Ghislaine, survivante d’Ebola, continue son combat contre la maladie

Des dizaines de survivants d’Ebola sont mobilisés aux côtés de l’UNICEF pour sensibiliser les populations sur la maladie.

Yves Willemot
Une survivante d'Ebola sensibilise la population à l'est de la République Démocratique du Conog
UNICEF DRC Hubbard

04 mars 2019

Ghislaine est infirmière au centre de santé de Butembo, à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Depuis le mois d’août 2018, la région est frappée par une épidémie d’Ebola qui a déjà provoqué plus de 500 décès.

La vie de l’infirmière a basculé aux prémices de l’épidémie lorsqu’une femme, qui semblait souffrir de paludisme, s’est présentée au centre de santé. « Elle ne donnait aucun signe de guérison et nous avons décidé de l’envoyer à l’hôpital », se rappelle l’infirmière. Quelques jours après son transfert à l’hôpital, la malade est décédée et des tests ont révélé qu’elle était porteuse d’Ebola.

Lorsque le diagnostic est tombé, tout le personnel du centre de santé s’est fait vacciner car ils avaient été en contact direct avec la malade. Mais c’était déjà trop tard : Ghislaine  et plusieurs autres collègues avaient déjà été infectés et ont développé les premiers symptômes.

« J'avais de graves maux de tête et une sévère diarrhée », explique Ghislaine. Dès l’apparition de ces symptômes, l’infirmière s’est immédiatement rendue au centre de traitement Ebola. « Je savais que plus vite je me présentais au centre de traitement, plus grandes étaient mes chances de survie », poursuit l’infirmière.

Durant plusieurs jours, Ghislaine  est restée en isolement et a reçu les soins nécessaires. Aujourd’hui guérie, elle s’est fixé un nouvel objectif : stopper Ebola ! Avec courage, Ghislaine  raconte son histoire et sensibilise sa communauté.

« Je ne veux pas que mon vécu reste inutile », affirme-t-elle avec d’autant de détermination que pour guérir d’Ebola.

Une survivante d'Ebola se lave les mains à l'entrée d'une station de radio
UNICEF DRC Hubbard

L’information est cruciale pour arrêter la propagation du virus. « Il y a trop de méconnaissance sur ce qu’est Ebola et ce qu’il faut faire pour se protéger », s’exclame Ghislaine, qui est aujourd’hui engagée aux côtés de l’UNICEF pour informer les habitants de Butembo. Chaque jour, l’infirmière participe aux activités de sensibilisation, se rend dans les églises pour sensibiliser les fidèles et sillonne les lieux publics pour expliquer comment il est possible de se protéger contre Ebola. Elle répète toujours les mêmes messages : se laver les mains, ne pas toucher des personnes inconnues, se faire vacciner si nécessaire, consulter dès les premiers symptômes, etc. Ghislaine  est convaincue que c’est en adoptant ces gestes simples qu’il sera possible d’arrêter la propagation d’Ebola.

Une survivante d'Ebola sensibilise la population à l'est de la République Démocratique du Conog
UNICEF DRC Hubbard

« Je voudrais que toutes les communautés frappées par cette maladie s’impliquent activement pour la lutter », dit l’infirmière pleine d’espoir. Ghislaine  voit les retombées de son travail au sein de sa communauté : les gens comprennent que la maladie existe réellement et qu’il faut se rendre rapidement au centre de traitement en cas de symptômes.

Ghislaine et les survivants de l’épidémie sont la preuve vivante qu’il est possible de guérir d’Ebola. En s’impliquant au sein de leurs communautés, les survivants jouent un rôle central dans la lutte contre l’épidémie.


La réponse de l'UNICEF à l'épidémie d'Ebola est appuyée par le Mécanisme de Financement d’Urgence en cas de Pandémie, la Commission Européenne - Opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire, l’Alliance du Vaccin, l’Agence américaine pour le Développement International, le Fonds Central d'Intervention d'Urgence et le Gouvernement japonais. L’UNICEF bénéficie également du soutien du Comité allemand pour l’UNICEF.