurs », a-t-il ajouté.

« Le système des Nations Unies est uni dans sa riposte à la crise. Son Plan d’action mondial est le fruit d’un effort concerté visant à prévenir, à dépister et à prendre en charge l’émaciation à l’échelle mondiale. Au HCR, nous travaillons d’arrache-pied pour améliorer nos analyses et mieux cibler les enfants les plus vulnérables, notamment parmi les populations réfugiées et déplacées à l’intérieur de leur propre pays », a affirmé Filippo Grandi, Haut-Commissaire du HCR.

« La série de crises actuelles laisse derrière elle des millions d’enfants en situation d’émaciation et entrave leur accès aux services essentiels. L’émaciation est douloureuse pour l’enfant et, dans les cas les plus graves, peut entraîner la mort ou entraîner des conséquences à vie sur sa croissance et son développement. Nous pouvons, et nous devons, renverser cette crise nutritionnelle au moyen de solutions éprouvées permettant de prévenir, de dépister et de prendre en charge rapidement l’émaciation chez l’enfant », a indiqué quant à elle Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.

« Plus de 30 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë dans les 15 pays les plus touchés par ce fléau, aussi devons-nous agir ensemble dès maintenant. Il nous faut impérativement unir nos efforts pour renforcer les dispositifs de protection sociale et l’aide alimentaire, afin que les femmes et les enfants qui en ont le plus besoin aient accès à des aliments nutritifs adaptés », a rappelé pour sa part David Beasley, Directeur général du PAM.

« La crise alimentaire mondiale est aussi une crise sanitaire, ce qui crée un cercle vicieux : la malnutrition entraîne des maladies, et les maladies entraînent une malnutrition », a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Les pays les plus gravement touchés ont besoin d’une aide de toute urgence pour protéger la santé et la vie des enfants. Il est notamment impératif de garantir un accès vital à une alimentation saine et aux services de nutrition, en particulier aux femmes et aux enfants. »

Note aux rédactions :

L’émaciation, ou malnutrition aiguë, est une forme de dénutrition provoquée par une baisse de la consommation alimentaire ou par une maladie, qui entraîne une perte de poids soudaine ou l’apparition d’œdèmes. Les enfants qui en souffrent ont un poids insuffisant par rapport à leur taille. Ils peuvent également présenter un œdème d’origine nutritionnelle et d’autres signes cliniques pathologiques liés à la malnutrition.

Les enfants en situation de malnutrition aiguë ayant un système immunitaire affaibli, ils risquent davantage de décéder des suites d’une maladie infantile courante que les autres. Ceux qui survivent peuvent quant à eux connaître des problèmes de croissance et de développement tout au long de leur vie. Leur avenir est alors menacé par la maladie, l’échec scolaire et la pauvreté, autant de facteurs susceptibles d’avoir des répercussions sur plusieurs générations.

L’émaciation chez l’enfant – définie comme un poids insuffisant par rapport à la taille – est la forme de dénutrition la plus dangereuse. L’émaciation sévère en est la forme la plus meurtrière, les enfants qui en souffrent ayant 12 fois moins de chances de survivre que les enfants bien nourris.

Contacts presse

Helen Wylie
UNICEF New York
Tél: +1 917 244 2215
Adresse électronique: hwylie@unicef.org

Contenu multimédia

A displaced child is screened for malnutrition using a Mid-Upper Arm Circumference (MUAC) tape measure at a tent set up by UNICEF to provide primary health care services for children and women in Areesha camp, Syrian Arab Republic.

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