Des services essentiels pour les survivants à plusieurs urgences humanitaires

Jaloux, jeune femme réfugiée et sinistrée des inondations, reçoit une tente, des informations vitales sur la prévention de la Covid-19 et l’accès à d’autres services de base

Franck Charel BABINDAMANA
Jaloux avec sa fille
UNICEF/2021/Franck Charel BABINDAMANA
27 février 2021

Jaloux est une jeune femme demandeuse d’asile qui est arrivée à Bouemba, dans le département des Plateaux, au centre du Congo, en Décembre 2018 avec son mari et leurs deux enfants. La jeune femme, qui attend son troisième enfant, fait partie des 9 000 demandeurs d'asile (selon les données de UNHCR Refugees and Asylum Seekers Projections 2020) qui ont quitté la province de Mai-Ndombe, dans l'ouest de la République Démocratique du Congo (RDC), à la suite d'affrontements ethniques, pour chercher une vie meilleure en République du Congo.

Une double urgence humanitaire pour les réfugiés qui ont survécu aux inondations

Le déplacement pour fuir du conflit armé dans le pays voisin n’est pas le seul défi que Jaloux et sa famille ont dû faire face, car la zone où ils habitent maintenant, Bouemba, a été affectée par des pluies diluviennes.

Ces pluies ont provoqué le débordement de la rivière Oubangui et du fleuve Congo et des centaines de villages le long du littoral ont été inondés, dont beaucoup complètement submergés par les eaux. Pour les 170 000 personnes affectées chaque année par les inondations dans les régions des Plateaux et de la Likouala, dont des milliers de réfugiés et demandeurs d'asile comme Jaloux et sa famille, la vie n’est pas facile.

« Ça fait neuf mois que je suis arrivée dans le site de demandeur d’asile de Bouemba avec mon mari et mes deux enfants. Nous partageons notre tente avec trois autres familles et la cohabitation avec beaucoup d’autres familles n‘est toujours pas évidente. » raconte Jaloux. « Nous sommes nombreux sur le site : tous les jours de nouvelles familles continuent à arriver et sont comme nous placées dans des logements provisoires. ». Dans un contexte COVID-19, il est difficile pour quatre familles sous une même tente de respecter les gestes barrières.

Retrouver la dignité et reprendre une vie ‘presque normale’    

Avoir une tente avec un peu, et un peu plus d’intimité peut faire la différence pour des familles qui ont survécu à des urgences humanitaires, et les aider à retrouver la dignité mise à l'épreuve par les difficultés qu’ils ont traversé.    

 Aujourd’hui, je suis très contente car nous venons de recevoir une très bonne nouvelle : ils vont installer une tente pour ma famille et moi. Cette tente va nous soulager, car nous aurons plus d’espace et mes enfants pourront jouer librement sans avoir peur de déranger les autres familles. Cela me donne l’impression de pouvoir reprendre une vie ‘presque normale’. 

raconte Jaloux
Tente
UNICEF/2021/Franck Charel BABINDAMANA

Cinq tentes ont été installées pour aider les familles demandeuses d’asile, comme celle de Jaloux, et neuf tentes ont été mises à disposition pour l’école du préscolaire, le collège, l’unité de réhabilitation nutritionnelle intensive et le centre de traitement des malades chroniques au centre de santé de Bouemba.

Cela s’inscrit dans un programme plus ample d’interventions menées par UNICEF et ses partenaires, comme ACTED et AARREC, grâce au financement du Bureau de la population, des réfugiés et de la migration (Bureau of Population, Refugees and Migration – BPRM) de USAID pour fournir du soutien aux populations touchées par les émergences humanitaires. 

Se protéger de la pandémie de Covid-19 et d’autres maladies à travers la sensibilisation et les pratiques d’hygiène

Jaloux et sa famille ont reçu aussi des informations vitales sur comment se protéger de la pandémie de Covid-19, de Ebola, qui pose un vrai risque dans cette zone du pays, et des maladies d’origine hydrique, auxquelles les familles sinistrées des inondations sont particulièrement exposées. 

Distribution des seaux
UNICEF/2021/Franck Charel BABINDAMANA

Avec l’appui du BPRM, 14 000 réfugiés dans les départements de Plateaux et Likouala ont bénéficié de la sensibilisation sur les mesures préventives pour éviter la Covid-19, Ebola et les maladies hydriques. 560 dispositifs de lavage des mains et du savon ont été distribués aux ménages les plus vulnérables pour les soutenir dans leurs efforts à respecter les gestes barrières et minimiser le risque d’infection.

Un paquet intégré de services incluant protection et éducation

Avec l’appui du BPRM, UNICEF et ses partenaires, ont aussi sensibilisé près de 5 000 jeunes et adolescents sur la prévention des violences et ont formé 50 relais communautaires sur l’identification et le prise en charge des survivants.

Les deux fils de Jaloux et autres 5 000 enfants ont reçu un kit scolaire et près de 60 enseignants ont reçu une formation sur comment offrir une éducation de qualité pour les enfants réfugiés et les accompagner dans leur épanouissement.