Soiyifi guérri du choléra, passe du déni de la maladie à la sensibilisation de sa communauté
Aux Comores, l’UNICEF et ses partenaires soutiennent la communication sur les risques et l’engagement communautaire afin de freiner l’épidémie
« Je ne croyais pas en l’existence du choléra, jusqu’à ce que mon grand frère n’en soit affecté et commence à présenter des symptômes, notamment la diarrhée. J’ai été pris au dépourvu lorsque j’ai commencé moi-même à présenter les mêmes symptômes le lendemain », a confié Soiyifi, un habitant de Ndrodroni à Mohéli.
"On a tous les deux étés accueillis et soignés gratuitement au centre de traitement du choléra. Désormais guéri, je sensibilise mes proches sur l’importance de la prévention et de se présenter rapidement à l’hôpital en cas de symptômes. Jusqu’ici, j’ai sensibilisé près d’une vingtaine de personnes dans mon quartier". a-t-il poursuivi.
En plus de son frère, Soiyifi a vu six autres membres de sa famille contracter le choléra dans la même semaine. Ces derniers sont fort heureusement tous à présent rétablis.
Cette histoire met en lumière les défis auxquels les autorités sanitaires doivent faire face lorsque le déni de la maladie persiste dans les communautés. En réfutant l’existence de la maladie, les membres de la communauté ont du mal à appliquer les mesures de prévention et multiplient les risques de contracter la maladie.
La communication sur les risques et l’engagement communautaire devient alors le seul moyen pour aider à faire évoluer les perceptions des communautés face à la maladie.
En effet, la compréhension et les croyances des individus à l’égard du choléra peuvent représenter un obstacle majeur à l’arrêt de l’épidémie. Il est alors crucial de donner aux communautés les moyens d’adopter des pratiques qui améliorent la riposte au choléra, c’est-à-dire, l’information, la sensibilisation et le soutien pratique.
L’UNICEF en collaboration avec le croissant rouge comorien accompagnent les équipes du ministère de la Santé et les agents de santé communautaires pour intensifier les campagnes de sensibilisation dans les communautés partout aux Comores. Ces campagnes comprennent des visites à domicile pour éduquer les familles touchées sur les pratiques de prévention et l'approche CATI* (intervention ciblée par zones de survenue de cas) pour entourer les cas confirmés de choléra.
« Je suis infiniment reconnaissant envers Allah, nos médecins, les agents de santé communautaire et tous ceux impliqués dans la lutte contre le choléra », déclare Soiyifi.
En plus de cela, les efforts déployés en matière d’engagement communautaire ont permis de mobiliser et de former 55 associations à travers le pays, qui ont pris le relais pour sensibiliser les membres de leurs communautés et mener des actions de prévention et de soutien à la riposte contre le choléra.
En somme, la sensibilisation, l’engagement communautaire et la vaccination, sont essentiels pour prévenir et contenir cette maladie et améliorer la santé de la population. Les actions de communication sur les risques et d'engagement communautaire, sont soutenus par l’UNICEF avec l’appui financier de plusieurs partenaires internationaux, dont CERF, ECHO, la France, JICA, et USAID.
*L’approche CATI _intervention ciblée par zones de survenue de cas_ consiste à intervenir dans les ménages touchés par le choléra et les ménages voisins, pour décontaminer les maisons et apporter aux habitants, des articles essentiels tels que des comprimés de purification de l'eau, des savons, des seaux équipés de robinets et des dépliants d’information pour la prévention contre le choléra ainsi que des conseils d’hygiène et de comportement face à la maladie.