Les familles subissent les conséquences des violences à l'est de République Démocratique du Congo

Après l’attaque qui a réduit sa vie en fumée, Janette a rejoint un camp pour personnes déplacées à Bunia.

Typhaine Daems
Janette a rejoint un camp pour personnes déplacées à Bunia
UNICEF DRC Hubbard

19 août 2019

Le dimanche 2 septembre 2018 est une date gravée à jamais dans la mémoire de Janette, habitante d’un petit village de la Province de l’Ituri, au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC). Tout avait pourtant commencé comme une journée normale mais la vie de la mère de quatre enfants a pris un nouveau tournant lorsque son village a été attaqué et incendié : son mari a été tué, ses enfants ont disparu et elle-même a été blessée à la jambe par une flèche.

Après l’attaque qui a réduit sa vie en fumée, Janette a rejoint un camp pour personnes déplacées à Bunia, situé à plus de 75 kilomètres de son village d’origine. Il lui aura fallu une semaine et demie de marche, appuyée sur d’autres villageois en fuite, pour rejoindre le camp. Jusqu’à aujourd’hui, Janette ne connaît pas les auteurs de la violence mais elle en subit les conséquences tous les jours.

« Je craignais le pire pour mes enfants », se rappelle la maman qui est restée deux mois sans savoir où étaient ses enfants ni même s’ils avaient survécu à l’attaque. Deux mois après son arrivée au camp, Janette a été réunifiée avec ses quatre enfants mais les conditions de vie de la famille sont très précaires.

Janette, qui avait été blessée à la jambe lors de l’attaque, a beaucoup de difficultés à se déplacer et développer une petite activité économique. Sans revenus, la maman et ses quatre enfants sont complètement dépendants de l’assistance humanitaire pour leur survie. L’UNICEF soutient des centaines de milliers de personnes déplacées sous forme de soins de santé, d’eau, d’assistance alimentaire et nutritionnelle. 

Chaque jour, Janette se rend au centre de santé soutenu par l’UNICEF pour faire soigner sa jambe. Pendant ce temps, ses enfants sont pris en charge dans l’espace amis des enfants où ils peuvent jouer, poursuivre leur scolarité et oublier la violence à laquelle ils ont été confronté.

« J’ai pu renvoyer mes enfants à l’école et cela me rend heureuse de les voir heureux », confie Janette qui n’aurait pas eu les moyens de soutenir la scolarité de ses enfants sans l’appui de l’UNICEF. Aujourd’hui, les enfants de Janette sont parfaitement intégrés dans leur nouvelle école et communauté mais le projet de Janette pour l’avenir n’est pas de rester à Bunia. « Dès que la situation sécuritaire le permettra, je vais retourner au village », explique la mère de famille qui sait qu’aujourd’hui ce n’est pas encore possible. 

Plus de 500.000 personnes ont fui leur village suite aux conflits intercommunautaires dans la Province de l'Ituri. Comme Janette, les centaines de milliers de personnes déplacées ne rêvent que d’une chose : retourner dans leur communauté d’origine et reprendre le cours normal de leur vie. L’UNICEF se prépare à les accompagner dans ce processus en assurant, entre autres, la réhabilitation des centres de santé, des écoles et des points d’eau dans les villages dévastés par la violence.