Le relais communautaire de mon quartier, Jean-Aimé, a sauvé la vie de mon petit Ruben

Veronika est l’heureuse maman d’un petit Ruben guéri de la malnutrition grâce à l’appui de Jean Aimé, relais communautaire à Pointe Noire

Aurelia Jessica Emmanuella ICKONGA
Veronika
UNICEF_2021_TREMEAU
10 mars 2021

« Ruben est mon premier enfant. Je ne me rendais pas vraiment compte qu’il était malnutri jusqu’à ce que le relais communautaire de mon quartier, Jean-Aimé, me fasse remarquer que mon fils a un poids trop en dessous de la moyenne pour sa taille. » raconte Veronika, la maman de Ruben, un enfant de 17 mois récemment guéri de la malnutrition.  « J’ai vraiment eu peur quand Jean Aimé lui a mis le bracelet pour mesurer son bras et qu’il était dans le rouge. »

Jean-Aimé habite à Pointe Noire dans le quartier de Tchiniambi II, qui compte plus de 75 000 habitants. Il fait le relais entre le Centre de Santé Intégré et la communauté : trois fois par semaine il fait des visites porte à porte pour sensibiliser les familles sur la santé et le bien-être de leurs enfants, inclus pour prévenir et traiter la malnutrition.

Sensibiliser les familles sur la santé des enfants

 « Mes journées ne sont jamais les mêmes : je ne sais jamais ce que je vais rencontrer comme situation en sortant de chez moi. C’est pour cela que je ne vais jamais sur le terrain sans mon bracelet. Identifier un enfant malnutri et le référer pour traitement peut lui sauver la vie. » raconte Jean-Aimé.

Le bracelet périmètre brachial (PB) qu’il porte avec lui pendant ses visites porte à porte est enroulé autour de la partie médiane du bras des bébés et enfants de moins de cinq ans pour détecter une éventuelle malnutrition. Le bracelet se compose de trois codes couleurs : rouge pour la malnutrition aiguë sévère, jaune pour la malnutrition aiguë modérée et enfin vert qui signifie que l'enfant est bien nourri.

Jean Aimé, relais communautaire à Pointe-Noire
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Jean Aimé, relais communautaire à Pointe-Noire.

« La première fois que j’ai rencontré Ruben j’ai tout de suite remarqué qu’il n’allait pas bien. » continue Jean Aimé. « Sa mère, Veronika, me disait qu’il ne mangeait pas beaucoup et qu’il n’arrivait même pas à s’asseoir à un an tellement il était faible. Quand je lui ai fait le test du périmètre bracchial, il était dans la zone rouge et je l’ai référé directement au Centre de Santé le plus proche, Tchiniambi II. »

Eradiquer la malnutrition : un résultat clé pour les enfants Congolais

La condition de malnutrition aiguë sévère qui touchait Ruben avant sa prise en charge n’est pas un cas isolé en République du Congo. Selon les dernières données de l’enquête MICS (2014-2015), plus de huit enfants sur 100 dans le pays souffrent de malnutrition aigüe et presque trois sur 100 sont atteints de la forme la plus sévère.  C’est-à-dire que 60 000 enfants dans le pays risquent de mourir chaque année du fait de la malnutrition aiguë, soit environ 164 enfants par jour ou sept enfants par heure.

L’éradication de la malnutrition est un résultat clé pour les enfants au Congo. Chaque année, avec l’appui de USAID, UNICEF et ses partenaires fournissent des formations aux relais communautaires comme Jean Aimé sur comment identifier et référer les enfants en situation de malnutrition. Grâce au soutien de USAID, UNICEF et ses partenaires fournissent aussi des traitements vitaux, comme les aliments thérapeutiques prêts à l'emploi (ATPE), à des dizaines de milliers d’enfants de moins de cinq ans atteints de malnutrition aiguë au Congo.

En 2020, grâce aux interventions de UNICEF et ses partenaires financées par USAID plus de 500 000 enfants ont été dépistés au Congo et presque 10 000 enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère ont été pris en charge et traités. 

Identifier et référer des enfants malnutris peut sauver des vies

Pour Jean-Aimé son travail de relais communautaire est un travail de plaidoyer tous les jours. « J’essaie toujours de convaincre les familles d’aller en visite ou en consultation régulièrement parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Mais les gens sont souvent réticents à aller au Centre de Santé : c’est vraiment leur dernier recours et pour beaucoup d’enfants atteints de malnutrition aiguë sévère c’est parfois trop tard. Mon rôle de relais est de sensibiliser les familles sur la santé des enfants pour éviter qu’il soit trop tard. »

« Qu’allait-il arriver si Jean-Aimé n’avait pas repéré Ruben et référé pour traitement ? Je l’aurais perdu certainement. Jean-Aimé a vraiment sauvé la vie de mon enfant. » raconte Veronika.

« Quand Ruben a été pris en charge, son poids était suivi très régulièrement. J’ai eu de la chance d’avoir le Centre de Santé non loin de chez moi et là-bas on m’a appris comment je pouvais lui cuisiner des plats nutritifs pour lui donner tout ce dont il avait besoin pour grandir et rester en bonne santé. » continue Veronika. « Grâce aux traitements, Ruben a repris les forces petit à petit. Aujourd’hui il marche, il court même et cela me rend vraiment heureuse de le voir aussi plein de vie !»