VIH : l’importance du dépistage dans les foyers de Nagnénefoun

Atteinte du VIH mais en meilleure santé grâce au traitement des antirétroviraux !

Lydia Kouadio
VIH en Côte d'Ivoire
UNICEF / 2025 / Frank Dejongh
01 septembre 2025

Dans les cours et les foyers polygames de Nagnénefoun, se conservent des secrets qui font honte à ceux qui les portent, des informations qui pourraient les rendre vulnérables et stigmatisés par leur communauté. Ce sont des secrets silencieux et invisibles qui se transmettent seulement sexuellement. Mais ce sont des secrets qui s’ils sont préservés tout en étant traités de façon disciplinée sont inoffensifs et intransmissibles. Il s’agit en effet des maladies ou infections sexuellement transmissibles, dont le VIH.  

Ignorante de ce secret, Dada a été infectée par le VIH. Il y a 2 ans, Dada était souvent malade. Elle se plaignait de douleurs récurrentes et présentait des symptômes assez spéciaux. Face à tout cela, Dada et son mari se sont rendus à l’hôpital où les agents de santé leur ont proposé de faire un test de dépistage du VIH à Dada. Ce test s’est révélé positif, mais ne sachant pas lire, Dada n’a jamais su son statut sérologique ce jour-là. En effet, son mari découvrant les résultats du test les a déchirés, prétextant que les résultats étaient mensongers.  

« Nous sommes donc allé dans un autre centre de santé privé pour faire d’autres analyses. Là-bas, selon mes symptômes, ils m’ont prescrit des médicaments spécifiques. Cependant, après quelques semaines de traitement, mes symptômes reprenaient de plus bel. » Dada 

En effet, Dada avait eu deux fois de suite le Zona aussi appelé « ceinture », une maladie qui apparaît sur la peau autour de la poitrine et se caractérisent par des douleurs et des démangeaisons. L’infirmière Fanta Ballo qui avait effectué le test de dépistage de Dada au préalable, s’est rendu chez elle afin de refaire le test et l’informer de la situation qu’elle traversait. Ce fut un choc pour Dada.  

« Je me sentais abattue par cette nouvelle, je ne comprenais pas pourquoi cela m’arrivait et comment j’allais y faire face dans mon foyer. » Dada  

L’infirmière qui avait fait le test de Dada, la sensibilisa et la rassura, lui annonçant qu’avec le traitement des antirétroviraux, il était possible pour elle de vivre une vie en meilleure santé. Ainsi, elle lui a prescrit des antirétroviraux (ARV). Elle fit également appel au mari pour lui faire un test de dépistage. Celui-ci ne s’y opposait pas. Sans surprise, le test s’avéra positif. Elle lui proposa donc de le mettre sous ARV et c’est à ce moment qu’il avoua qu’il était déjà sous ARV depuis une dizaine d’années. Il supplia l’infirmière de ne pas le révéler à sa femme.  

« Lorsqu’il est sorti de chez l’infirmière, mon mari m’a nargué, disant que lui n’était pas infecté, qu’il n’avait reçu aucun traitement et que c’est moi seule qui l’était. » Dada  

Quelques mois plus tard, Dada découvrait elle-même, que son mari avait la même boîte qu’elle, elle le confronta et il le lui avoua, la suppliant de ne pas dire à ses autres femmes, ses co-épouses à elle. Malheureusement, l’une des co-épouses de Dada en est décédée il y a un an.  

Aujourd’hui, Dada suit son traitement antirétroviral à la lettre et se porte très bien. L’ONG ACDD (Alternative Communautaire pour le Développement Durable) appuyé par l’UNICEF et ses partenaires, agissent ensemble afin de sensibiliser les leaders communautaires, les matrones, les leaders religieux et la communauté sur l’importance du dépistage précoce et du suivi du traitement pour une vie en meilleure santé.