Des habitants mobilisés pour assurer un environnement sain à leurs enfants

Le village de Bayamguma a été « certifié assaini » en 2014 et depuis ce jour, l’ensemble des habitants se mobilisent pour maintenir leur statut.

Yves Willemot
Une femme se lave les mains avec de l'eau propre recueillie dans un bambou dans sa maison en République démocratique du Congo.
UNICEF DRC Prinsloo

21 mars 2019

« Quand j'étais enfant, les animaux et les personnes partageaient l'eau de la rivière à quelques kilomètres d’ici », se rappelle Tantine, une des habitantes du village Bayamguma au nord de la République Démocratique du Congo (RDC). Tantine habite au village depuis sa plus tendre enfance et se rappelle qu’elle avait souvent la diarrhée quand elle était enfants. « Nous étions souvent malades car nous utilisions l'eau de la rivière pour cuisiner et nous laver », raconte Tantine. L’eau de la rivière était contaminée par les excréments des animaux et avait mauvais goût.

Cette réalité était la même dans de nombreux autres villages de la région : l’eau consommée par les populations n’était pas potable, des saletés trainaient dans les ruelles, les parcelles n’étaient pas entretenues, etc. En grandissant, Tantine et les habitants du village ont pris conscience que cette situation ne pouvait pas continuer. Ensemble, ils ont décidé de participer au programme Villages et Ecoles Assainies, mis en place par le Gouvernement congolais avec l’appui de l'UNICEF.

Tantine est en première ligne pour garantir de meilleures conditions d’hygiène à sa famille.
UNICEF DRC Prinsloo

« Depuis que notre village a reçu le certificat de village propre, beaucoup de choses ont changé ici », affirme Tantine. Le village est maintenant plus propre et dispose d’eau potable, de latrines et d’unités de lavage de mains. « Il n’est pas seulement plus propre et plus agréable à vivre mais les problèmes de santé des enfants ont aussi fortement diminué », ajoute-t-elle. En effet, afin d’être reconnu comme village propre, il est nécessaire que la population connaisse les différentes méthodes de transmission des maladies diarrhéiques.

Tantine est en première ligne pour garantir de meilleures conditions d’hygiène à sa famille. Chaque jour, elle commence sa journée en nettoyant le lopin de terre devant chez elle et en allant puisant de l’eau potable pour la journée. Tantine n’est pas la seule à avoir adopté ces bonnes habitudes au quotidien. L’ensemble des villageois ont réagi avec enthousiasme et se sont mis à l’œuvre.

président du Comité de gestion du projet, Dieumerci s’assure que tous les problèmes soient étudiés et que des améliorations soient proposées.
UNICEF DRC Prinsloo

« Nous avons un comité qui se réunit tous les mois pour discuter des problèmes auxquels nous faisons face et des améliorations à apporter », explique Dieumerci, un autre habitant de Bayamguma. Elu président du Comité de gestion du projet, Dieumerci s’assure que tous les problèmes soient étudiés et que des améliorations soient proposées. Lors de la dernière réunion, un problème de mauvaises herbes a été soulevé. « Cela attire les moustiques et augmente le risque de paludisme », affirme Dieumerci. Avec les membres du comité, une opération de nettoyage a été organisée afin de retirer toutes les mauvaises herbes.

Tantine et Dieumerci sont des fervents défenseurs du statut de leur village. « Maintenir notre statut est un processus dynamique auquel chaque villageois doit participer », expliquent-ils. A Bayamguma, l’ensemble de la communauté est mobilisée pour créer un environnement où chaque enfant pourra grandir en bonne santé.  « Nos enfants sont en bien meilleure santé », concluent Tantine et Dieumerci, déterminés à poursuivre leurs efforts.

A travers la RDC, près de 10.000 villages participent au programme grâce au soutien UKAid et USAid, contribuant à améliorer la santé de plus de 11 millions de congolais.