Vivre l’éthique au quotidien : l’exemple inspirant du bureau de l’UNICEF aux Comores

Face aux dilemmes éthiques du quotidien – une faveur, une invitation, une conversation entre collègues – le bureau UNICEF Comores en fait un espace de réflexion collective

Odette Kwizera
Photo de famille_staff UNICEF Comores
UNICEF Comores
08 décembre 2025

Que faire si un partenaire gouvernemental demande un stage pour son enfant ? Comment réagir face à des bruits de couloirs sur un possible cas d’inconduite ? Est-ce qu’un membre du personnel peut monter un petit business en parallèle ? Comment garantir, dans un pays de petite taille où chacun se connaît, que les méthodes de recrutement soient véritablement alignées avec les principes d’éthique, d’équité et de transparence défendus par l’UNICEF ? Et surtout, que signifie concrètement, pour le personnel de l’UNICEF, mettre en œuvre la Convention relative aux droits de l’enfant au quotidien ?

Voici quelques-unes des questions que l’UNICEF Comores aborde chaque semaine. Pour répondre à ces questions, le bureau a instauré un espace dédié : la discussion éthique du lundi.

Un rendez-vous hebdomadaire qui change la culture interne

Chaque lundi matin lors de la réunion de coordination du bureau, après l’échange sur les priorités hebdomadaires, les discussions s’animent autour d’un débat éthique. Un moment participatif au cours duquel le point focal éthique, ou un autre volontaire, lance un sujet et stimule le dialogue et la réflexion au sein de l’équipe.  Il s’agit souvent d’un court scenario qui se conclut par une question ouverte : « Quelles sont les implications éthiques de cette situation ? Comment devrait-elle être gérée ? »

Les collègues partagent alors leurs points de vue, reconnaissant ensemble la nature souvent nuancée des situations et tentant de définir la conduite la plus appropriée pour le scénario donné.

Dans une ambiance conviviale, les membres du personnel se sentent libres de s’exprimer ouvertement. Les échanges sont empreints de respect, et parfois parsemées d’éclats de rire, chacun partageant ses idées, expériences et questionnements sans crainte.

Haira Aboubacar Said Salim, Assistante au Programme, estime que ces discussions facilitent l’expression autour de sujets délicats et contribuent à créer un environnement professionnel plus ouvert et détendu« Ces discussions permettent de briser les tabous et donnent à chacun l’espace pour s’exprimer librement sur des sujets du quotidien, même sur des choses que l’on n’aborderait pas facilement, comme les ressentis, les frustrations, etc. » 

L’ajout de l’éthique comme point permanent à l’ordre du jour de la réunion hebdomadaire de coordination traduit un engagement fort, pris en 2023 à la suite d’une enquête mondiale auprès du personnel. Le bureau pays s’était alors engagé à promouvoir activement les valeurs fondamentales de l’UNICEF : la bienveillance, le respect, l’intégrité, la confiance, la responsabilité et la durabilité. Depuis, le point éthique s’est imposé comme un rendez-vous hebdomadaire incontournable, avec les staffs lançant des sujets de discussion en cas d’absence du point focal éthique. 

Un champion éthique inspiré par le quotidien

Said Hachim Mou Ouminou, chargé d’éducation et point focal éthique depuis février 2025, explique son approche : « Je m’appuie d’abord sur les documents mis à disposition par le bureau de l’éthique au niveau mondial. Je m’inspire également des échanges avec mes collègues et des situations vécues au sein de notre bureau. Enfin, certains collègues me soumettent directement des idées de thématiques à présenter. » Son engagement pour un environnement fondé sur l’égalité et l’intégrité le pousse à valoriser les voix moins entendues, et à encourager la participation de tout le personnel aux questions éthiques.

La précédente personne focale éthique, Attuyat Athoumane, Assistante au Programme à présent à la retraite, a joué un rôle clef dans l’institutionnalisation de cette discussion hebdomadaire. Ce rôle a aussi été bénéfique pour son développement personnel : « Être point focal éthique a été une expérience à la fois enrichissante et révélatrice. Ce rôle a m’a permis d’approfondir ma compréhension des principes éthiques et de renforcer ma capacité à gérer des situations complexes avec empathie et intégrité. Mon engagement a créé un effet d’entraînement, inspirant les membres de l’équipe à maintenir des normes éthiques élevées et renforçant considérablement la cohésion et le moral de l’équipe. »  

L’éthique, un levier pour des résultats en faveur des enfants

Promouvoir une compréhension commune des standards de conduite se traduit par un climat de travail plus apaisé, avec un impact direct sur l’efficacité des programmes au bénéfices des enfants des Comores. « A plusieurs reprises, la discussion éthique du lundi a ouvert une brèche, permettant à des collègues de se sentir plus à l’aise et d’ensuite aborder des sujets dont ils n’osaient auparavant pas parler avec leur superviseur ou avec d’autres collègues, » témoigne Inayatoullah Mohamed, chargée de communication et d’engagement jeunesse.

« A l’UNICEF Comores, le mois de l’éthique a lieu chaque semaine, » ajoute Emmanuelle Collet, Représentante adjointe. « L’éthique est l’affaire de tous, et ce format ouvert, sans jugement, nous aide à renforcer la culture interne et à définir ensemble comment vivre les valeurs fondamentales de l’UNICEF au jour le jour, et par là-même renforcer l’impact de nos programmes. »

C’est dans cette optique que le Bureau de l’UNICEF aux Comores s’engage à poursuivre cette dynamique en 2026 et au-delà, pour que nos valeurs se traduisent en actions concrètes au service des droits de l’enfant.