« Je compte vivre normalement, comme n'importe qui »

A 17 ans, Céphas a appris qu’il était atteint du VIH depuis sa naissance.

John Ngombwa
A 17 ans, Céphas a appris qu’il était atteint du VIH depuis sa naissance.
UNICEF DRC
28 novembre 2019

« Je ne comprenais pas l'insistance de ma mère à me faire prendre des comprimés chaque jour », explique Céphas, un adolescent de presque 18 ans. Durant des années, Céphas a pris des médicaments sans savoir pourquoi, même lorsqu’il n’était pas malade. « Ma mère me disait que j’allais mourir si je ne prenais pas mes médicaments », se rappelle Céphas.

Ce n’est qu’à l’âge de 17 ans que Céphas a appris la vérité et la nature des médicaments qu’il devait prendre tous les jours. « J’ai le VIH », explique calmement l’adolescent qui n’a jamais bénéficié d’un dépistage précoce. La mère de Céphas pensait le protéger en lui cachant son statut sérologique et en lui donnant des médicaments antirétroviraux. « Je n’en veux pas à ma mère », avoue Céphas qui a également appris le statut sérologique de ses parents. Les femmes séropositives doivent avoir accès aux services nécessaires pour rester en vie et prévenir la transmission du VIH à leur bébé durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

« J'étais troublé », avoue Céphas en repensant au jour où il a appris la nouvelle. Afin d’aider les adolescents à accepter leur statut sérologique et prévenir la transmission du virus, l’UNICEF a mis en place des groupes d’auto-support dans le cadre du programme All In. « Tout se passe bien maintenant », poursuit le jeune garçon qui a non seulement accepté son état sérologique mais c’est engagé à sensibiliser les jeunes de sa communauté.

« Si tu ne sais pas que tu es atteint, cela peut être dangereux pour la société », explique l’adolescent qui a conscience qu’il aurait pu infecter d’autres personnes, sans le savoir. En 2018, 88.000 enfants et adolescents vivaient avec le VIH en République Démocratique du Congo (RDC). Pour rompre le cycle des nouvelles infections et des décès, il est impératif de dépister les enfants, leur mère et les adolescents et de leur fournir un traitement.

Malgré son état sérologique, Céphas a de grands rêves et des ambitions pour l’avenir. « J’ai réussi à positiver tout cela », explique le jeune homme qui souhaite entamer des études de médecine l’année prochaine qui a fait ce choix pour venir en aide aux autres jeunes de sa communauté.

« Je compte vivre normalement, comme n'importe qui », dit-il fermement.