À Mpouya les volontaires locaux prennent le devant pour aider les victimes des inondations   

Roger travaille pour une ONG locale pour assainir les villages touchés par des fortes inondations  

Jean Junior NIYONKURU
Roger; agent de terrain pour l'ONG CLD, qui fournit de l’aide humanitaire aux victimes des inondations dans le district de Mpouya
UNICEF_2020_JJNIYONKURU
24 novembre 2020

Roger, 35 ans, est un jeune maçon et menuisier qui habite à Mpouya, dans le département des Plateaux, au Centre Est de la République du Congo, sur le corridor du fleuve Congo.

En novembre et décembre 2019, le district où il habite a connu de fortes inondations qui ont touché 150 000 personnes et Roger s’est engagé pour fournir de l’aide humanitaire aux membres de sa communauté.

Roger est agent de terrain pour le CLD (Comité Local de Développement) de Madibou, une ONG locale soutenue par UNICEF avec le financement du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF).

« Quand l’eau monte c’est comme la guerre qui éclate : il y a plusieurs pertes. » dit Roger en racontant ce qui s’est passé à Mpouya il y a un an.

Les habitants d’un des villages où l’ONG CLD travaille, le village de Nkassa Ndiba, sur le bord du fleuve Congo, district de Mpouya
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Les habitants d’un des villages où l’ONG CLD travaille, le village de Nkassa Ndiba, sur le bord du fleuve Congo, district de Mpouya

« C’était la saison des pluies, vers le mois de novembre, quand la montée des eaux du fleuve a inondé nos maisons. La plupart des ménages proches de l’eau ont été immergés et les habitants étaient obligés de fuir leurs maisons. L’eau était montée jusqu’à un mètre. »

 « Les enfants ont commencé beaucoup à tomber malade, les pêcheurs ont perdu leurs pirogues et leurs filets, et les agriculteurs ont perdus leurs champs. C’était la catastrophe. »

 « Avec mes collègues du CLD nous avons visité les ménages porte par porte pour désinfecter les maisons qui étaient inondées et permettre aux familles de retourner chez elles. »

 « Nous avons aussi distribué des kits d’assainissement avec un seau, du savon, des dispositifs de lavages de mains, des survêtements, des garnitures aux ménages affectés et des comprimés pour rendre l’eau potable. Nous avons aussi fourni des bottes, des pelles, des houes, et des machettes pour permettre aux gens des villages d’accéder aux terrains inondés pour l’assainissement. »

Une latrine avec un dispositif de lavage des mains composé d’un seau avec robinet, village de Leniongolo, Mpouya
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Une latrine avec un dispositif de lavage des mains composé d’un seau avec robinet, village de Leniongolo, Mpouya

« En plus, nous avons aidé les familles à identifier les enfants qui souffraient de malnutrition et envoyer les plus malades à l’hôpital pour le traitement. »

« L’assainissement des villages de notre district est un avantage pour tous les habitants. » continue Roger.

« Avant les inondations plusieurs ménages n’avaient pas de toilettes, les gens étaient obligés de faire leurs besoins dans la brousse et cela causait beaucoup des maladies. »

 « Mes collègues du CLD et moi nous avons travaillé avec les comités d’assainissement des villages du district pour sensibiliser les gens sur l’importance d’avoir une latrine et de l’utiliser. Avec notre sensibilisation le nombre de toilettes a augmenté. Même quand certaines toilettes ont été emportées par les inondations, dès que l’eau est redescendue on a recommencer avec la mobilisation pour aider les ménages à reconstruire leurs toilettes. »

 

Dans le cadre de la riposte humanitaire, presque 10 000 habitants du district sur 12 000, soit huit personnes sur dix vivant dans les zones touchées par les inondations, ont eu accès à l'eau potable à travers des produits de traitements d'eau. Parmi eux, 3 000 personnes ont accès à des points d'eau aménagés.

Ces 10 000 personnes ont maintenant accès aussi à des latrines sécures, hygiéniques et faciles à utiliser, qui tiennent en compte des besoins spécifiques des femmes et des filles.

 

Presque 11 400 personnes sur 12 000 ont été sensibilisées sur les pratiques essentielles en WASH - eau, hygiène et assainissement – mais aussi sur la santé et nutrition. Les enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère ont reçu des traitements spécifiques et les parents ont été sensibilisés sur comment prévenir cette maladie.

« Les inondations arrivent souvent entre novembre et décembre et cette année; certains villages du district, comme le village de Bobakapoudza, ont déjà été touchés. » explique Roger.

« L’eau a déjà avancé jusqu’à 15 mètres sur le bord du fleuve et on voit déjà le risque de vivre ce qu’on a vécu l’année passée. La période des pluies est très compliquée dans notre région et les gens des villages ont besoin de notre travail – assainissement, sensibilisation, aide pour les enfants malnutris - pour survivre. »