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Quand les liens familiaux se retissent

L’UNICEF soutient les enfants vulnérables affectés par la violence en réunissant les familles pour qu’ils retrouvent une stabilité affective essentielle à leur développement

UNICEF RDC
Un garçon tient une balle de football
UNICEF/UNI854906/Christian Mirindi Johnson
26 septembre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

« Je faisais semblant d’être fort mais, au fond, j’avais peur. »

À travers les mots de Justin*, 13 ans, se dessine le parcours d’un jeune garçon résilient qui retrouve les joies de l’enfance. Avec son petit frère de 11 ans, il a connu l’abandon et l’errance, quittant leur village de la province du Sud-Kivu pour rejoindre à pied le chef-lieu Bukavu.

Après 35 kilomètres de marche, les deux enfants sont arrivés en ville. Ils dormaient dehors, cherchaient de quoi manger et vivaient dans l’insécurité, tout en gardant l'espoir de retrouver leur père grâce à un nom et une adresse incomplète laissés par leur mère avant de disparaître.

À ce moment-là, des affrontements armés ont atteint la ville de Bukavu, exposant encore davantage les frères aux dangers de la rue et au risque d'être pris dans le conflit.

Deux garçons se tiennent dans l'embrasure d'une porte
UNICEF/UNI854918/Christian Mirindi Johnson

« Mon petit frère pleurait souvent et demandait tout le temps où était maman, mais je ne savais pas quoi lui dire », se souvient Justin.

Dans le quartier où les deux garçons se trouvaient souvent, une femme tenant un petit restaurant a fini par alerter ACAD, une organisation partenaire de l’UNICEF spécialisée dans la protection de l’enfant.

Présentes chaque jour aux côtés des communautés, les équipes d’ACAD sont connues et reconnues pour leur proximité et leur rôle de repère fiable pour les enfants en difficulté.

«â€¯Lorsqu’on les a rencontrés, les enfants étaient affamés, fatigués et méfiants », se rappelle Christian*, travailleur para-social d’ACAD.

Un homme portant un gilet avec le logo de l'UNICEF et d'une autre organisation
UNICEF/UNI854630/Christian Mirindi Johnson

Christian et ses collègues ont rapidement pris en charge Justin et son frère : repas, vêtements, soins et surtout un lieu sûr pour se reconstruire. Ils ont été confiés à une famille d’accueil temporaire formée et accompagnée par la Division des affaires sociales (DIVAS) et l’UNICEF.

Dans les semaines qui ont suivi, l’organisation a retracé la piste de leur père. Lorsque Justin et son frère l’ont enfin rencontré, la joie se mêlait à l’appréhension. L’homme ignorait tout de ce que ses fils avaient traversé.

« Quand je l’ai vu pour la première fois, j’étais content mais aussi stressé. Lui non plus ne nous connaissait pas. Mais il nous a acceptés, et depuis, on vit chez lui », confie Justin.

Le rôle des équipes d’ACAD ne s’est pas arrêté à la recherche familiale. Elles ont accompagné le processus de réintégration au sein du foyer et de la communauté, tout en assurant un suivi régulier pour veiller au bien-être des enfants.

Un groupe d'enfants qui jouent au football
UNICEF/UNI854921/Christian Mirindi Johnson

Aujourd’hui, les deux garçons vont à l’école et retrouvent une stabilité affective essentielle à leur développement. Justin aime jouer au football et faire rire les autres enfants. 

« Faire de la comédie, ça me rend heureux, surtout après tout ce qu’on a traversé », dit-il avec un sourire.

Depuis le début de l’année, l’UNICEF et ses partenaires ont accompagné plus de 1 700 enfants séparés de leurs familles grâce à un suivi adapté à leurs besoins dans la province du Sud-Kivu. Parmi eux, plus de 1 000 ont déjà pu être réunis avec leurs proches.

Ce travail de réunification familiale et de prise en charge des enfants vulnérables fait partie d’un programme de protection de l’enfant plus large de l’UNICEF, appuyé par la MONUSCO, le Bureau de l’USAID pour l’assistance humanitaire (BHA), le Bureau des Affaires africaines (BAA), ainsi que le Gouvernement de la Suède.

Francine*, 14 ans, a vécu une situation similaire. Elle vit aujourd’hui chez sa tante, Martine*, qui l’a accueillie avec ses frères après des mois d’incertitude.

Une femme et un adolescente se regardent en étant assises côte à côte sur un canapé
UNICEF/UNI854914/Christian Mirindi Johnson

Orpheline de père et abandonnée par sa mère, Francine et ses frères avaient fui leur village au Sud-Kivu lors des affrontements au début de l’année 2025, à la recherche d'un endroit sûr.

En arrivant à Bukavu, ils se sont retrouvés seuls, sans repères, et exposés à une multitude de risques. Ils ont alors croisé le chemin de travailleurs para-sociaux qui les ont orientés vers un espace sûr soutenu par l’UNICEF. Là, ils ont été écoutés et accompagnés.

Tandis que l’équipe s’est activement mise à la recherche d’un membre de leur famille, Francine et ses frères ont été placés dans une famille d’accueil temporaire, où ils ont pu se sentir protégés et soutenus.

Une semaine plus tard, leur tante a été retrouvée et les a accueillis avec affection.

« Ce sont les enfants de mon frère, je les aime et je veux leur redonner une vie stable », explique Martine en regardant Francine avec tendresse.

Une fille saute à la corde
UNICEF/UNI868528/Christian Mirindi Johnson

Francine et ses frères ont pu retrouver la protection familiale, retourner à l’école et reprendre peu à peu le cours de leur vie d’enfant, loin de la violence.

Le programme de protection de l’enfant de l’UNICEF apporte un appui aux enfants vulnérables et en particulier ceux affectés par le conflit, en assurant leur prise en charge immédiate et en facilitant l’accès à d’autres services essentiels, tels que l’éducation et la santé.

Dans une situation de crise prolongée, où le conflit accentue les vulnérabilités, un financement de long-terme est nécessaire pour continuer à répondre aux besoins croissants et protéger les enfants les plus vulnérables. 


* Les prénoms ont été modifiés dans l’histoire pour permettre aux enfants de poursuivre leur reconstruction et aux travailleurs para-sociaux de continuer leur mission au plus près des communautés.