7 nouveaux services d’écoute ouverts aux Comores :
Un rêve devenu réalité pour le renforcement de la protection des enfants et des femmes victimes de violence
Fatima Bacar, une des pionnières de la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes sur l’île de Ndzuwani dès le début des années 2000, était encore à pied d’œuvre ce 21 décembre 2024 pour l’inauguration du service d’écoute pilote de Pomoni. Ce service fait partie des trois nouveaux services d’écoute pilotes et de protection des enfants et des femmes victimes de violence ouverts dans l’île en 2024 par le ministère de la Promotion du Genre, de la Solidarité et de l’Information avec l’appui de l’UNICEF grâce aux fonds KOICA.
Cette militante de la première heure et en même temps responsable du service d’écoute et de protection des enfants et femmes victimes de violence de Mutsamudu, est revenue avec nous sur ce que, 25 ans plus tôt, elle, ses compagnons militants pour les droits de l’enfant, les services publics et les partenaires considéraient comme un rêve à réaliser et un objectif à atteindre.
« Je me souviens qu’en l’an 2000, nous faisions des campagnes de sensibilisation dans l’île, parcourant villes et villages pour expliquer l’importance de protéger les enfants contre les viols et les abus, et briser le silence et les tabous pour dénoncer les auteurs et rendre justice aux victimes, tout en les protégeant et les aidant à se reconstruire. À l’époque, nous nous heurtions à un problème de fond qui était l’inexistence d’une structure de prise en charge des victimes de violence dans l’île. Vers 2004, grâce aux efforts des ONG, des associations, des services publics et des partenaires, un premier service d’écoute a vu le jour à Mutsamudu, chef-lieu de l’île. Ce service a permis de porter assistance aux victimes et à leurs familles, malgré le fait que certains devaient se déplacer des régions les plus éloignées vers la capitale afin de bénéficier d’un soutien. Alors, l’ouverture ces dernières années de trois nouveaux services d’écoute pilotes est une grande bénédiction et une véritable aubaine pour rapprocher les structures de prise en charge des communautés, surtout les plus vulnérables », a-t-elle déclaré.
En effet, les services d’écoute jouent un rôle crucial pour la protection des enfants et des femmes. Ils fournissent un soutien psychologique, juridique et social aux victimes tout en facilitant leur accès à des ressources appropriées.
De 2022 à 2024, l’UNICEF, grâce aux fonds KOICA, a soutenu l’ouverture de sept nouveaux services aux Comores. Il s’agit de ceux de Pomoni, Domoni et Bandrani (Ndzuani), Koimbani-Oichili, Foumbouni et Mitsamihuli (Ngazidja), ainsi qu’à Nioumachoua (Mwali).
Accompagnement des jeunes filles victimes de violence : apprendre un métier pour se reconstruire un meilleur avenir
En plus du soutien apporté par les services d’écoute, la Direction nationale de la Solidarité accompagne les jeunes filles victimes de violence pour poursuivre ou réintégrer le système éducatif ou encore, pour apprendre un métier.
À Chiromani Tayari, un centre de promotion de l’artisanat basé à Mutsamudu, 20 jeunes filles ont notamment suivi une formation en couture en vue de leur réinsertion socio-économique.
« Après ma formation en couture et avec les machines que j’ai reçues, je me suis mise à mon compte. Je confectionne des vêtements traditionnels que j’arrive à revendre dans ma localité et dans d’autres localités de l’île. Je dispense également des cours de couture à d’autres jeunes femmes de ma communauté. Grâce aux revenus générés par mon activité, je suis arrivée à construire ma maison jusqu’à la toiture », nous confie Harssoita (nom d’emprunt), aujourd’hui âgée de 23 ans, dont les créations sont exposées sur l’étal du centre d’artisanat.
En 2024, avec l’appui de l’UNICEF via les fonds KOICA, 76 jeunes femmes âgées de 14 à 21 ans ont reçu un soutien pour poursuivre ou réintégrer le système éducatif, et 46 autres ont complété leur formation en couture et reçu du matériel pour démarrer leur propre entreprise.

