« Lorsque je fabrique un masque, c’est pour qu’une personne puisse se protéger »

L’UNICEF a commandé deux millions de masques à des organisations non gouvernementales et associations à travers la République Démocratique du Congo.

Nickey Kanyinda Mputu
Nadine Ntanga, 17 ans, assise derrière sa machine à coudre
UNICEF DRC Mputu
11 juin 2020

Lubumbashi, République Démocratique du Congo - « Par manque de moyens, j’ai arrêté l’école », explique Nadine Ntanga, 17 ans, assise derrière sa machine à coudre. A la mort de son père, Nadine s’est inscrite dans une formation de coupe-couture au Centre de Promotion Sociale soutenu par l’UNICEF.

Face à la pénurie de masques de protection sur le marché congolais, l’UNICEF a fait appel à des organisations non gouvernementales et des associations pour fabriquer localement deux millions de masques de protection destinés aux enfants et aux communautés les plus vulnérables. Chaque jour, Nadine fabrique 20 masques mais son objectif est d’arriver à en produire 50. « Nous avons fait une formation de trois jours pour apprendre à confectionner les masques », précise Nadine qui est en dernière année de sa formation.

« Lorsque je fabrique un masque, c’est pour qu’une personne le porte et puisse se protéger »

Lorsqu’elle a entendu parler du coronavirus pour la première fois, Nadine n’y a pas cru. « C’est quand les écoles et les églises ont été fermées que j’ai commencé à me dire que c’est sérieux », avoue Nadine qui est maintenant impliquée dans la lutte contre le coronavirus. « Beaucoup de gens ne portent pas des masques parce qu’ils n’ont pas les moyens d’en acheter », explique Nadine. A ce jour, l’UNICEF a distribué plus de 200.000 masques dans les provinces affectées par le coronavirus.

« Plus on fabrique de masques, plus on donne l’occasion à ceux qui en manquent de se protéger »

Lorsque Nadine vient à l’atelier de couture pour confectionner les masques, elle adopte les gestes de prévention pour se protéger et éviter tout risque de contamination. La jeune fille regrette pourtant de voir que beaucoup de jeunes de sa communauté refusent de porter des masques ou de se tenir à distance. « Je veux dire aux jeunes que le coronavirus existe et qu’ils doivent se protéger en respectant les gestes barrières », dit Nadine.

Aujourd’hui, Nadine fabrique des masques de protection mais la jeune fille a de grands projets pour l’avenir.  « Bientôt j’aurais mon propre atelier pour coudre des ensembles, des robes de mariage et tout ce qui est beau », dit-elle avec un large sourire. Lorsqu’elle ouvrira son atelier, Nadine formera de nouveaux jeunes pour qu’ils puissent bénéficier des mêmes opportunités qu’elle.