Le personnel de santé d’Assassane, pivots du système de santé d’Obock

L’offre de services et la qualité des soins dépend essentiellement de l’efficacité des ressources humaines disponibles aux différents niveaux de la pyramide sanitaire

Iman Abdi Houssein
Ahmed exerce sa fonction d’agent de santé à Assassane
UNICEF Djibouti/2022/Iman Abdi Houssein
04 avril 2022

L’offre de services et la qualité des soins dépend essentiellement de l’efficacité des ressources humaines disponibles aux différents niveaux de la pyramide sanitaire. Dans les localités intérieures, nous trouvons des agents de nutrition formés, contribuant aux changements et qui prennent scrupuleusement soin des enfants atteints de Malnutrition Aigüe sévère et modérée dans leurs localités.

C’est à Assassane, une localité se trouvant dans la région d’Obock, que nous avons pu rencontrer Ahmed.

Ahmed exerce sa fonction d’agent de santé à Assassane, dans la région d’Obock, depuis près de trois ans. La région d’Obock se situe au nord-est de la République de Djibouti. Elle couvre une superficie de 5 700 km2 pour une population estimée à 44 678 habitants en 2019.

Ahmed a d’abord été bénévole pendant près de sept ans avant de poursuivre sa vocation dans le monde professionnel. À Djibouti, l’Institut Supérieur des Sciences de la Santé (ISSS) est l’organisme qui renforce les structures de santé du pays en professionnels qualifiés. Les formations diplômantes délivrés par l’ISSS ont vocations à certifier les prochains agents de santé qui sont en mesure de répondre aux besoins de développement du système national de santé.

Ahmed nous explique qu’à Obock, il y a énormément de rotation de personnel dans le domaine médical. Cela s’explique par l’affection du personnel qualifié vers des postes de santé localisés dans la région d’Obock. Les infirmiers exerçant dans les centres de santé régionaux ont été mobilisés dans les Centre Médico-Hospitalier (C.M.H) de la région d’Obock, laissant les centres de santés environnants en sous-effectif, et avec un besoin criant en personnel qualifié.

« Nous avons besoin d’un renforcement en ressources humaines, en personnel qualifié surtout dans les petites localités du pays. » suggère Ahmed. Il poursuit en nous en expliquant la cause : « À la suite d’une épidémie de choléra l’année passée, le personnel qualifié de Medeho, Khor Angar, Allalai-Dada et Assassane, dans la région d’Obock, ont dû renforcer les capacités en ressources humaines du C.M.H d’Obock, nous laissant démunis face aux besoins de la population de ces localités que je viens de citer ».

Et le médecin chef du C.M.H d’Obock de poursuivre « Depuis près de dix ans, il n’y a plus le système de quotas instauré pour que le nombre de personnel qualifié formé soient réaffectés dans les centres de santé régionaux. »

Malgré cela, la communauté d’Assassane à pris l’initiative de construire son propre centre de santé avec les moyens de la population locale il y a quelques années. « Cela démontre à quel point les habitants de notre localité prennent leur destin en main quand il le faut ! » précise Ahmed, avec fierté.

Depuis, plusieurs réhabilitations ont été actées.

La dernière en date s’est faite dans le cadre du Projet de Renforcement du dispositif de prise en charge et de prévention de la malnutrition chez les femmes enceintes allaitantes et les enfants de moins de 5 ans dans les zones rurales et péri-urbaines vulnérables. Ce projet, qui est financé par l’Union Européenne, est mis en œuvre par le Programme National de Nutrition du Ministère de la santé avec l’appui technique de l’UNICEF. La localité comptabilise près de 7800 habitants. Ahmed et son équipe reçoivent tous les mois près de 200 femmes enceintes ou allaitantes, accompagnées pour la plupart de leurs enfants en bas âge.

Selon lui, les femmes enceintes comprennent de plus en plus l’importance des consultations prénatales. « L’Objectif des consultations prénatales est largement compris selon moi, au vu du nombre de femmes enceinte que je vois ici. »

En revanche, il met l’accent sur une sécheresse qui perdure depuis près de trois mois dans le village, il y a par conséquent moins de bétail qu’auparavant. Là encore, il souligne la résilience de la population d’Assassane qui s’adapte aux changements climatiques en ajustant le régime alimentaire des familles.

« Malgré tous les défis auxquels on fait face, ce travail me passionne, étant natif d’Assassane, je ne quitterai cette localité pour rien au monde. Procéder à un interrogatoire complet afin d’évaluer les risques éventuels pour la grossesse d’une femme, et être en quelque sorte le garant du bon déroulé de chaque consultation est une responsabilité certes grande, mais à ma portée ! » confie Ahmed.

 

 

Ahmed agent de santé à Assassane avec son équipe
UNICEF Djibouti/2022/Iman Abdi Houssein
Ahmed agent de santé à Assassane avec son équipe en séance de travail

Malgré tous les défis auxquels on fait face, ce travail me passionne, étant natif d’Assassane, je ne quitterai cette localité pour rien au monde

Ahmed