Des espaces pour jouer, rire et se reconstruire

Les Espaces Amis des Enfants offrent un peu de répit aux enfants affectés par les conflits et la violence.

Typhaine Daems
Des enfants déplacés dans un espace ami des enfants à Bunia
UNICEF DRC Desjardins
27 février 2020

A première vue, on ne remarque que les sourires sur les lèvres des enfants. Pourtant, les petites filles et les petits garçons présents ici ont fui leur village et ont assisté à des choses qu’aucun enfant ne devrait voir : incendies, meurtres, pillages, destructions, etc. Tous sont des victimes des violences qui ravagent la Province de l’Ituri.

Des enfants déplacés dans un espace ami des enfants à Bunia
UNICEF DRC Desjardins

Chaque jour, l’Espace Ami des Enfants installé au cœur d’un camp de personnes déplacées à Bunia accueille plusieurs centaines d’enfants qui ont fui la violence. « J’aime bien venir ici parce que je peux jouer avec d’autres enfants », raconte Moise, originaire d’un petit village du territoire de Djugu. Il y a un an, son père a été tué lors d’une attaque sur son village et, il y a quelques mois, sa mère a été mortellement blessée lorsque leur village a été incendié.

Du haut de ses 12 ans, Moise a pris la décision de fuir avec ses deux jeunes sœurs. Un voisin, qui avait également fui le village, a pris en charge les trois orphelins. Aujourd’hui, ils vivent dans le camp pour personnes déplacées. Pour aider sa famille d’accueil, le jeune garçon fait des petits boulots et récolte chaque jour un peu d’argent : vente d’eau, transport, petits travaux, etc.

La vie dans le camp n’est pas facile pour les enfants. Privés de loisirs, d’éducation et souvent obligés de travailler pour subvenir aux besoins de la famille, les enfants sont privés de leur enfance. Grâce à l’Espace Ami des Enfants installé par l’UNICEF dans le camp, les enfants trouvent un endroit sûr pour apprendre, jouer, se faire des amis et redevenir des enfants

Moise, 12 ans, a fui les violences de la province de l'Ituri
UNICEF DRC Hubbard

Pour quelques heures, Moise oublie la violence à laquelle il est confronté. Moise apprend aussi des compétences de vie plus générales comme par exemple à quel point il est important de maintenir une bonne hygiène en se laver les mains pour éviter des maladies tel qu’Ebola.

Bien que sa vie soit marquée par des événements dramatiques et que ses conditions de vie ne soient pas enviables, Moise est confiant et plein d’espoir pour l’avenir. « Bientôt je vais reprendre l’école et je serai médecin », conclut le jeune garçon, futur médecin émérite.

En 2019, l'UNICEF et ses partenaires ont permis à 171.560 enfants touchés par des crises humanitaires comme Moise d'accéder à des services psychosociaux et des espaces sûrs pour apprendre, pour être avec leurs amis et pour retrouver un sentiment de normalité dans leur vie.