École : espoir pour les jeunes victimes de violences brutales en RDC

Partout dans les provinces du Sud-Kivu et du Tanganyika, les écoles sont bondées d'enfants du matin au soir.

James Oatway (traduit de l’anglais par Léa Gautherat)
30 octobre 2019

 

« Effort et Joie » est peint en bleu clair sur le premier des quatre bâtiments en tôle qui composent l'école primaire Benahamba de Sola, province du Tanganyika, République Démocratique du Congo (RDC). La cour de l'école, où les enfants jouaient, est une clairière irrégulière de terre rouge, ponctuée de quelques petits manguiers. Derrière l'école s'élève une colline, couverte d'une végétation basse mais dense. La milice descendit de cette colline, émergea de la forêt, se camoufla en feuilles et tira en l'air.

« J'étais en classe avec les enfants », raconte Ngongo Mputa, un enseignant de l'école. « Soudain, j'ai entendu des coups de feu. » Les coups de feu ont provoqué la panique chez les enfants et les enseignants et ils ont quitté les salles de classe en courant pour tenter de fuir. Le chaos s'ensuivit et les hommes armés commencèrent à rassembler les garçons. 

 

« Certains enseignants suppliaient les hommes de ne pas faire de mal aux enfants et de les laisser tranquilles. Ils les ont battus et poussés. Ils ont pris 8 enfants de ma classe. » Ils ont encerclé les otages et ont disparu avec eux dans la forêt. Au total, la milice a pris 18 enfants et 5 enseignants ce jour-là.

Leonia (12 ans) qui s'est échappée craignait le pire : « Je pensais qu'ils allaient nous tuer. » Elle joue avec un stylo pendant qu'elle parle. « Je pleurais, tout le monde pleurait. » Elle a réussi à rentrer chez elle en courant. « Je suis rentré chez moi et ma mère m'attendait. Elle m'a serré dans ses bras puis nous nous sommes enfuis dans la brousse. » Elle devient nerveuse et agité en racontant l'événement, ses grands yeux s'agitent nerveusement. « Ma mère m'a dit que je ne devais jamais retourner à l'école », dit-elle. « Ils ont pris mon ami Lambert. Ils ont même pris un tout petit garçon. »

 

D'autres écoles ont été incendiées fin 2017. Cette violence a entraîné un exode massif de la population de la région. Certains ne sont toujours pas revenus.

Il y a de l'espoir pour les jeunes victimes de cette violence brutale. Partout dans les provinces du Sud-Kivu et du Tanganyika, les écoles sont bondées d'enfants du matin au soir. En collaboration avec des organisations partenaires, l'UNICEF a appuyé les efforts visant à ramener tous les enfants à l'école et à permettre aux enfants qui ont manqué l'école pendant le conflit de se remettre à niveau. Les enfants déplacés reçoivent des leçons de rattrapage. Les enseignants sont encouragés à passer plus de temps avec les enfants déplacés. Des espaces sécuritaires sont créés où les enfants peuvent jouer et les enfants sont tous nourris tous les jours. Il n'y a pas que les enfants déplacés qui en bénéficient. Les écoles des communautés d'accueil reçoivent du matériel éducatif et récréatif supplémentaire et les enfants locaux en bénéficient également.