Aider les victimes des inondations

A la fin de l’année 2019, plus de 380.000 personnes ont été victimes des inondations provoquées par la crue de la rivière Ubangi.

Didier Chubaka Ngufu
Madeleine entourée par ses 2 enfants
UNICEF DRC Ngufu
15 juillet 2020

« J’avais peur que la maison nous tombe dessus », se rappelle Madeleine Banza, serrant fermement ses deux enfants. Au mois de novembre 2019, la vie de cette mère de famille a pris un tournant dramatique lorsque les eaux de la rivière Ubangi sont montées, atteignant deux mètres. Craignant pour la sécurité de Mireille (3 ans) et Jean (4 ans), Madeleine a pris la fuite lorsqu’elle a vu que sa petite maison ne pouvait plus résister à la force de l’eau. 

« J’ai tout perdu, ma maison, mon bétail et mon jardin sont partis avec les eaux », explique Madeleine qui avait un petit commerce qui lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille. Aujourd’hui Madeleine a trouvé refuge auprès d’une famille d’accueil dans un village éloigné de la rivière. La mère de famille travaille dans un champ en échange d’une partie de la récolte.

« La vie que j’ai maintenant est loin d’être idéal, mais je garde espoir pour un meilleur avenir » 

Antoinette Malembe, assise devant sa maison
UNICEF-Ngufu

« Il y a des inondations presque chaque année, mais les eaux ne montent jamais trop et ne causent pas de dégâts », explique Antoinette Malembe, 65 ans, qui n’avait jamais assisté à une telle catastrophe. Lorsque l’eau a commencé à entrer dans sa maison, Antoinette a rassemblé quelques biens et a pris la route avec ses trois enfants et ses deux petites filles. « Il nous a fallu deux jours pour parcourir les 80 km à ici », explique Antoinette qui a trouvé refuge dans une école. 

« Mes enfants et petits-enfants sont encore jeunes et je veux leur préparer un avenir meilleur sans la menace de ces inondations », dit fermement Antoinette qui a monté un élevage de poules et un petit commerce pour subvenir aux besoins de sa famille. « Avant les inondations, j'avais dix poulets, mais un seul a survécu », dit Antoinette bien déterminée à renvoyer ses enfants et petits-enfants à l’école.

Mohamed montrant une carte d'afrique
UNICEF DRC Ngufu

De nombreuses écoles ont été détruites lors des inondations. Idriss Soge, directeur de l’école primaire Mohamed à Zongo, n’a réussi à sauver que quelques livres et cartes lorsque les eaux ont submergé les salles de classe de son école.

« Deux jours après, nous avons repris sous un manguier mais les eaux nous ont suivies jusque-là »

L’UNICEF a installé des salles de classe temporaires et des latrines pour permettre aux 400 élèves de son école de poursuivre leur apprentissage dans de bonnes conditions. « Les élèves sont les premiers perdants dans cette catastrophe », dit tristement le directeur.

Dodo dans son bureau
UNICEF DRC Ngufu

« Lorsque les inondations sont arrivées, le centre de santé a été englouti par les eaux et beaucoup de nos médicaments ont été emportés », se rappelle Dodo Bangala, infirmier. Avec l’aide des habitants, Dodo a mis à l’abris les malades mais le problème de l’eau potable s’est rapidement fait ressentir. « Nous n'avions que de l'eau sale à boire donc j’étais très inquiet pour la santé des enfants », se rappelle Dodo qui a assisté, impuissant, à une augmentation des cas de diarrhée et vomissements. 

« Je suis devenu infirmier pour aider ma communauté et les protéger contre les maladies »

Le centre de santé a été réouvert en janvier 2020 dans une maison de location et l’UNICEF a fourni des médicaments et des fournitures médicales pour assurer une bonne prise en charge des patients.


Grâce à l’appui de ECHO et du Bureau d'aide humanitaire d'USAID, l’UNICEF a rapidement assisté les victimes des inondations dans les provinces du Nord-Ubangi et du Sud-Ubangi. Des kits d’urgence ont été distribués aux ménages affectés, des médicaments ont été fournis aux zones de santé touchées, des écoles ont été soutenues et les populations ont été sensibilisées aux bonnes pratiques d’hygiène. L’UNICEF et ses partenaires ont également mené des activités d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les zones affectées et les zones et d’accueil.