La Seconde Chance

Aider une jeunesse resiliente a se construire un avenir

Chrystel Trazié
La Seconde Chance
Unicef CIV/2021/ChrystelTrazié
13 janvier 2022

Il est 10h dans la ville de Man quand Marie-Paule et ses amies se réunissent comme chaque mois pour leur échange thématique. Aujourd’hui, on parle d’assiduité, de ponctualité et de respect.

Cette activité fait partie du projet « Deuxième chance » auxquelles elles sont inscrites depuis près de 3 mois. L’objectif de ce projet est de donner à ces jeunes dames dont l’âge varie entre 14 et 34 ans, l’opportunité de construire leur avenir malgré un départ difficile dans la vie. Depuis 2020, ce sont près de 435 jeunes filles qui ont bénéficié de ce projet financé par le Gouvernement Canada. 

Marie Paule Tra Lou, 15 ans, jamais scolarisée mais bientôt coiffeuse et chanteuse.

A 14 ans, Marie-Paule réalise en voyant ses autres camarades scolarisés qu’elle ne peut pas espérer grand-chose de son avenir si elle n’apprend pas un métier. La jeune fille, confie son désir d’apprendre un métier à sa tante, elle aussi aux revenus limités. Dès qu’elle apprend l’existence du programme, elle s’empresse d’inscrire sa nièce.

L’attente des résultats de la sélection est longue et stressante. Les filles sont sélectionnées sur dossier et après entretien en fonction de la précarité de leur situation et de la détermination qu’elles manifestent pour apprendre un métier et devenir autonomes.

 

« Je vivais avec ma grand-mère au village. Faute de ressources financières, elle n’a pas pu me scolariser. Quand j’avais 10 ans, elle m’a confié à ma tante. Chez elle, je ne faisais rien d’autre que les tâches ménagères. »

Marie Paule Tra Lou, 15 ans
Marie Paule Tra Lou
Unicef CIV/2021/ChrystelTrazié

Marie-Paule, passionnée de chant, est pleine de rêves. C’est en répétant des chansons d’artistes connus qu’elle a appris à s’exprimer correctement en français et même en anglais. « J’aime aussi la pâtisserie et je me vois plus grande comme une chanteuse business woman à la tête d’un salon de coiffure et d’une pâtisserie », répond-elle quand on lui demande de parler de ses ambitions.

Deux semaines après s’être inscrite, elle apprend avec beaucoup de joie qu’elle est retenue pour le programme. Elle est actuellement en apprentissage dans un salon de coiffure non loin de chez elle. Et quand il s’agit de mettre de l’ambiance dans le salon en chansons, on peut compter sur elle.

 

Arlette Toha, 20 ans: « J’ai échappé à un mariage forcé grâce à ce projet. »

Arlette n’a jamais été scolarisée. Née d’une mère élève et d’un père étudiant, c’est sa tante qui prend très tôt sa garde. Elle l’emmène dans une autre ville et fait d’elle une petite vendeuse de fruits à la gare routière. La petite fille est mal entretenue par cette dernière.

C’est une autre tante qui en prendra la charge jusqu’à ce que sa mère finisse ses études et décide de la reprendre avec elle. Elle a 15 ans quand elle retourne vivre avec ses parents. Elle n’a jamais été scolarisée et n’a rien appris à faire. 5 ans plus tard ne sachant quoi faire pour sécuriser son avenir, son père décide de la marier à une de ses connaissances. Sa cousine s’y oppose et s’engage à lui trouver un métier.

Arlette Toha, 20 ans
Unicef CIV/2021/ChrystelTrazié

« Ce programme est pour moi une chance que je ne pouvais pas laisser passer. C’est enfin l’occasion pour moi de réaliser un rêve et de devenir quelqu’un dans ma vie. J’aurais été trop malheureuse si j’avais été mariée. »

Arlette Toha, 20 ans

La coiffure, c’est un rêve d’enfance. Quand Arlette apprend qu’elle peut intégrer un programme de formation pour être coiffeuse, elle est aux anges. Mais il lui faut d’abord trouver un maître formateur qui possède un salon de coiffure, c’est une des conditions pour faire partie du programme. La chose est vite faite, Arlette est très déterminée.

Soutenir l’apprentissage et l’installation

Marie-Paule et ses amies font partie de la première vague de jeunes dames participant au projet « 2ème chance » dans la ville de Man. Les bénéficiaires des autres vagues de ce projet dans d’autres villes du pays sont pour la plupart déjà actives dans leurs métiers grâce aux kits d’installation qu’elles ont reçu à la fin de leur formation.

Pour leur apprentissage, elles reçoivent chacune un kit et d’une petite dotation pour leur permettre de payer le transport. Les maître-artisans qui les accueille et les forme reçoivent aussi une petite dotation pour les besoins utiles à leur formation.