Girl Power : pour chaque adolescente, une seconde chance

Un nouveau départ pour Charlène

Juan Carlos Pena Algarra
Charlène Nadine Elloh a 23 ans. Aujourd’hui, au centre de l’Office du service civique national (OSCN) de Guingreni, un village situé au nord de la Côte d’Ivoire, un nouveau jour de formation commence pour elle.
UNICEF
29 mars 2022

Charlène Nadine Elloh a 23 ans. Aujourd’hui, au centre de l’Office du service civique national (OSCN) de Guingreni, un village situé au nord de la Côte d’Ivoire, un nouveau jour de formation commence pour elle. Depuis quelques semaines, Charlène a intégré ce centre de formation dans le cadre du projet « Girl Power », qui a pour objectif de former les jeunes filles en compétences de vie courante, en alphabétisation et en entreprenariat avec des encadreurs compétents.

Le projet « Girl Power » cible les adolescentes et les jeunes filles de 16 à 24 ans déscolarisées, non scolarisées, sans emploi ou exerçant une activité précaire qui acquièrent de nouvelles compétences pour intégrer le monde professionnel à la suite d’une série de formations. C’est en quelque sorte une seconde chance pour ces adolescentes et jeunes filles vulnérables, qui bénéficient d’un stage pratique ou d’un accompagnement pour gérer une activité génératrice de revenus pendant trois mois.

La vie de Charlène a basculé en 2002 lorsque son père policier est décédé durant la crise politico-militaire. Ce fut une période difficile pour toute sa famille, composée de cinq enfants et d’une mère qui n’arrivait pas à subvenir à leurs besoins. C’est dans ces conditions que Charlène a quitté l’école, comme tous ses frères, pour être à son tour une source de revenus en aidant sa maman dans son activité professionnelle.

« Ma mère ne nous a jamais abandonné, malgré la mort tragique de mon père, mais il a été difficile pour elle financièrement de s’occuper de mes frères et moi. C’est en classe de Première que j’ai décidé de quitter l’école pour aider ma famille. Trois années plus tard, j’ai eu la chance de reprendre l’école grâce à ma grande sœur qui m’a inscrite en cours du soir pour que je réalise mon rêve de devenir une informaticienne. Toutefois, sans le baccalauréat, il est impossible de terminer cette formation professionnelle. Mon avenir était donc incertain, du moins jusqu’à ce que je ne rejoigne le projet Girl Power », explique Charlène.

La jeune stagiaire a finalisé la première partie du programme de formation avec mérite, malgré des débuts difficiles. Après trois mois de formation, elle est passé à l’étape suivante, c’est-à-dire le stage en entreprise ou l’accompagnement en entrepreneuriat. Plusieurs entreprises ont déjà montré de l’intérêt pour le profil de Charlène. L’une de ces entreprises intègrera une des adolescentes et jeunes filles du programme au poste d’informaticienne, le métier de rêve de Charlène.

« Girl Power est un formidable projet pour nous les jeunes femmes, celles qui ont perdu confiance en elles, celles qui ont été abandonnées et celles qui vivent des situations difficiles. Ce projet nous aide à pouvoir rester sur le droit chemin, être autonomes et avoir un avenir meilleur », témoigne Charlène avec émotion.  

Le projet « Girl Power » vise à faciliter l’autonomisation de 300 jeunes filles vulnérables provenant des quartiers précaires d’Abidjan et de San-Pédro en leur donnant les compétences et les outils nécessaires pour adopter des comportements sains, développer des activités génératrices de revenu et impacter positivement leur famille et leur communauté. Le projet s’inscrit dans le cadre du programme de resocialisation des adolescentes les plus vulnérables via le renforcement des compétences de vie courante, l’employabilité et l’engagement civique des jeunes que l’UNICEF Côte d’Ivoire développe depuis quelques années. Le programme est financé dans sa totalité par le comité national français pour l’UNICEF (UNICEF France).