We’re building a new UNICEF.org.
As we swap out old for new, pages will be in transition. Thanks for your patience – please keep coming back to see the improvements.

Evaluation database

Evaluation report

2016 Guinea: Evaluation à mi-parcours du projet d'accélération de l'Education des filles dans la Préfecture de Télimélé



Author: Odile AKPAKA

Executive summary

With the aim to continuously improve transparency and use of evaluation, UNICEF Evaluation Office manages the "Global Evaluation Reports Oversight System (GEROS)". Within this system, an external independent company reviews and rates all evaluation reports. The quality rating scale for evaluation reports is as follows: “Highly Satisfactory”, “Satisfactory”, “Fair” or “Unsatisfactory”. You will find the link to the quality rating below, labelled as ‘Part 2’ of the report, and the executive feedback summary labelled as 'Part 3'.

Background:

Télimélé est une préfecture enclavée qui comporte 14 sous-préfectures dont les indicateurs sociaux existants laissent penser que son niveau de pauvreté est inférieur au niveau moyen de la région de Kindia qui, avec 62.5%, est déjà assez bas et se situe pratiquement au niveau de la moyenne nationale de la population rurale vivant en dessous du seuil de pauvreté (63%). Or, la pauvreté a une forte incidence sur les capacités des ménages à faire face aux coûts de la scolarisation des enfants, en particulier des filles. A cela s’ajoutent des facteurs socioculturels pour expliquer la non-scolarisation ou l’abandon précoce par de nombreux enfants, surtout des filles. En effet, la priorisation des enfants à scolariser est majoritairement défavorable aux filles, la faiblesse des ressources disponibles venant s’ajouter à la survivance de traditions culturelles qui veulent qu’investir dans la fille c’est investir en faveur d’une autre famille, celle de  son mari. La faible instruction des parents et particulièrement des mères est également un frein à  la scolarisation des enfants et particulièrement des filles qui sont retenues pour des travaux domestiques ou pour être données précocement en mariage. Les mariages et les grossesses précoces, liés souvent à la pauvreté et au manque d’éducation des adolescentes en matière de sexualité, viennent interrompre la scolarité de plusieurs filles.

C’est  au regard de ces réalités  que le bureau UNICEF Guinée, en concertation avec le Gouvernement de la Guinée et UNICEF France, a élaboré le projet d’Accélération de l’Education des Filles qui a été soumis à la chaîne de télévision française CANAL+. Celle-ci a accepté de le financer dans le cadre de son projet « Kindia 2015 » développé pour accompagner la Guinée dans ses efforts de progression vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Purpose/Objective:

Le mécanisme de suivi-évaluation du projet prévoit, en plus de la collecte des données de routine pour le suivi du projet, des revues trimestrielles, semestrielles et annuelles, la réalisation de deux évaluations externes, l’une à mi-parcours pour permettre les ajustements ou les renforcements majeurs indispensables pour l’atteinte des résultats du projet, et l’autre à la fin du projet pour pouvoir en tirer les leçons à partager et à réinvestir dans le Programme Education pour garantir une accélération accrue de la scolarisation de toutes les filles de Télimélé et d’ailleurs.

De plus, dans le deuxième accord de projet signé entre Plan et l’UNICEF pour la période 2014-2016, accord succédant à celui qui a couvert la période 2012-2014, il est prévu que « le projet sera évalué dans le cadre des deux évaluations externes du projet UNICEF-Canal+ », c’est-à-dire l’évaluation à mi-parcours et l’évaluation finale. 
Le but de l’évaluation est d’apprécier les grandes tendances vers l’atteinte des résultats globaux du projet, le niveau d’atteinte des résultats spécifiques et les réalisations qui y ont contribué, au regard des résultats et des activités planifiés, afin d’apporter les éventuels ajustements qui seraient nécessaires pour accélérer l’atteinte des résultats attendus à l’horizon 2017. L’évaluation servira dans la prise de décision des parties prenantes au projet, particulièrement le Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation, l’UNICEF, Plan Guinée et l’Association Réussir Ensemble.

Methodology:

Trois orientations méthodologiques ont guidé l'ensemble du travail: démarche participative, approche intégrée, collaboration continue. La revue documentaire s’est poursuivie tout au long du travail. L'approche méthodologique a privilégié les méthodes qualitatives tout en s'appuyant sur les données quantitatives existantes. Elle a visé à recueillir le maximum d'informations auprès de toutes les parties prenantes. La participation à la revue d’avril 2016 a constitué une occasion inespérée d'appréhender le chemin parcouru dans l'atteinte des résultats. La collecte des données quantitatives s’est appuyée sur les statistiques scolaires disponibles au niveau national, régional et préfectoral. Les indicateurs d’outputs ont été renseignés ainsi que certains indicateurs d’outcomes.
Les entretiens guidés (individuels/en groupe) ont été préférés aux questionnaires. Des histoires de vie ont également été recueillies. La sélection des sites où ces entretiens devaient être réalisés a été faite sur la base d’un choix raisonné. Compte tenu d'une certaine similitude dans leurs rôles et responsabilités dans le PAEF, les acteurs et partenaires impliqués ont été répartis en sept (7) groupes. Des guides d'entretien, spécifiques à chacun de ces groupes, ont été élaborés. Certaines pistes de questionnement sont communes à tous, afin d'opérer les triangulations. Au total 80 entretiens ont été menés par les deux membres de l’équipe d’évaluation, entre le 14 et le 29 avril 2016, auprès de 394 personnes : 174 filles et femmes (soit 44%) et 220 garçons et hommes (soit 56%), sans compter les filles et les garçons des CEC, avec lesquels quelques activités-tests ont été menées.

Findings and Conclusions:

L’évaluation des acquis scolaires a montré que le niveau d’acquisition des élèves est plus élevé dans la zone du projet comparée à la zone témoin et aux évaluations antérieures notamment celle de 2013 et ce pour les deux (2) niveaux évalués, à savoir le CP2 et le CE2. Cette amélioration des notes des élèves qui se situent (juste) au niveau de la moyenne nationale de 50/100 est plus marquée en français qu’en calcul. Cette amélioration peut être attribuée aux conditions d’apprentissage rendues plus favorables par les interventions du projet comme la mise à disposition des fournitures scolaires, des manuels, les formations et encadrements dont ont bénéficié les enseignant(e)s. En dépit de ces renforcements, le niveau académique des enseignants reste bas, mais cependant supérieur dans la zone du PAEF à celui de la zone témoin. Aux dires de 98% des directeurs d’écoles, les enseignants ont besoin de formation complémentaire pour améliorer leurs pratiques (niveau académique et professionnel) et l’intégration des pédagogies actives. Malgré un léger progrès, l’écart dans les résultats entre élèves filles et garçons persiste : 3,1/100 en faveur des garçons.
Même si des marges d’amélioration en termes d’efficience existent, notamment en ce qui concerne les CEC (pour les jeux éducatifs) et les « classes spéciales » (organisation à moduler en fonction des effectifs), il apparaît que les ressources financières et la plupart des ressources humaines étaient nécessaires pour l’atteinte des résultats actuels.

Recommendations:

Des recommandations sont adressées aux acteurs et partenaires suivants :
Au MEPU-A
Niveau national : Recruter massivement des enseignant(e)s parmi les diplômé(e)s des Ecoles Nationales des Instituteurs (ENI)
Niveau régional: Affecter des enseignant(e)s. Réaliser un répertoire des bonnes pratiques du projet et les partager avec les autres préfectures de la région.
Niveau préfectoral et sous-préfectoral: Consolider les acquis au niveau de la pédagogie active, développer et encourager les grappes ; former les enseignants de la sous-préfecture de Kollet à la pédagogie active ; généraliser le système fille pour fille et garçon pour garçon et veiller à son application effective ; revoir avec l'UNICEF la stratégie des classes spéciales ; déterminer, en collaboration avec l'UNICEF et avec Plan Guinée, une approche pour lutter contre les violences en milieu scolaire ; renforcer les capacités des directeurs dans le domaine de la cogestion avec les structures parentales.
Niveau écoles : réaliser systématiquement, en collaboration avec les structures parentales et des élèves de CM ou du secondaire, le recensement des enfants en âge de commencer le CP1 ; mettre en œuvre le système fille pour fille et garçon pour garçon ; veiller à la multiplication des travaux de groupe dans chaque classe ; assurer la cogestion de l’école avec les structures parentales.
 A l’UNICEF : Revoir avec les différents intervenants le Cadre logique ; définir avec la DPE et Plan Guinée les processus de formation et de suivi des GDE; appuyer la DPE dans la définition et la mise en œuvre d’un plan pour les « classes spéciales »  et d’une approche pour lutter contre les violences en milieu scolaire; élaborer avec PLAN et les communautés une stratégie pour la réduction des mariages précoces.
 Aux communautés : Maintenir filles et garçons à l'école jusqu'au moins la fin de l'école primaire; refuser les mariages précoces; favoriser le partage des tâches domestiques entre les filles et les garçons

Lessons Learned:

Au vu des différents résultats atteints en 2016, on peut estimer que le premier résultat attendu du PAEF, à savoir « au moins 90% des enfants en âge d’être scolarisés dans les 9 sous-préfectures de Télimélé ciblées seront inscrits et maintenus à l’école, avec parité des filles et des garçons» a des chances d'être atteint à la fin du projet quant à l’inscription, mais non pour le maintien. Pour les autres résultats attendus, la tâche parait ardue, mais pas impossible sur le plan qualitatif.
Les résultats dont le PAEF peut se prévaloir sont en grande partie liés à l’approche qui a été mise en œuvre, à savoir une approche holistique. En effet le PAEF a pris en compte dans ses interventions tout à la fois les communautés et le système éducatif. De même le PAEF a tenu compte à la fois des contraintes socio-économiques et des contraintes socioculturelles. Même si le statut des femmes laisse encore à désirer, notamment dans les APEAE, le PAEF a valorisé l’image des femmes à travers les AMEF (des mères, analphabètes pour la plupart, se sentent chez elles à l'école,) et à travers les trois (3) jeunes femmes ADC, dont le rôle de modèle est important.



Full report in PDF

PDF files require Acrobat Reader.


 

 

Report information

Year:
2016

Country:
Guinea

Region:
WCAR

Theme:
Education - Girls

Type:
Evaluation

Partners:
PLAN INTERNATIONAL - Guinée

Language:
French

Sequence #:
2016/002

New enhanced search