Lutter contre la stigmatisation des survivants d’Ebola

A chaque déchargement, Swing espère pouvoir organiser une fête, à laquelle toute la communauté est conviée.

Yves Willemot
A chaque déchargement, Swing espère pouvoir organiser une fête, à laquelle toute la communauté est conviée.
UNICEF DRC Nybo

31 mai 2019

« Organiser une fête pour le retour des survivants d’Ebola facilite leur réintégration dans la communauté », explique Swing Muhuyu, assistant psycho-social au centre de traitement Ebola de Beni, à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).

Lorsqu’un patient est déchargé du centre de traitement, il passe obligatoirement auprès de Swing ou d’un des autres assistants psychosociaux pour recevoir un document certifiant qu’ils ne constituent plus un danger pour leur communauté. Cette rencontre est aussi l’occasion d’organiser le retour dans la communauté. Si certains survivant sont accueillis chaleureusement, la plupart sont confrontés à la discrimination, à la stigmatisation et au rejet par leur communauté. Le rôle des assistants psychosociaux formés par l’UNICEF est d’accompagner les personnes guéries lors de leur retour dans la communauté.

A chaque déchargement, Swing espère pouvoir faire une fête, à laquelle toute la communauté est conviée. « Je me rends alors dans la communauté avec ma voiture munie de hauts parleurs », explique Swing. L’assistant psychosocial se transforme alors en animateur et ambianceur afin d’annoncer la bonne nouvelle à toute la communauté : un survivant est de retour ! En plus d’aider les survivants à tourner la page, la fête permet de montrer à tout le monde qu’un traitement précoce des malades peut sauver la vie. « La communauté doit voir des personnes revenir guéries d’Ebola », confie Swing, conscient que beaucoup de personnes ont encore peur de se rendre au centre de traitement.

Certains survivants d’Ebola souhaitent rentrer en silence dans la communauté. Swing et ses collègues assistants psychosociaux se concentrent alors à préparer la famille proche pour l’accueil mais leur travail ne s’arrête pas là. « Le fait qu’une personne ne souhaite pas qu’une fête soit organisée est souvent une indication que la personne souffre encore », explique Swing. L’assistant psychosocial sait alors qu’il faudra accorder une attention particulière lors du suivi de cette personne.

Depuis le mois d’août 2018, Swing a accompagné des dizaines d’anciens patients à leur sortie du centre de traitement, les aidant à reconstruire une vie au sein de leur communauté.


La réponse de l'UNICEF à l'épidémie d'Ebola est appuyée par le Mécanisme de Financement d’Urgence en cas de Pandémie, la Commission Européenne - Opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire, l’Alliance du Vaccin, l’Agence américaine pour le Développement International, le Fonds Central d'Intervention d'Urgence et le Gouvernement japonais. L’UNICEF bénéficie également du soutien du Comité allemand pour l’UNICEF.