Ebola : une leçon de vie pour Esther

A l’est de la République Démocratique du Congo, de nombreux survivants d’Ebola se mobilisent pour protéger les plus jeunes victimes de la maladie.

Jean-Claude Wenga
Esther, une survivante d'Ebola
UNICEF DRC Wenga
01 mai 2020

Beni, République Démocratique du Congo - Avant de contracter la maladie à virus Ebola, Esther était comme de nombreux habitants de Beni et ne croyait pas à l’existence de cette maladie. Puis, un jour du mois de septembre 2018, la mère de famille a été contaminée.

« J’avais mal à la tête, j’avais trop froid et je frissonnais », se rappelle Esther qui a d’abord essayé l’auto-médication. Le mari d’Esther, inquiet de voir sa femme saigner, a tenté de la raisonner pour qu’elle consulte un médecin mais rien n’y faisait. Esther avait reconnu les symptômes d’Ebola, mais la honte et la stigmatisation dont étaient victimes les personnes ayant contracté la maladie l’empêchaient de se rendre au centre de traitement. « Je suis restée à la maison pendant trois jours et j’ai continué à saigner », poursuit Esther.

Plus les jours passaient, plus les douleurs devenaient insupportables. N’ayant pas d’autres choix, Esther a décidé de se rendre à l’hôpital le plus proche de chez elle. A son arrivée, elle a été transportée immédiatement en ambulance jusqu’au centre de traitement Ebola. « Je pensais à mes enfants », poursuit Esther en se rappelant de ses pensées lorsque le diagnostic est tombé. Après des semaines de traitement, Esther a été déclarée guérie et est sortie du centre de traitement. 

Heureuse de pouvoir à nouveau être entourée de ses enfants et de son mari, Esther craignait la réaction de ses proches, ses voisins et ses amis. « Ma communauté considérait les malades d’Ebola comme des personnes très sales », avoue Esther. Grâce à l’accompagnement des équipes de l’UNICEF lors de son retour au sein de sa communauté, Esther a finalement été bien accueillie - au plus grand bonheur de ses enfants.

Esther, une survivante d'Ebola, berce un enfant séparé de ses parents à cause de la maldie
UNICEF DRC Wenga

Consciente de la gravité de la situation qui était en train de se jouer, Esther a décidé d’utiliser son immunité pour venir aider à son tour. Elle est devenue berceuse dans la crèche mise en place par l’UNICEF pour prendre soin des enfants orphelins ou séparés de leurs parents à cause de la maladie. En tant que mère, elle savait à quel point il était difficile pour elle d’être séparée de ses enfants durant son traitement. 

« Je les ai considérés comme mes propres bébés », explique fièrement Esther. Après avoir passé des mois à s’occuper de dizaines d’enfants, Esther espère que plus aucun enfant ne sera dans cette situation. « C’était une expérience difficile, surtout pour les enfants qui sont restés orphelins. En tant que mère, je ne peux que leur souhaiter beaucoup de courage », conclut Esther. 

L’UNICEF a installé 5 crèche où plus de 60 berceuses comme Esther s'occupent des enfants séparés ou orphelins grâce au soutien de la Banque Mondiale, la Commission Européenne - Opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire, l’Agence américaine pour le Développement International, le Fonds Central d'Intervention d'Urgence et le Gouvernement britannique.