Vaccination : du refus à l’acceptation

Lors de chaque campagne de vaccination contre la poliomyélite, les relais communautaires se mobilisent pour vacciner le plus d’enfants possible.

Rimoyal Ratnan
16 juillet 2019
Beya Tshitende est un relais communautaire engagé dans la lutte contre la poliomyélite dans la Province du Kasaï

Beya Tshitende est un relais communautaire engagé dans la lutte contre la poliomyélite dans la Province du Kasaï, au centre de la République Démocratique du Congo (RDC). Lors de chaque campagne de vaccination contre la polio, Beya se rend de ménage en ménage pour encourager les parents à faire vacciner leurs enfants.

Lors de la dernière campagne de vaccination, Beya a rencontré Richard, père d’un enfant de deux ans. Alors que Beya tentait de convaincre la famille de faire vacciner leur enfant, Richard s’est violemment opposé. « Il vient de prendre les fétiches pour sa protection à vie », expliquait le père de famille. La sorcellerie est omniprésente dans l’imaginaire collectif et pour se protéger de cette sorcellerie, la population a recours à la « contre-sorcellerie » et aux fétiches.

Dans l’esprit de Richard, le vaccin contre la polio détruirait les fétiches et exposerait toute la famille à la maladie et au malheur. Il était hors de question de vacciner le jeune Kabongo. Convaincu de l’importance de la vaccination, Beya a mobilisé toute son énergie pour convaincre Richard : le vaccin n’affaiblit pas les fétiches mais renforce la protection.

Aucun médicament n’existe pour guérir la poliomyélite et la vaccination est le meilleur moyen d’éviter de contracter cette maladie invalidante. « Vraiment ? Je l’ignorais », a avoué Richard après plus d’une heure d’échanges et de discussions. Un agent de santé a administré les gouttes de vaccin à Kabongo et Richard s’est lui-même engagé dans la lutte

« Je veux faire le même travail que tu es en train de faire », a déclaré le père de famille à Beya. Le jour suivant, Richard et Beya ont identifié plusieurs enfants non vaccinés et ont convaincu leurs parents à les faire vacciner. « Je veux effacer le mauvais exemple que j’ai donné », conclut Richard qui est maintenant mobilisé aux côtés des relais communautaires.

Richard s’est résolument engagé à mobiliser sa communauté à accepter le vaccin lors des prochaines campagnes de vaccination contre la poliomyélite.

Au cours du mois de mai 2019, plus de 570.000 enfants à travers la Province du Kasaï ont été vaccinés pour renforcer leur immunité contre la poliomyélite. Lors des prochaines campagnes de vaccination, 700.000 enfants supplémentaires vont bénéficier des gouttes protectrices.